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L’avocat et fervent défenseur des cryptomonnaies, John Deaton, revient sur le devant de la scène — cette fois pour contester l’American Bankers Association (ABA) au sujet de son opposition aux tentatives de Ripple et Circle d’obtenir des licences bancaires fédérales. Bien connu de la communauté XRP pour sa défense d’une régulation équitable du secteur crypto, Deaton a qualifié la position de l’ABA de mesure protectionniste visant à exclure l’innovation du système bancaire traditionnel.
L’ABA, ainsi que cinq autres grandes organisations financières, dont America’s Credit Unions et la National Bankers Association, ont récemment adressé une demande officielle au bureau du contrôleur de la monnaie des États-Unis (OCC). Leur requête appelait les régulateurs à retarder ou refuser l’octroi de licences fiduciaires aux entreprises d’actifs numériques, notamment Ripple et Circle, jusqu’à la mise en place d’un processus d’examen public plus détaillé.
La riposte directe de John Deaton
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Deaton a exhorté les régulateurs à « ignorer le lobbying obstructionniste », dénonçant ce qu’il considère comme des tentatives délibérées de la part des banques traditionnelles pour freiner la concurrence. Selon lui, ces pratiques visent à maintenir les acteurs historiques au pouvoir tout en écartant les innovateurs comme Ripple et Circle qui cherchent à moderniser le système financier.
Ripple et Circle poursuivent leur avancée malgré les obstacles
Ripple et Circle font partie des rares entreprises crypto à rechercher activement des chartes fiduciaires fédérales pour opérer légalement comme des entités bancaires. La demande de licence de Ripple est liée à son projet d’intégrer l’émission de stablecoins et les paiements transfrontaliers dans un cadre réglementé. Circle, quant à elle — connue pour son stablecoin USDC — a déposé une demande de charte bancaire nationale pour renforcer sa conformité réglementaire.
Ces démarches s’inscrivent dans le cadre du GENIUS Act, adopté en juillet 2025, qui impose aux émetteurs de stablecoins d’opérer sous supervision fédérale. La loi exige que ces entreprises soient des entités réglementées — banques, coopératives de crédit ou établissements non bancaires supervisés par l’OCC. En demandant des licences, Ripple et Circle cherchent donc à se conformer à cette exigence tout en élargissant leur présence dans le système financier américain.
Les objections juridiques des groupes bancaires
L’argument principal de l’ABA repose sur la tradition juridique. Selon l’article 92a du Code des États-Unis, les chartes fiduciaires nationales ne doivent être accordées qu’à des entreprises exerçant des activités fiduciaires, c’est-à-dire agissant au nom de leurs clients dans un cadre de confiance. L’ABA estime que Ripple et Circle ne remplissent pas cette condition, car leur modèle économique repose sur la garde d’actifs crypto et les réseaux de paiement, et non sur des services fiduciaires classiques.
Les groupes bancaires craignent que l’approbation de ces demandes crée une faille réglementaire. Leur lettre met en garde contre un “effet d’imitation”, où d’autres entreprises crypto chercheraient à obtenir les privilèges d’une charte bancaire fédérale sans les obligations associées. Cela pourrait, selon eux, compromettre la stabilité financière et créer des vides juridiques dangereux.
Ils s’opposent également à l’approche flexible adoptée par l’OCC par le passé pour définir les activités fiduciaires. La Lettre interprétative 1179, aujourd’hui retirée, permettait à l’OCC d’approuver des demandes au cas par cas. L’ABA exige un retour strict à l’ancienne norme : pas de devoir fiduciaire, pas de charte.
Des critiques dénoncent le protectionnisme, soutiennent l’innovation
Deaton n’est pas seul dans son combat. Des experts du secteur comme Vincent Van Code ont également critiqué la position de l’ABA. Selon Van Code, il s’agit d’une démarche “anticompétitive” visant à protéger la domination des banques traditionnelles en bloquant l’arrivée de nouveaux acteurs plus agiles. Il estime que des entreprises comme Ripple et Circle incarnent l’avenir de la finance en éliminant la bureaucratie et en utilisant la blockchain pour offrir des services plus efficaces.
Pour Deaton et d’autres partisans de la crypto, la lettre de l’ABA montre que le système financier traditionnel n’est pas prêt à faire la transition vers des institutions numériques. Il considère qu’il ne s’agit pas seulement d’un débat technique, mais d’un enjeu de société : savoir si le système financier évoluera pour répondre aux besoins du XXIe siècle ou s’accrochera à des structures obsolètes qui ne servent qu’une minorité.
« Le siècle est terminé », a écrit un internaute en soutien à Deaton. « Il est temps que la finance nouvelle génération remplace le cartel. »
Quels enjeux pour Ripple et Circle ?
Pour Ripple, une licence bancaire pourrait permettre à son réseau de paiements basé sur le XRP de s’intégrer davantage au système financier traditionnel, en particulier dans le secteur des stablecoins. Cela pourrait aussi l’aider à tourner la page après des années de conflits juridiques avec les régulateurs américains.
Pour Circle, l’obtention d’une charte fiduciaire nationale renforcerait la crédibilité de l’USDC en tant que stablecoin réglementé, lui offrant un avantage dans les marchés de détail comme institutionnels.
Bien que l’OCC n’ait pas encore pris de décision, la pression monte des deux côtés. D’un côté, la demande pour une infrastructure financière moderne ne cesse de croître. De l’autre, les institutions traditionnelles s’efforcent de garder le contrôle sur l’accès au système bancaire.
Conclusion
La bataille autour des demandes de licences bancaires de Ripple et Circle dépasse le cadre administratif. Elle pose la question de savoir si le système réglementaire américain est prêt à accueillir l’innovation sans compromettre la stabilité du secteur. Alors que les cryptomonnaies se rapprochent de plus en plus du courant dominant, ce débat pourrait bien définir la prochaine phase de l’évolution financière — et déterminer qui en prendra la tête.




