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En novembre 2025, un rapport technique du Centre national d’intervention d’urgence pour les virus informatiques de Chine a dévoilé des détails surprenants sur un vol de Bitcoin historique, estimé à 15 milliards de dollars. Ce vol, qui a laissé les cryptomonnaies immobiles pendant quatre ans, met en lumière un bras de fer sous-jacent entre la Chine et les États-Unis. Selon certains experts, le gouvernement américain pourrait avoir secrètement récupéré ces fonds.
L’histoire débute en 2020 avec le pool de minage Bitcoin LuBian, basé principalement en Chine et en Iran. En décembre de cette année, une cyberattaque a permis aux hackers de voler plus de 90 % de ses Bitcoins, soit 127 271 BTC. Cette quantité correspond exactement aux Bitcoins que le département américain de la Justice (DOJ) a plus tard affirmé avoir saisis.
Peu après le vol, Chen Zhi, président du Prince Group au Cambodge, a tenté désespérément de récupérer les fonds. Lui et son équipe ont envoyé plus de 1 500 messages intégrés dans des transactions Bitcoin, offrant une rançon en échange des pièces volées. Malgré cela, aucun retour des hackers n’a été reçu. Ce silence et l’immobilité des Bitcoins pendant quatre ans suggèrent une opération minutieusement orchestrée.
En 2024, ces Bitcoins ont soudainement été transférés vers de nouvelles adresses, identifiées par des entreprises de suivi de blockchain comme étant sous le contrôle du gouvernement américain. En octobre 2025, le DOJ a officiellement annoncé la saisie des Bitcoins et accusé Chen Zhi de crimes financiers.
Pourtant, des experts chinois soutiennent que ces Bitcoins sont les mêmes que ceux volés à LuBian en 2020. Le rapport du CVERC souligne que l’inaction des pièces durant quatre ans pourrait indiquer une opération d’État, croisant désormais la voie du DOJ avec son affaire judiciaire contre Chen Zhi.
L’analyse blockchain montre que toutes les adresses de portefeuille Bitcoin mentionnées dans l’acte d’accusation du DOJ américain correspondent aux adresses impliquées dans le piratage de 2020. Seulement une infime partie des Bitcoins volés a été déplacée avant 2024, ce qui souligne la nature inhabituelle et potentiellement étatique de l’opération.
Le rapport chinois suggère aussi que les États-Unis auraient pu obtenir les fonds volés bien avant l’annonce officielle de la saisie, participant peut-être même au piratage initial. Les analystes chinois parlent d’un « double jeu étatique », où un gouvernement utiliserait des outils de piratage pour s’emparer d’actifs numériques sous couvert d’application de la loi.
Pour ajouter à la complexité, le DOJ américain n’a pas encore clarifié comment il a obtenu les clés privées des portefeuilles de Chen Zhi, ni pourquoi ces portefeuilles correspondent exactement aux fonds volés de LuBian. Cette absence d’explication laisse planer le doute sur qui détient réellement le contrôle de ces actifs.
Cette affaire soulève des questions sur les implications géopolitiques et sur l’évolution de la régulation des cryptomonnaies. En effet, la technologie blockchain, bien qu’elle promette transparence et décentralisation, peut aussi être le théâtre d’opérations complexes et dissimulées à grande échelle.
Historiquement, la Chine et les États-Unis ont eu des relations tendues dans le domaine technologique, souvent marquées par des accusations de cyberespionnage et d’ingérence numérique. Le marché du Bitcoin, avec sa capitalisation boursière de plusieurs centaines de milliards de dollars, est devenu un terrain stratégique où se jouent des enjeux économiques et politiques majeurs.
Cependant, cette situation présente aussi des risques. Si un gouvernement est capable d’intervenir dans les opérations blockchain à cette échelle, cela pourrait nuire à la confiance des investisseurs et des utilisateurs dans la sécurité et l’intégrité des cryptomonnaies. La perception que des forces étatiques peuvent manipuler ou contrôler le marché pourrait avoir des répercussions sur l’adoption globale du Bitcoin.
En conclusion, cette affaire entre la Chine et les États-Unis autour du Bitcoin témoigne des tensions croissantes entre ces deux puissances. Elle interroge sur la frontière entre cybercriminalité et opérations d’État, tout en posant des questions sur l’avenir de la régulation des actifs numériques à l’échelle mondiale. Les résultats de cette confrontation pourraient redéfinir les relations économiques internationales et la dynamique du marché des cryptomonnaies pour les années à venir.



