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Le PMI manufacturier russe monte à 49,4 en janvier. Mieux qu’en décembre où il était à 48,1, mais toujours en territoire de contraction puisque c’est sous les 50 points qui marquent la frontière entre croissance et déclin du secteur.
Les analystes voient du mieux dans ces chiffres S&P Global, même si le secteur manufacturier russe galère encore pas mal. L’inflation des coûts d’approvisionnement continue de mordre, et la demande intérieure reste molle. Les nouvelles commandes ont un peu progressé mais pas assez pour changer la donne globale. Les entreprises disent qu’elles ont encore du mal à se procurer leurs matières premières, ce qui freine forcément la production. Et côté export, c’est toujours la dèche – pas de signes de reprise rapide malgré les tentatives de trouver de nouveaux marchés.
Silence radio du ministère de l’Économie russe.
Mais y a quand même quelques points positifs qui émergent ici et là. Plusieurs boîtes russes rapportent que leurs conditions de travail se stabilisent, malgré tous les problèmes qu’elles traînent encore. Dans l’alimentaire et le textile, certains fabricants ont même recommencé à embaucher. Pas énorme, mais c’est déjà ça. La Banque centrale d’Elvira Nabiullina surveille tout ça de près et a gardé son taux directeur inchangé lors de sa dernière réunion, citant ces « incertitudes économiques persistantes » qu’on entend partout. Prochaine réunion de politique monétaire le 15 février.
Le rouble qui dégringole face au dollar arrange rien.
Ça renchérit les importations et les fabricants qui dépendent de composants étrangers voient leurs marges se faire laminer. Le gouvernement russe n’a toujours pas annoncé de nouvelles mesures de soutien pour le secteur manufacturier. Les analystes attendent peut-être quelque chose lors de la présentation du budget fédéral prévue en mars, mais pour l’instant c’est le flou total.
Les sanctions occidentales continuent de peser lourd sur le secteur manufacturier russe depuis 2022. Accès aux marchés et aux technologies étrangères compliqué, les industriels locaux rament. Selon Rosstat, le service fédéral des stats, la production industrielle a chuté de 1,2% en glissement annuel en décembre 2025. Pas terrible comme performance.
Denis Manturov, le ministre de l’Industrie et du Commerce, reste discret sur de nouvelles stratégies. Lors de sa dernière sortie publique, il a juste dit l’importance de « renforcer la production nationale » et d’améliorer l’efficacité énergétique des entreprises manufacturières. Pas très concret tout ça.
Les prix des matières premières font du yoyo et ça complique la vie des entreprises. L’acier par exemple a eu des fluctuations importantes, impactant directement les coûts de production. Dur de planifier à long terme quand tout bouge sans arrêt et qu’il faut s’adapter en permanence à des conditions qui changent.
Le marché du travail montre des tensions début 2026. Rosstat indique un taux de chômage stable à 4,3% en janvier, mais certains secteurs comme la fabrication peinent à trouver des travailleurs qualifiés. Manque de main-d’œuvre spécialisée qui pourrait ralentir encore plus la reprise du manufacturier.
L’Union des Industriels et Entrepreneurs de Russie tire la sonnette d’alarme pour les PME qui souffrent des coûts élevés des matières premières. Lors d’une réunion du 1er février, l’organisation a demandé au gouvernement de réduire les charges fiscales pour soutenir la compétitivité de ces entreprises. En janvier, le pétrole brut s’est maintenu autour de 75 dollars le baril – une stabilité relative qui aide les industries énergétiques mais ne compense pas les galères des autres secteurs manufacturiers.
Les prévisions de production pour le premier trimestre 2026 restent floues. Le ministère de l’Économie de Maxim Reshetnikov n’a pas encore publié ses estimations officielles. Prochaine mise à jour attendue fin février.
Les entreprises de défense russes tirent leur épingle du jeu dans ce contexte difficile. Rostec, le conglomérat d’État dirigé par Sergueï Chemezov, a annoncé une hausse de 8% de sa production en janvier par rapport au même mois de l’année précédente. Les commandes d’État soutiennent ce secteur qui emploie près de 2 millions de personnes selon les derniers chiffres officiels.
L’automobile russe traverse une période de transformation forcée. AvtoVAZ, désormais contrôlé par l’État après le départ de Renault, a relancé sa chaîne de production à Togliatti avec des composants chinois et turcs. Les ventes de véhicules neufs ont chuté de 67% en 2025 selon l’Association des constructeurs automobiles européens, mais les constructeurs locaux grignotent des parts de marché. GAZ Group mise sur l’électrification de ses utilitaires légers pour 2026, malgré les défis technologiques.





