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Le 11 décembre 2025, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a donné son feu vert à la Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC) pour lancer un service de tokenisation d’actifs réglementé. Cette avancée marque une étape majeure vers l’intégration de la finance traditionnelle et de la finance décentralisée. Elle pourrait transformer l’écosystème financier mondial et bénéficier à plusieurs actifs numériques.
Le service sera opéré par The Depository Trust Company, une filiale de la DTCC, qui a reçu une lettre de non-action de la SEC. Cela signifie que la DTC est autorisée à tokeniser certains actifs réels, détenus sous sa garde, en conformité avec les lois fédérales existantes. Le lancement de ce service est prévu pour la deuxième moitié de 2026 et s’étendra sur une période initiale de trois ans.
Cette initiative permettra à la DTC de créer des représentations numériques de certaines valeurs mobilières traditionnelles. Ces tokens numériques offriront les mêmes droits de propriété, protections des investisseurs et droits juridiques que leurs homologues classiques. L’autorisation couvre un groupe restreint d’actifs très liquides, incluant des actions de l’indice Russell 1000, des fonds négociés en bourse suivant de grands indices, ainsi que des bons et obligations du Trésor américain.
Selon Frank La Salla, président et PDG de la DTCC, tokeniser le marché des valeurs mobilières aux États-Unis pourrait apporter des bénéfices transformationnels tels que la mobilité des garanties, de nouvelles modalités de trading, un accès 24/7 et des actifs programmables. Cependant, réaliser de tels objectifs dépendra d’une infrastructure de marché solide pour soutenir cette nouvelle ère numérique.
Dans un contexte où la finance décentralisée émerge comme un catalyseur de l’innovation financière mondiale, la décision de la SEC de permettre la tokenisation des actifs traditionnels pourrait accélérer cette tendance. Alors que d’autres pays comme la Suisse et Singapour ont déjà fait des avancées significatives dans la numérisation des infrastructures financières, les États-Unis cherchent désormais à rattraper leur retard pour rester compétitifs sur le marché global.
Cependant, cette démarche comporte aussi des risques. La transition vers un système tokenisé nécessite d’importants changements dans les infrastructures technologiques et les cadres réglementaires. La sécurité des transactions et la protection des investisseurs demeurent des préoccupations majeures. De plus, une adoption rapide pourrait entraîner des défis en matière de gestion des risques et de contrôle des fraudes.
La question qui se pose maintenant est celle des plateformes blockchain qui pourraient être choisies pour supporter ce service de tokenisation. Trois altcoins semblent se démarquer comme principaux bénéficiaires potentiels de cette initiative : Ethereum, Chainlink et Ondo Finance.
1. Ethereum (ETH)
Ethereum, souvent considéré comme la pierre angulaire des applications de blockchain, pourrait jouer un rôle clé dans cette nouvelle ère de la tokenisation. Selon Matthew Sigel, responsable de la recherche sur les actifs numériques chez VanEck, il y a une « probabilité de 99% » que la DTCC opte pour Ethereum. En effet, Ethereum représente environ 66 % du marché des actifs réels tokenisés, soit environ 12,2 milliards de dollars.
Ses capacités de sécurité, sa vaste communauté de développeurs et son rôle établi dans l’émission d’actifs tokenisés renforcent sa position. La DTCC a d’ailleurs déjà collaboré avec Ethereum pour ses projets précédents, ce qui pourrait faciliter l’intégration et l’adoption de cette technologie dans les nouvelles offres de la DTC.
2. Chainlink (LINK)
Chainlink, connu pour son rôle de couche de connexion entre les systèmes on-chain et off-chain, est un autre candidat de choix. Ses infrastructures d’oracles, ses capacités cross-chain et ses solutions de preuve de réserve sont particulièrement adaptées aux cas d’utilisation institutionnelle.
La collaboration antérieure entre la DTCC et Chainlink, notamment sur le projet d’interopérabilité blockchain de SWIFT, renforce également la possibilité d’une intégration future. Ensemble, ils ont exploré des solutions pour améliorer l’efficacité des processus liés aux actions d’entreprise, ce qui pourrait s’avérer crucial dans un environnement de marché tokenisé.
3. Ondo Finance (ONDO)
Ondo Finance, leader du marché des actions tokenisées par valeur totale, détient 361,2 millions de dollars, soit 51,64 % du marché. Ondo a récemment levé les obstacles réglementaires après une enquête de deux ans par la SEC, renforçant ainsi ses ambitions de s’étendre sur le marché américain de la tokenisation.
Avec une croissance de sa part de marché de 12,67 % au cours des 30 derniers jours, Ondo semble bien positionné pour accueillir des flux institutionnels accrus. Son inclusion dans l’initiative de la DTCC pourrait stimuler la crédibilité et la liquidité de son écosystème, tout en renforçant les cas d’utilisation réels de ses solutions.
Dans l’ensemble, l’adoption institutionnelle soutenue des valeurs mobilières tokenisées pourrait avoir des répercussions à long terme sur la performance des prix. Une activité accrue sur la blockchain, des volumes de transactions plus élevés et une intégration plus profonde dans les infrastructures financières réglementées pourraient favoriser la demande structurelle pour ETH, LINK et ONDO à l’avenir. Toutefois, le succès de cette transition dépendra de l’évolution des régulations et de l’acceptation par l’ensemble du marché financier.




