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Revolut vient d’obtenir sa deuxième licence bancaire complète au sein de l’Union européenne. Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a confirmé l’approbation, suite à une évaluation conjointe avec l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution de la France — connue sous le nom d’ACPR.
La nouvelle entité, Revolut Bank S.A., opérera depuis la France et couvrira éventuellement l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne. Sa branche lituanienne, Revolut Bank UAB, continue de desservir le reste de l’Espace économique européen. Ainsi, l’entreprise fonctionne désormais selon ce qu’elle appelle une structure à double hub — deux banques agréées, deux relations réglementaires, une néobanque essayant de couvrir un continent. C’est assez inhabituel pour une fintech. La plupart des banques numériques privilégient une base réglementaire unique et exportent leurs services. Revolut fait les choses différemment, pariant que des licences locales construisent des positions de marché plus durables qu’un modèle à hub unique ne le pourrait jamais.
Frédéric Oudéa préside le conseil d’administration de l’entité française. Béatrice Cossa-Dumurgier dirige l’Europe de l’Ouest en tant que directrice générale.
1 milliard EUR engagé, siège à Paris en vue
Les chiffres derrière l’expansion française sont importants. Revolut s’est engagé à investir plus de 1 milliard EUR à travers l’Europe de l’Ouest et prévoit d’embaucher plus de 600 employés dans la région. Un nouveau siège à Paris est en préparation. L’entreprise a déposé sa demande de licence bancaire française auprès de l’ACPR en juillet 2025, et bien que les discussions aient été apparemment déjà avancées en avril de cette année-là, aucune date spécifique pour ces premiers pourparlers n’a été divulguée publiquement.
Revolut compte environ 30 millions de clients à travers l’Europe de l’Ouest. Près de 8 millions d’entre eux ont rejoint au cours de l’année écoulée. À l’échelle mondiale, la base de clients dépasse les 75 millions. Ce sont des chiffres de banque de détail, pas de startup fintech — et la licence française est essentiellement Revolut disant au marché qu’elle veut être traitée comme une banque, pas comme une application de paiement qui a eu de la chance.
L’entreprise propose déjà le trading de CFD dans 29 pays, ainsi que des actions, des ETF et des cryptomonnaies. Une licence bancaire complète en France signifie qu’elle peut aller plus loin — dépôts, prêts, une gamme de produits plus large — sur des marchés où elle opérait auparavant avec des autorisations plus limitées.
Les restrictions de la BCE persistent
Tout n’est pas clair, cependant. La BCE avait précédemment ordonné au conseil d’administration européen de Revolut d’arrêter de lancer de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. La directive couvrait les nouvelles introductions de produits, les acquisitions et l’intégration de clients en dehors de l’Europe. Un examen indépendant des fonctions de risque, de conformité et juridiques de l’entreprise a également été mandaté.
Ces restrictions ont-elles été levées ? Ce n’est pas clair. La BCE n’a rien dit. La position de Revolut est qu’elle est en « dialogue continu et constructif avec nos régulateurs » — ce qui est le genre de phrase que les entreprises utilisent lorsqu’elles ne peuvent pas en dire beaucoup plus. Ce n’est pas un déni de l’existence des restrictions. Ce n’est pas une confirmation qu’elles ont été résolues. C’est essentiellement le juste milieu diplomatique.
Cette ambiguïté a son importance. Les plans d’expansion de Revolut en Allemagne, en Irlande, en Italie, au Portugal et en Espagne sont liés au déploiement des services de Revolut Bank S.A. au-delà de la France. Si les restrictions sur les produits restent en place, le rythme de ce déploiement pourrait être plus lent que ce que suggère le titre. Aucun détail sur le statut actuel de ces conditions de la BCE n’a été fourni.
Le paysage réglementaire plus large pour les grandes néobanques en Europe est devenu plus compliqué ces dernières années. Les régulateurs à travers le bloc ont renforcé la gouvernance des produits, les cadres de risque et l’infrastructure de conformité — en particulier pour les entreprises en forte croissance qui ont augmenté leur nombre de clients plus rapidement que leurs contrôles internes. Revolut n’est pas seule à faire face à ce genre de surveillance, mais c’est l’un des cas les plus en vue.
Ce que change réellement la licence française
Concrètement, la licence française permet à Revolut de concurrencer plus directement les banques de détail traditionnelles sur leur propre terrain. La France est l’un des plus grands marchés de la banque de détail en Europe, et les 30 millions de clients de Revolut en Europe de l’Ouest représentent un poids commercial sérieux. La capacité d’offrir des produits bancaires sous licence locale — plutôt que de s’appuyer sur des services sous passeport depuis la Lituanie — importe probablement plus aux clients d’entreprise et aux régulateurs qu’à la plupart des utilisateurs de détail, mais cela ouvre des portes.
Les plans d’introduction en bourse de l’entreprise s’inscrivent dans un calendrier plus long. Selon la source, ceux-ci sont prévus pour 2028. Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur la structure ou le lieu.
Le modèle à double hub de Revolut — Lituanie pour l’EEE plus large, France pour l’Europe de l’Ouest — est désormais une réalité opérationnelle vivante, pas seulement une intention stratégique. L’entreprise a passé des années à construire une licence bancaire au Royaume-Uni, qu’elle a obtenue en 2024, et la licence française suit ce schéma : long processus réglementaire, approbation éventuelle, puis une poussée pour évoluer. C’est un jeu lent pour une entreprise qui a bâti sa réputation sur la rapidité.
L’engagement de 1 milliard EUR à travers l’Europe de l’Ouest et le plan d’embauche de plus de 600 personnes sont les signaux les plus clairs de l’endroit où Revolut pense que la croissance se trouve. France, Allemagne, Italie, Espagne — ce ne sont pas des marchés émergents pour la fintech. Ce sont des marchés établis, compétitifs, fortement réglementés. Revolut y va quand même.
Le siège à Paris devrait ouvrir en 2027.
Questions Fréquentes
Quelle licence bancaire Revolut a-t-elle reçue en France ?
Revolut a obtenu une licence bancaire complète en France via sa nouvelle entité, Revolut Bank S.A., approuvée par la Banque centrale européenne suite à une évaluation conjointe avec l’ACPR de la France.
Combien de clients Revolut a-t-elle en Europe de l’Ouest ?
Revolut compte environ 30 millions de clients en Europe de l’Ouest, avec près de 8 millions ajoutés au cours de l’année écoulée, sur une base mondiale de plus de 75 millions.





