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Malgré la montée fulgurante des fonds négociés en bourse (ETF) adossés au Bitcoin, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, BlackRock, estime que le marché en est encore à ses débuts. Selon Robert Mitchnick, responsable des actifs numériques chez BlackRock, le succès de l’iShares Bitcoin Trust (IBIT) ne représente que le début d’un long processus d’adoption des actifs numériques par les investisseurs institutionnels.
Dans une interview accordée à ETF IQ de Bloomberg le 9 juin, Mitchnick a qualifié l’intérêt croissant pour les ETF Bitcoin d’« extrêmement précoce » en ce qui concerne la participation institutionnelle. Bien que les investisseurs particuliers aient mené la charge initiale, le secteur de la gestion de patrimoine professionnelle ne fait que commencer à explorer et à approuver l’exposition aux ETF Bitcoin.
Une croissance sans précédent en un temps record
L’iShares Bitcoin Trust a enregistré des flux entrants records, atteignant 70 milliards de dollars d’actifs sous gestion (AUM) en seulement 341 jours. L’analyste d’ETF de Bloomberg, Eric Balchunas, a qualifié cette performance d’« inédite », la comparant à celle de GLDY, le précédent recordman, qui avait mis plus de quatre ans pour atteindre des niveaux similaires.
« C’est une conjonction d’événements extraordinaire », a déclaré Mitchnick. « Des investisseurs particuliers aux ultra-riches, et désormais aux conseillers financiers et institutions, la dynamique s’intensifie. »
Mitchnick souligne que l’afflux de capitaux institutionnels ne fait que commencer : « De nombreuses grandes sociétés finalisent encore leurs processus de diligence raisonnable. Cela prend du temps, en particulier dans la finance traditionnelle où l’intégration de nouveaux produits d’investissement implique de nombreuses vérifications réglementaires. »
L’adoption institutionnelle reste prudente
Bien que plusieurs plateformes d’investissement aient commencé à approuver les ETF Bitcoin pour les portefeuilles clients, l’adoption institutionnelle reste lente. Selon Mitchnick, davantage de sociétés commencent à assouplir leurs règles internes, permettant aux conseillers d’inclure les ETF Bitcoin dans les portefeuilles — mais ces changements se font sur plusieurs trimestres, pas en quelques semaines.
Cela s’explique en partie par la volatilité historique du Bitcoin. Pourtant, cette même caractéristique, combinée à sa faible corrélation avec les actifs traditionnels, le rend de plus en plus attrayant pour la diversification des portefeuilles.
Le rôle unique du Bitcoin dans les portefeuilles
L’une des qualités les plus intéressantes du Bitcoin, selon Mitchnick, est son absence de corrélation avec les actifs traditionnels. Contrairement aux actions ou aux obligations, le Bitcoin évolue souvent de manière indépendante — voire à l’inverse — des marchés classiques.
« Lorsqu’on construit un portefeuille diversifié, la faible corrélation est un atout précieux », explique-t-il. « Le profil de rendement et de risque du Bitcoin se démarque, ce qui en fait un élément potentiellement stabilisateur à long terme. »
Cette reconnaissance croissante par les institutions montre que le Bitcoin passe progressivement d’un actif spéculatif à un pilier stratégique dans la gestion de portefeuilles globaux.
BlackRock en position de force
Avec l’IBIT, BlackRock est à la pointe des ETF crypto, jouant un rôle clé dans l’intégration de la finance traditionnelle aux actifs numériques. Alors que d’autres ETF rivalisent, IBIT s’impose clairement par sa performance et ses volumes. Depuis sa création, il a gagné plus de 121 %, surpassant tous ses concurrents.
Interrogé sur la possible consolidation du marché des ETF, Mitchnick reste confiant : « Il y a suffisamment de demande pour que plusieurs produits coexistent. IBIT est en tête, mais la concurrence dans cet espace est le signe d’un marché sain et en croissance. »
Et Ethereum dans tout ça ?
Concernant le futur ETF Ethereum d’iShares, Mitchnick adopte un ton plus prudent. Bien qu’il soit optimiste quant au potentiel à long terme d’Ethereum, il reconnaît que la demande institutionnelle est bien plus faible.
« L’histoire d’Ethereum est avant tout technologique, contrairement à celle du Bitcoin qui est vue comme une alternative à l’or ou une couverture contre l’inflation », explique-t-il. Cela rend Ethereum plus difficile à vendre aux investisseurs institutionnels.
Cependant, il ne ferme pas la porte à une adoption future : « L’avenir d’Ethereum est prometteur, mais il nécessitera plus d’éducation et de compréhension de la part des acteurs institutionnels. »
Une intégration sur le long terme
BlackRock voit les actifs numériques comme des composants fondamentaux des allocations d’actifs futures, et non comme une mode passagère. Mitchnick insiste : « Il s’agit pour nous d’un voyage de plusieurs années. Nous posons aujourd’hui les fondations pour que le Bitcoin (et peut-être d’autres actifs numériques) intègrent durablement les portefeuilles d’investissement mondiaux. »
Avec la montée en puissance de l’IBIT et l’expansion de la gamme d’ETF crypto, ce n’est que le début. Si l’adoption institutionnelle continue à ce rythme, le paysage des actifs numériques pourrait être méconnaissable d’ici quelques années.
Conclusion : Les ETF Bitcoin ne font que commencer
Pour les investisseurs crypto comme pour les acteurs des marchés traditionnels, le message de BlackRock est clair : le boom des ETF Bitcoin ne fait que commencer. Avec davantage d’institutions qui franchissent le pas et des stratégies de portefeuille qui évoluent, la prochaine phase d’adoption pourrait entraîner des flux encore plus massifs vers le marché.




