Community Trust ScoreVérifié
Vingt-trois pour cent. C’est le taux d’adoption des cryptomonnaies en Suisse, selon un sondage YouGov conduit en juin 2026. En face, l’Allemagne plafonne à 11 %. L’écart est net, brutal, et pas vraiment surprenant quand on regarde l’histoire réglementaire des deux pays.
L’Autriche se glisse entre les deux voisins germanophones avec 18 % — pas mal, mais loin du score suisse. Ce sondage YouGov dresse un portrait assez clair d’une Europe germanophone divisée sur la question des actifs numériques. La Suisse a pris une direction, l’Allemagne une autre. Et ça se voit dans les chiffres.
Pas de hasard là-dedans.
Le DLT Act, arme secrète de Berne depuis 2020
La Suisse n’a pas inventé de nouvelles lois pour les cryptos. Elle a fait plus malin : elle a adapté ses structures juridiques existantes pour y intégrer les actifs numériques, via le DLT Act entré en vigueur dès 2020. C’est ce choix — pragmatique, chirurgical — qui a ouvert la voie à une croissance rapide du secteur. Pas de débats interminables au parlement, pas de vide juridique anxiogène pour les entreprises. Juste une adaptation du cadre existant.
L’Allemagne a fait l’inverse. Des débats prolongés sur les risques, une prudence institutionnelle qui a ralenti tout le monde, et un retard qui se creuse chaque année un peu plus. Les discussions sur les dangers des cryptos ont pris le dessus sur la question de savoir comment les encadrer utilement.
Résultat : la Suisse compte aujourd’hui 1 749 entreprises dédiées aux technologies blockchain et crypto. Zug — la fameuse Crypto Valley — abrite à elle seule 719 de ces sociétés. Et d’autres pôles poussent vite : Zurich, Genève, Tessin, Lucerne. Le nombre d’entreprises dans la Crypto Valley croît de 14 % par an. Ces clusters montrent l’attractivité réelle du pays pour les développeurs, les juristes spécialisés, les fonds d’investissement.
Trop risqué de rater ça.
Les CBDC intéressent les Suisses, pas vraiment les Allemands
Il y a un autre chiffre dans ce sondage qui mérite attention : 44 % des Suisses disent avoir un intérêt pour les monnaies numériques de banque centrale, les fameuses CBDC. Les Allemands ? 29 % seulement. Encore un écart important, encore la même logique : ouverture d’un côté, réserve de l’autre.
Et 45 % des Suisses envisagent les cryptos comme une monnaie de réserve. Pas comme un actif spéculatif de court terme, mais comme une vraie réserve de valeur. C’est un changement de perception significatif dans la population, même si les institutions suisses ne suivent pas forcément. La Banque nationale suisse, elle, a choisi de ne pas inclure le bitcoin dans ses réserves. Ça crée un décalage assez frappant entre ce que pensent les citoyens et ce que font les institutions du pays.
Pas clair si ce fossé va se réduire ou s’agrandir.
L’Allemagne mise sur ses banques, mais ça traîne
L’Allemagne n’est pas sans ressources. Loin de là. Ses réseaux bancaires représentent un atout potentiellement énorme — DZ Bank et Dekabank travaillent sur des initiatives pour intégrer les cryptos à leurs services. DZ Bank a notamment lancé une plateforme baptisée « meinkrypto ». L’idée : toucher potentiellement 80 millions d’utilisateurs via les banques partenaires.
Mais voilà le problème. L’activation de ces fonctionnalités dépend de chaque banque individuellement. Et l’incertitude reste grande sur la rapidité avec laquelle elles vont réellement adopter ces outils. Ce genre de fragmentation dans le déploiement peut tuer l’élan d’une initiative, même bien conçue.
Donc l’Allemagne a le potentiel. Elle a les infrastructures. Elle a les clients. Mais la coordination manque, et les débats internes persistent.
Pendant ce temps, la Suisse continue d’attirer des talents et des capitaux. Zurich et Genève se positionnent comme des centres clés pour l’innovation blockchain, aux côtés de Zug. L’écosystème est dense, diversifié, et il grossit vite — 14 % de croissance annuelle du nombre d’entreprises dans la Crypto Valley, c’est un rythme soutenu.
Le sondage YouGov de juin 2026 : 23 % contre 11 %. Six ans après le DLT Act suisse, l’écart parle de lui-même.
Hub: Bitcoin : prix, actualités et analyse
Questions Fréquentes
Quel pourcentage de Suisses utilise les cryptomonnaies en 2026 ?
Selon le sondage YouGov de juin 2026, 23 % des Suisses utilisent des cryptomonnaies, contre 11 % des Allemands et 18 % des Autrichiens.
Qu’est-ce que le DLT Act suisse et quand a-t-il été mis en place ?
Le DLT Act est une loi suisse entrée en vigueur en 2020 qui a intégré les actifs numériques dans le cadre juridique existant du pays, sans créer de nouvelles structures légales.
Combien d’entreprises crypto opèrent en Suisse ?
La Suisse compte 1 749 entreprises dédiées aux technologies blockchain et crypto, dont 719 basées à Zug, la Crypto Valley, avec une croissance annuelle de 14 %.
La Banque nationale suisse détient-elle du bitcoin dans ses réserves ?
Non. Malgré l’adoption massive des cryptos par la population suisse, la Banque nationale suisse a choisi de ne pas inclure le bitcoin dans ses réserves.





