Community Trust ScoreVérifié
Tarek Mansour ne mâche pas ses mots. Le PDG de Kalshi s’est exprimé sur CNBC et a déclaré sans détour que les lobbies de l’industrie du jeu sont à l’origine du procès intenté par New York contre sa plateforme de marchés prédictifs — et non de véritables préoccupations de protection des consommateurs.
La plainte légale, déposée le 31 juillet, est sérieuse. New York accuse Kalshi d’être une opération de jeu non autorisée, arguant que les contrats de marché événementiel reposent sur des résultats incertains et équivalent donc à des jeux d’argent selon la loi de l’État. La plainte affirme que Kalshi a permis aux New-Yorkais âgés de 18 à 20 ans d’accéder à la plateforme, en violation des réglementations d’âge de l’État. Et les pénalités demandées sont lourdes — 100 000 $ pour chaque marché événementiel offert aux New-Yorkais sans licence d’État appropriée. Ce n’est pas une amende. Cela représente potentiellement des milliards de responsabilités si l’on fait le calcul sur l’ensemble du catalogue de produits de Kalshi.
La riposte de Mansour est directe.
Il affirme que Kalshi opère sous la supervision de la Commodity Futures Trading Commission et ne se trouve pas dans une zone grise réglementaire. C’est une distinction clé sur laquelle il insiste — la CFTC régule les marchés prédictifs au niveau fédéral, et il soutient que New York tente essentiellement de passer outre cela. Le président de la CFTC, Michael Selig, l’a soutenu, critiquant publiquement la procureure générale de New York, Letitia James, pour ce qu’il a qualifié de tentative de fermeture des marchés prédictifs à l’échelle nationale. Selig a clairement indiqué que la CFTC entend défendre sa juridiction.
L’argument des 200 millions de dollars
Mansour n’a pas seulement plaidé des questions techniques légales. Il a également présenté un argument économique. Selon Mansour, les New-Yorkais ont gagné près de 200 millions de dollars grâce à Kalshi en 2026 seulement — un chiffre qu’il affirme que les plateformes de jeu traditionnelles ne pourraient pas offrir aux utilisateurs. C’est un cadrage intelligent. Il essaie de transformer le procès en une histoire sur le fait que New York pourrait potentiellement priver ses propres résidents d’un outil financier rentable, et non pas seulement en une lutte pour le territoire réglementaire.
Il a également déclaré que Kalshi avait essayé de négocier. La société aurait proposé une taxe de 10 % aux autorités de New York. Cette offre n’a pas été acceptée. Aucun détail sur les raisons de l’échec des négociations ou sur les contre-propositions, le cas échéant, de la part de l’État. Les autorités de New York n’ont pas commenté publiquement les discussions.
Il y a donc une véritable question qui se pose ici : ce procès concerne-t-il la protection des consommateurs, ou s’agit-il de protéger une industrie établie contre un concurrent en pleine croissance ?
Fédéral vs. État : le véritable combat
En gros, c’est de cela qu’il s’agit. Kalshi se trouve à l’intersection des marchés financiers et des contrats prédictifs, et il est réglementé au niveau fédéral. New York dit que cela ne suffit pas — que ce que fait Kalshi ressemble à du jeu, sent le jeu, et devrait être traité comme du jeu selon la loi de l’État. Mansour dit que cette lecture est erronée, et que l’autorité de la CFTC est piétinée par un procureur général de l’État qui répond à la pression des intérêts des casinos et des jeux qui ne veulent pas de concurrence.
Ce n’est pas une affirmation folle. Les marchés prédictifs ont connu une forte croissance, et cette croissance a ébranlé les opérateurs de jeux traditionnels qui ont passé des années à faire pression pour des règles favorables au niveau des États. Le fait que Kalshi permette aux utilisateurs de parier sur des événements du monde réel — élections, données économiques, résultats sportifs — empiète sur un territoire que ces opérateurs pensaient être le leur. Que cette pression de lobbying ait réellement influencé la stratégie légale de New York n’est pas clair, mais Mansour parie clairement que ce cadrage résonne avec les utilisateurs et avec les régulateurs fédéraux.
Et la base d’utilisateurs est importante ici. Mansour a déclaré sur Squawk Box de CNBC que si New York réussit à fermer Kalshi, il y aura une réaction significative de ses utilisateurs dans l’État. Il semble compter sur la pression politique de cette base d’utilisateurs comme partie de sa stratégie de défense, et pas seulement sur des arguments légaux.
Les enjeux vont au-delà des résultats financiers de Kalshi. Une décision qui classerait les contrats de marché événementiel comme du jeu selon la loi de l’État pourrait établir un précédent qui redéfinirait le fonctionnement des marchés prédictifs à travers les États-Unis. D’autres États observant cette affaire pourraient décider d’intenter des actions similaires. Ou ils pourraient attendre de voir comment les arguments de juridiction fédérale tiennent devant les tribunaux.
Ce qui est réellement en attente
À l’heure actuelle, aucune résolution n’est en vue. Les procédures légales sont en cours. New York n’a pas commenté davantage les négociations ou ce qui va suivre. L’équipe juridique de Kalshi prépare vraisemblablement une défense fondée sur la conformité à la CFTC et des arguments de préemption fédérale.
La structure de pénalité de 100 000 $ par marché est l’arme la plus tranchante dans l’arsenal de New York. Si les tribunaux se rangent du côté de l’État et appliquent ce chiffre largement, l’exposition aux responsabilités pourrait être énorme. Mansour le sait. Son offensive publique — apparitions sur CNBC, cadrage du procès comme étant motivé par le lobby des casinos, mention des 200 millions de dollars de gains des utilisateurs — ressemble à un effort délibéré pour gagner la narration avant que la bataille légale ne se joue devant les tribunaux.
Kalshi continue d’opérer et de servir des utilisateurs mondiaux alors que l’affaire progresse.
Questions Fréquentes
Quelles pénalités New York cherche-t-il à imposer à Kalshi ?
Le procès de New York réclame 100 000 $ pour chaque marché événementiel que Kalshi a offert aux New-Yorkais sans licence d’État appropriée, plus restitution pour les utilisateurs âgés de 18 à 20 ans qui ont accédé à la plateforme.
Combien les New-Yorkais ont-ils gagné sur Kalshi en 2026 ?
Le PDG de Kalshi, Tarek Mansour, a déclaré que les New-Yorkais ont gagné près de 200 millions de dollars grâce à la plateforme en 2026, un chiffre qu’il soutient que les plateformes de jeu traditionnelles ne pourraient égaler.





