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Ce qui s’est passé
La Banque centrale européenne a sélectionné 36 prestataires de services de paiement pour réaliser un test bêta de son euro numérique. Revolut figure sur la liste. La sélection est intervenue après que plus de 50 entités se sont portées candidates — un nombre plus important que ce que la BCE avait probablement anticipé, et un signe que l’industrie financière suit ce projet de très près. L’objectif est assez simple : utiliser la phase bêta pour mettre en place l’infrastructure opérationnelle nécessaire avant le lancement prévu du pilote.
Le contexte historique
La numérisation des banques centrales n’est pas nouvelle. La Banque populaire de Chine a été la première à se lancer sérieusement, menant des pilotes du yuan numérique dès 2020. Cela a donné à Pékin un avantage de précurseur — elle a essentiellement pu écrire le manuel pendant que tout le monde observait. La Réserve fédérale américaine a été beaucoup plus prudente, étudiant la question du dollar numérique sans s’engager dans un test à grande échelle. L’initiative de la BCE est en partie une réponse à ce décalage. L’Europe ne peut pas se permettre de rester sur la touche pendant que la Chine étend son empreinte de monnaie numérique et que le débat sur un dollar numérique traîne à Washington. À travers le monde, la course à la numérisation de la monnaie souveraine a pris une véritable vitesse, et les banques centrales qui hésitent risquent de perdre la capacité de façonner le déroulement des événements.
Pourquoi c’est important
Les enjeux ici dépassent largement une simple mise à niveau technologique pour les paiements dans la zone euro. Un euro numérique fonctionnel pourrait réduire les coûts de transaction, élargir l’accès financier aux populations mal desservies et donner aux régulateurs européens une ligne directe sur la manière dont l’argent circule à travers le bloc. Ce n’est pas rien.
Pour les 36 prestataires sélectionnés, participer au test bêta est essentiellement une place au premier rang de l’un des projets d’infrastructure financière les plus conséquents de l’histoire récente de l’Europe. Ils obtiennent des renseignements sur le marché, construisent des relations avec la BCE, et se positionnent devant les concurrents qui n’ont pas été retenus. Mais ce n’est pas que des avantages — les banques traditionnelles font face à une pression réelle ici. Un euro numérique émis directement par la banque centrale pourrait empiéter sur les bases de dépôts et bouleverser des modèles commerciaux qui n’ont pas beaucoup changé depuis des décennies.
Géopolitiquement, l’UE a quelque chose à prouver. Un euro numérique crédible place l’Europe dans la conversation aux côtés de la Chine et, éventuellement, des États-Unis. Cela pourrait également forcer le bloc à avancer plus rapidement sur l’harmonisation réglementaire — on ne peut pas gérer une seule monnaie numérique à travers plus de 20 pays sans des règles qui s’alignent réellement. C’est un problème difficile, et le test bêta ne le résoudra probablement pas, mais il lance le compte à rebours.
L’inclusion de Revolut mérite qu’on s’y attarde. L’entreprise s’est fait un nom en rendant la banque traditionnelle lente et coûteuse. Ce n’est pas une institution héritée qui essaie de rattraper son retard — c’est une entreprise qui opère déjà sur des dizaines de marchés et qui compte des millions d’utilisateurs actifs à l’aise avec les services financiers basés sur des applications. Si la BCE veut savoir comment un euro numérique s’intègre dans la manière dont les gens dépensent réellement de l’argent aujourd’hui, Revolut est un partenaire logique. Sa participation pourrait également établir un modèle pour la collaboration future entre les fintechs du secteur privé et les banques centrales.
Ce qu’il faut surveiller
Quelques éléments méritent d’être suivis de près à mesure que la phase bêta avance.
Tout d’abord, surveillez les chiffres d’adoption parmi les 36 prestataires. Il n’est pas encore clair comment la BCE rendra compte de l’engagement des utilisateurs ou du volume de transactions pendant le test, mais tout prestataire annonçant une traction significative tôt sera un signal sur les modèles commerciaux qui fonctionnent réellement avec l’argent numérique des banques centrales.
Deuxièmement, gardez un œil sur la législation. Le pilote de 2027 ne se déroule pas dans le vide — l’UE devra adopter des règles qui intègrent l’euro numérique dans les systèmes financiers existants sans détruire ce qui fonctionne déjà. Tout nouveau cadre juridique introduit avant le lancement du pilote en dira long sur l’ambition réelle de la BCE.
Troisièmement, la Chine. Les capacités transfrontalières du yuan numérique s’étendent, et c’est la référence à laquelle la BCE est discrètement mesurée. Si Pékin commence à conclure des accords permettant au yuan numérique de circuler plus librement à travers les frontières, la pression sur la BCE pour accélérer son propre calendrier augmentera rapidement.
Le processus bêta a attiré plus de 50 candidats pour 36 places. Cet écart — les entreprises qui ont postulé et n’ont pas été retenues — vaut probablement aussi la peine d’être surveillé. Certaines de ces entreprises pourraient pousser plus fort vers des voies de paiement numérique alternatives, ou faire pression pour une deuxième vague de sélection avant le pilote de 2027. Aucun détail pour le moment sur la question de savoir si la BCE prévoit un autre tour, mais la demande est clairement là.
Une chose est presque certaine : la phase bêta fera émerger des problèmes que personne n’avait anticipés. C’est toujours le cas. La capacité de la BCE à réagir rapidement — en ajustant les spécifications techniques, en renégociant les rôles des prestataires, en gérant les frictions réglementaires qui surgissent — comptera plus que la liste de sélection initiale. Revolut et les 35 autres entreprises se sont inscrites pour un test, pas une garantie. La véritable histoire commence lorsque les données reviennent.
Plus de 50 entités ont postulé. Trente-six ont été retenues. Le pilote est prévu pour 2027.





