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URGENT
Actualités du Bitcoin

Le Bitcoin fait face à une division au sujet d’une mise à jour alors que les inquiétudes liées à la censure grandissent.

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Mis à jour 9 mois il y a

La communauté mondiale du Bitcoin est une nouvelle fois divisée, cette fois autour de rumeurs concernant une possible mise à jour qui, selon ses détracteurs, pourrait introduire un mécanisme de censure sur la blockchain. La controverse a éclaté après la fuite de messages attribués au développeur historique Luke Dashjr, suggérant un cadre dans lequel un petit comité aurait le pouvoir de bloquer rétroactivement certaines transactions.

La proposition présumée, rapportée pour la première fois par le média The Rage le 25 septembre, évoquait la création d’un groupe de « confiance » chargé d’effacer du registre Bitcoin tout contenu jugé illicite ou douteux. Pour beaucoup, cette idée entre en totale contradiction avec le principe fondateur de Bitcoin : la neutralité et la résistance à la censure.

Dashjr a rapidement réagi, qualifiant le rapport de « fake news » le 26 septembre sur X. Toutefois, il n’a pas nié directement être à l’origine des messages publiés par The Rage, qui affirme avoir vérifié leur authenticité à l’aide de preuves vidéo.

Des critiques alertent sur un précédent dangereux

Eyal Gruper, PDG de la plateforme d’auto-conservation BTC RITREK, a décrit cette idée comme une rupture fondamentale avec l’esprit de Bitcoin.

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« Cela signifie qu’une transaction parfaitement valide et pré-signée pourrait être bloquée simplement parce qu’un petit groupe de personnes n’apprécie pas l’expéditeur, le destinataire ou l’objectif », a-t-il expliqué. « Dès l’instant où des individus, et non le protocole, décident de ce qui est valide, le Bitcoin cesse d’être le Bitcoin. »

Eneko Knörr, PDG et cofondateur du projet de stablecoin Stabolut, a partagé cette inquiétude, rappelant que la plus grande force de Bitcoin est que « personne n’en a le contrôle ». Selon lui, donner à un comité le pouvoir de valider ou de rejeter des transactions violerait fondamentalement les principes de liberté et de neutralité de Bitcoin.

Le rôle des Ordinals et des Inscriptions

Le débat actuel trouve en partie son origine dans la montée en popularité des Ordinals et des Inscriptions, qui permettent d’inscrire des données non financières (images, textes) sur des transactions Bitcoin. Bien que ces ajouts aient provoqué une congestion temporaire et une hausse des frais, le réseau s’est depuis adapté. Certains estiment donc que des mesures radicales, comme la mise en place d’un comité de censure, ne sont plus justifiées.

Knörr souligne que les problèmes de congestion se sont déjà atténués et que les frais sont revenus à la normale, ce qui rend la perspective d’un tel changement de gouvernance beaucoup moins convaincante.

OP_RETURN et la question des données on-chain

Au cœur du débat se trouve aussi l’usage d’OP_RETURN, un champ qui permet aux utilisateurs d’ajouter de petites quantités de données (liens, notes, etc.) à des transactions Bitcoin. Les développeurs préparent d’ailleurs la version 30 du client de référence, prévue pour octobre, qui modifiera la manière dont les nœuds relaient ces métadonnées.

Depuis longtemps, OP_RETURN est source de controverses, notamment parce qu’il peut être exploité pour stocker des données illégales. En 2018, des chercheurs de l’université RWTH Aachen avaient découvert que la blockchain Bitcoin contenait déjà des centaines de liens vers du contenu répréhensible, y compris des références à des abus sexuels sur mineurs. Ces révélations avaient suscité des craintes juridiques, certains pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les États-Unis pouvant considérer la simple possession d’une copie de la blockchain comme problématique.

Dashjr et d’autres partisans du client alternatif Bitcoin Knots se sont opposés à un usage accru d’OP_RETURN, estimant que cela facilite la persistance de contenus illicites sur la chaîne.

Réactions contrastées de la communauté

Les réactions à l’article de The Rage illustrent à quel point la communauté Bitcoin reste divisée.

  • Adam Back, PDG de Blockstream, a averti sur X que la proposition « saute directement vers la technologie de censure » que les critiques craignent depuis longtemps.

  • Udi Wertheimer, cofondateur de Taproot Wizards, a balayé le rapport comme de la « propagande de mauvaise qualité », affirmant que les discussions fuitées relevaient de l’hypothétique et non d’un véritable plan de hard fork.

  • Giacomo Zucco, investisseur dans OCEAN — un pool de minage cofondé par Dashjr et soutenu par Jack Dorsey —, a également rejeté l’interprétation donnée, tout en notant que les idées correspondaient aux positions publiques défendues depuis des années par Dashjr.

Zucco a ajouté que, même si le hard fork mentionné dans les captures d’écran était théorique, Dashjr ne le poursuivrait pas sans un large consensus.

Brainstorming ou attaque contre Bitcoin ?

Les captures d’écran publiées par The Rage expliquent pourquoi les opinions sont si polarisées. D’un côté, elles ressemblent à une session de réflexion technique sur les preuves à divulgation nulle de connaissance et les mécanismes de filtrage, ce qui pourrait sembler purement académique. De l’autre, les références à des approbations multisignatures et à des cadres juridiques alimentent la crainte que ces idées évoluent vers des structures de gouvernance dotées de pouvoirs de censure.

L’auteure de l’article, L0la L33tz, a défendu son travail en affirmant que les propositions de Dashjr constituent « une attaque contre Bitcoin ». Selon elle, leur mise en œuvre pourrait ouvrir la voie à des demandes des autorités pour supprimer d’autres types de données, intégrant potentiellement les règles KYC et AML directement dans le protocole Bitcoin.

Une épreuve d’identité pour Bitcoin

Pour l’instant, ce débat met en lumière une tension centrale dans l’évolution de Bitcoin : comment concilier les mesures de protection technique avec l’éthique originelle de neutralité et de résistance à la censure.

Même si la perspective d’une mise à jour permettant la censure reste incertaine, l’intensité des réactions démontre à quel point la communauté défend farouchement les principes fondateurs de Bitcoin.

Qu’il s’agisse de simples discussions théoriques ou de propositions susceptibles d’aboutir, cet épisode rappelle que l’avenir de Bitcoin sera toujours façonné par ses défenseurs les plus passionnés — et ses critiques les plus virulents.

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Dan Saada

Dan possède un master en finance de l'ISEG (France), il est également fan de cryptomonnaies et de minage.

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