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Capital Economics l’affirme. Le cabinet de recherche prévoit que l’euro tombera à 1,10 $ face au dollar américain d’ici la fin de l’année, et les arguments avancés sont difficiles à contester pour le moment.
Le cabinet souligne deux grandes forces qui jouent simultanément contre l’euro. Premièrement, l’économie de la zone euro ralentit — l’activité manufacturière et des services s’est affaiblie, ce qui ébranle la confiance des investisseurs dans la région. Deuxièmement, la Réserve fédérale continue d’augmenter ses taux tandis que la Banque centrale européenne traîne les pieds. Cette combinaison est essentiellement une recette pour un euro plus faible. Capital Economics affirme que, sauf si la BCE change de cap de manière significative ou si la situation économique des États-Unis change radicalement, la trajectoire descendante de l’euro est probablement inévitable.
Ce n’est pas un petit mouvement non plus.
Hésitation de la BCE vs. Agressivité de la Fed
Le problème de la BCE est bien connu. Elle veut lutter contre l’inflation mais craint de tuer le peu de croissance que la zone euro a encore. Elle a donc été plus lente — beaucoup plus lente — que la Fed en matière de hausse des taux. La Fed, en revanche, a été assez implacable. Elle a continué d’augmenter les taux pour écraser l’inflation, et ce rythme soutenu d’augmentations attire les flux de capitaux vers les États-Unis. Les investisseurs à la recherche de rendements plus élevés sur des actifs libellés en dollars déplacent leur argent hors de la zone euro, ce qui exerce une pression directe à la baisse sur l’euro.
La divergence entre les deux banques centrales est au cœur de cette histoire. Lorsqu’une banque centrale resserre agressivement sa politique et qu’une autre retient ses actions, la devise de la plus agressive tend à l’emporter. Ce n’est pas compliqué. C’est simplement ainsi que fonctionnent les marchés des changes, et actuellement, cela joue fermement contre l’euro.
Capital Economics n’a pas obtenu de commentaires de la BCE ou d’autres institutions financières sur ces prévisions. La BCE n’a pas abordé publiquement la prévision de 1,10 $. Ce silence laisse beaucoup de place à la spéculation du marché sur la question de savoir si Francfort sera finalement contraint d’agir plus décisivement.
Ce que signifie réellement un euro plus faible
Pour les entreprises et les consommateurs de la zone euro, une baisse à 1,10 $ n’est pas qu’un chiffre sur un écran. Cela a de réelles conséquences. Les importations deviennent plus chères lorsque votre devise s’affaiblit — l’énergie, les matières premières, les biens de consommation libellés en dollars coûtent tous plus cher. Et la zone euro a déjà des problèmes d’inflation. Un euro plus faible pourrait aggraver ces problèmes, en pressant des ménages déjà en difficulté.
Le tableau commercial est plus mitigé. Les exportateurs de la zone euro pourraient en fait en bénéficier. Lorsque l’euro chute, les produits européens deviennent moins chers pour les acheteurs étrangers, ce qui peut stimuler les volumes d’exportation. Une voiture allemande ou un produit de luxe français libellé en euros devient une meilleure affaire pour un acheteur américain ou asiatique. Il y a donc un potentiel avantage pour les exportateurs. Mais cela est probablement compensé — au moins partiellement — par les coûts plus élevés des intrants importés. De nombreux fabricants de la zone euro dépendent de matières premières et de composants libellés en dollars. Lorsque l’euro s’affaiblit, ces coûts augmentent, comprimant les marges même si les revenus augmentent.
Donc, l’effet net pour l’économie plus large de la zone euro ? Flou. Ce n’est pas une victoire nette pour quiconque.
Les marchés financiers surveillent de près le taux euro-dollar, et pour une bonne raison. Les mouvements de devises à cette échelle modifient les stratégies d’investissement, affectent les prévisions de bénéfices des entreprises et changent le calcul pour les transactions transfrontalières. Les entreprises ayant une exposition significative aux marchés de la zone euro et des États-Unis pourraient devoir repenser leur couverture de change. Un mouvement vers 1,10 $ pourrait frapper durement les marges bénéficiaires des entreprises qui ne se sont pas préparées à cela.
Pression politique sur la BCE
Si l’euro continue de glisser, la BCE fait face à un choix difficile. Elle peut accepter une monnaie plus faible et gérer les retombées inflationnistes, ou elle peut accélérer les hausses de taux et risquer d’étouffer la croissance dans une économie déjà en difficulté. Aucune option n’est idéale. Et plus l’écart entre la Fed et la BCE reste large, plus la pression augmente.
Capital Economics voit cet écart rester large. L’engagement de la Fed envers les hausses de taux ne va pas disparaître rapidement, et la prudence de la BCE non plus. Donc, les forces poussant l’euro à la baisse vont probablement persister pendant un certain temps.
Certains participants au marché pourraient voir une opportunité dans tout cela. Un euro plus faible peut ouvrir des portes aux exportateurs européens sur les marchés mondiaux, et les dislocations monétaires créent parfois des points d’entrée pour les investisseurs. Mais le tableau plus large pour la zone euro est celui d’une pression croissante — croissance plus lente, inflation persistante, monnaie en baisse et une banque centrale prise entre de mauvaises options.
La BCE n’a pas commenté la prévision de Capital Economics.
Questions Fréquentes
Que prévoit Capital Economics pour l’euro ?
Capital Economics prévoit que l’euro tombera à 1,10 $ face au dollar américain d’ici la fin de l’année, en raison du ralentissement économique de la zone euro et du cycle agressif de hausse des taux de la Réserve fédérale.
Pourquoi la BCE est-elle plus lente que la Réserve fédérale en matière de hausse des taux ?
Selon le rapport de Capital Economics, la BCE a été hésitante à augmenter rapidement les taux par crainte que des resserrements plus rapides n’étouffent une croissance économique déjà faible dans la zone euro.





