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Hargreaves Lansdown vient de franchir un cap. La société d’investissement basée à Bristol propose désormais des notes d’échange négociées en bourse — des ETN — sur le bitcoin et d’autres cryptomonnaies à ses clients particuliers. Pas anodin du tout.
Il y a moins d’un an, la même entreprise disait noir sur blanc que le bitcoin n’était « pas une classe d’actifs » et qu’il ne devrait pas figurer dans les portefeuilles visant la croissance ou le revenu. Hargreaves Lansdown gérait à ce moment-là près de 173 milliards de livres sterling d’actifs — soit plus de 233 milliards de dollars — et avertissait activement ses clients des risques liés à l’achat de cryptomonnaies. Le message était clair : restez loin. Aujourd’hui, le message a changé. Radicalement.
Les ETN, pour ceux qui ne suivent pas, sont des fonds d’investissement qui se négocient sur les bourses et suivent les prix des actifs numériques. Pas de détention directe de bitcoin. Pas de portefeuille crypto à gérer. Juste un produit financier classique, coté en bourse, qui réplique le cours du bitcoin. Simple en théorie.
Un Revirement Difficile à Ignorer
Hargreaves Lansdown maintient quand même ses avertissements. La société précise que ces produits sont « considérés comme à haut risque » et « peuvent être très volatils ». Donc le discours prudent reste là — mais l’offre, elle, a changé. C’est un écart entre le message et l’action qui va probablement faire jaser dans le secteur.
Pas de déclaration détaillée de la société pour l’instant sur les raisons de ce changement. Pas de conférence de presse, pas de communiqué expliquant la logique derrière ce revirement. On sait ce qu’elle fait. On sait moins pourquoi maintenant, pourquoi comme ça, et comment elle prévoit de gérer les attentes de ses clients sur un marché aussi volatil. Ça reste flou.
Ce qui est sûr, c’est que le timing coïncide avec un mouvement global. Les marchés financiers traditionnels s’ouvrent au bitcoin à une vitesse qu’on n’avait pas vraiment anticipée il y a encore trois ans.
Le Précédent Américain qui Change Tout
En 2024, la Securities and Exchange Commission américaine — la SEC — a approuvé les ETF bitcoin pour les investisseurs particuliers aux États-Unis. Après une décennie de refus répétés, la porte s’est enfin ouverte. Et le résultat a été brutal : le lancement le plus réussi de l’histoire des ETF, toutes catégories confondues.
Des investisseurs qui n’avaient jamais pu obtenir une exposition directe au bitcoin se sont précipités. BlackRock, Fidelity, Morgan Stanley — les grands noms de la gestion d’actifs — ont tous lancé leurs véhicules. Collectivement, ces fonds gèrent maintenant plus de 100 milliards de dollars d’actifs. Cent milliards. En à peine un an ou deux.
C’est probablement ce signal-là qui a pesé lourd dans la décision de Hargreaves Lansdown. Difficile d’ignorer 100 milliards de dollars qui entrent dans une classe d’actifs que tu déclarais « pas une classe d’actifs » douze mois plus tôt.
Et les ETN proposés au Royaume-Uni fonctionnent sur un principe similaire aux ETF américains — sans être strictement identiques sur le plan réglementaire. Les investisseurs britanniques ont maintenant un accès comparable, via une plateforme qu’ils utilisent déjà au quotidien.
Le marché des cryptomonnaies a traversé des cycles violents ces dernières années. Des hausses spectaculaires, des effondrements tout aussi spectaculaires. Hargreaves Lansdown le sait. Ses clients aussi, probablement. Mais la demande pour ce type de produits ne faiblit pas, même après les krachs. Genre, les gens veulent y être exposés quand même. C’est un fait de marché qu’on peut aimer ou pas.
D’autres sociétés financières britanniques vont probablement regarder ce mouvement de très près. Si Hargreaves Lansdown — connue pour sa prudence, sa base de clients retail conservatrice — fait ce pas, ça donne une forme de légitimité au mouvement. Pas une garantie que d’autres suivent. Mais une pression de plus.
Pour les investisseurs qui utilisent la plateforme, la question pratique reste entière : comment Hargreaves Lansdown va-t-elle accompagner ses clients sur ces produits ? Quels outils, quelles informations, quels garde-fous ? La société gère des centaines de milliards pour des particuliers qui, pour beaucoup, n’ont jamais touché à une cryptomonnaie de leur vie. Mettre des ETN bitcoin dans leur interface sans cadre pédagogique solide, c’est un pari.
Pour l’instant, les ETN sont disponibles. L’avertissement sur le haut risque est là. Et Hargreaves Lansdown gère 173 milliards de livres sterling d’actifs pour des clients qui peuvent désormais acheter du bitcoin via leur plateforme habituelle.
Hub: Bitcoin : prix, actualités et analyse
Questions Fréquentes
Qu’est-ce qu’un ETN bitcoin et comment ça fonctionne sur Hargreaves Lansdown ?
Un ETN (note d’échange négociée en bourse) est un fonds qui se négocie sur les marchés boursiers et suit le prix du bitcoin ou d’autres cryptomonnaies. Hargreaves Lansdown propose désormais ces produits à ses clients particuliers, sans qu’ils aient besoin de détenir directement du bitcoin.
Quelle était la position de Hargreaves Lansdown sur le bitcoin avant ce changement ?
Moins d’un an avant cette annonce, Hargreaves Lansdown déclarait que le bitcoin n’était « pas une classe d’actifs » et déconseillait son inclusion dans les portefeuilles visant la croissance ou le revenu. La société gérait alors près de 173 milliards de livres sterling d’actifs.
Quel est le lien avec les ETF bitcoin approuvés aux États-Unis ?
En 2024, la SEC américaine a approuvé les ETF bitcoin après une décennie de refus. Ces fonds, gérés par BlackRock, Fidelity et Morgan Stanley entre autres, gèrent collectivement plus de 100 milliards de dollars d’actifs et ont connu le lancement le plus réussi de l’histoire des ETF.
Pourquoi c'est important
L'ouverture du marché du bitcoin par Hargreaves Lansdown marque un tournant significatif dans l'acceptation des cryptomonnaies par des institutions financières traditionnelles. Ce revirement témoigne d'une évolution des mentalités face à la maturité croissante de l'écosystème crypto, suggérant que de plus en plus d'investisseurs particuliers pourraient envisager ces actifs comme une composante légitime de leur stratégie d'investissement. Dans un contexte où la réglementation et l'innovation technologique redéfinissent le paysage financier, cette décision pourrait inciter d'autres acteurs du secteur à réévaluer leur position sur les cryptomonnaies.
