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La Banque centrale européenne vient d’exclure Visa et Mastercard de ses plans pour l’euro numérique. La BCE a annoncé qu’elle privilégie les normes européennes ouvertes, une décision qui signifie essentiellement que les géants américains du paiement ne dirigeront pas le nouveau système de monnaie numérique en Europe.
Francfort a pris cette décision après des mois de travail sur la conception de l’euro numérique. La banque centrale souhaite un système conforme aux règles et lois sur la vie privée de l’UE, et non un système basé sur des processeurs étrangers. Les banques européennes et les entreprises fintech ont désormais une chance de jouer un rôle plus important dans la manière dont les gens paient à travers le continent.
Pourquoi la BCE a-t-elle Écarté les Deux Grands
La décision de la BCE repose sur le contrôle. En gardant Visa et Mastercard à l’écart, la banque centrale peut promouvoir un système de paiement qui répond à Bruxelles, et non à Silicon Valley ou New York. Les régulateurs de l’UE se plaignent depuis des années de la puissance des entreprises américaines de technologie et de finance sur les transactions européennes. Cette décision vise à corriger cela.
L’euro numérique est censé fonctionner aux côtés de l’argent liquide, et non le remplacer. Les particuliers et les entreprises disposeraient d’un moyen de paiement sécurisé soutenu par la BCE elle-même. La banque centrale pense que cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux services de paiement que les entreprises européennes peuvent développer sans avoir besoin de l’autorisation de Visa ou Mastercard. La confidentialité est également importante ici—les règles de protection des données de l’UE sont plus strictes que celles d’autres marchés, et la BCE veut s’assurer que l’euro numérique respecte ces normes dès le premier jour.
Les banques à travers l’Europe accueilleront probablement cette nouvelle avec satisfaction. Elles perdent du terrain face aux processeurs de paiement depuis des années, voyant les frais de transaction affluer vers des entreprises dont le siège est à des milliers de kilomètres. Les normes ouvertes signifient que les institutions européennes peuvent rivaliser sur un terrain plus équitable.
Obstacles Techniques à Surmonter
Les normes ouvertes semblent bonnes en théorie. Les mettre en œuvre est plus difficile.
La BCE doit établir des spécifications techniques qui garantissent la sécurité des transactions tout en permettant aux différents systèmes de communiquer entre eux dans les 27 États membres de l’UE. Les banques centrales nationales aideront à cela, mais c’est un travail de coordination énorme. Les données des utilisateurs doivent rester protégées, la fraude doit être détectée, et le tout doit fonctionner sans accroc que vous soyez au Portugal ou en Pologne.
La banque centrale a déclaré qu’elle s’engage à maintenir la souveraineté monétaire entre les mains européennes. En construisant sa propre infrastructure pour les paiements numériques, la BCE veut réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des réseaux extérieurs. C’est en partie une question d’économie et en partie de géopolitique—si les tensions augmentent avec les États-Unis ou la Chine, l’Europe ne veut pas que son système de paiement soit pris en otage.
Plus de contexte : Les régulateurs de l’UE renforcent les règles de cybersécurité, mettent en garde contre la fraude crypto dans le dernier rapport
Renforcer la position mondiale de l’euro est également important. Le dollar domine toujours les transactions internationales, et les monnaies numériques d’autres pays pourraient éroder la pertinence de l’euro si l’Europe ne bouge pas rapidement. La BCE voit l’euro numérique comme un moyen de maintenir la compétitivité de la monnaie dans un monde où l’argent devient numérique que les banques centrales le veuillent ou non.
Pour l’instant, la BCE n’a pas verrouillé tous les détails. Les travaux de recherche et développement se poursuivent, sans date de lancement ferme fixée. Mais le choix des normes ouvertes marque une avancée claire. La banque centrale a déclaré qu’elle continuerait à travailler avec les autorités nationales et les acteurs de l’industrie pour bien maîtriser l’aspect technique.
Ce qui Attend les Paiements Européens
Le choix de la BCE prépare un affrontement sur le contrôle des paiements numériques en Europe. Visa et Mastercard ne disparaîtront pas du jour au lendemain—elles traitent encore des milliards de transactions à travers le continent chaque année. Mais l’euro numérique offre aux institutions européennes une véritable alternative, qui ne nécessite pas de payer des frais aux entreprises américaines ou de suivre leurs règles.
Les institutions financières de l’UE devront collaborer étroitement à mesure que le projet avance. La BCE veut que l’euro numérique fonctionne sans accroc, quel que soit le pays où vous vous trouvez ou la banque que vous utilisez. Cela signifie que les banques centrales nationales et les régulateurs doivent s’accorder sur les normes et l’application. C’est le genre de coordination avec lequel l’UE a parfois du mal, mais la BCE pense que l’effort en vaut la peine.
Les entreprises technologiques joueront également un rôle important. La BCE ne peut pas construire l’euro numérique seule—elle a besoin d’entreprises capables de gérer les logiciels, la sécurité et les interfaces utilisateur. Les startups fintech européennes pourraient enfin avoir une chance de rivaliser avec les géants de la Silicon Valley si les normes ouvertes de la BCE créent des opportunités d’innovation.
Ce mouvement s’inscrit dans les objectifs plus larges de l’UE en matière de souveraineté numérique. Bruxelles pousse depuis des années pour réduire la dépendance européenne vis-à-vis des technologies américaines et chinoises. L’euro numérique est un élément de ce puzzle, avec les règles sur les centres de données, les réglementations sur le cloud computing et les normes d’IA. En gardant l’infrastructure de paiement européenne, la BCE espère donner au continent plus de contrôle sur son avenir économique.
La confidentialité et la protection des données seront des arguments de vente majeurs. Les citoyens de l’UE sont plus sceptiques face à la surveillance et à la collecte de données que les personnes dans d’autres régions, et la BCE sait qu’elle doit gagner la confiance du public. Si l’euro numérique peut offrir une meilleure confidentialité que les cartes de crédit ou les applications de paiement, cela pourrait convaincre les gens de l’utiliser réellement.
D’autres régions observent de près. La Chine teste déjà un yuan numérique, et la Réserve fédérale américaine étudie un dollar numérique. La décision de la BCE de construire un système régional avec des normes ouvertes pourrait devenir un modèle pour d’autres banques centrales qui veulent éviter la dépendance aux réseaux de paiement mondiaux. Si cela fonctionne, attendez-vous à ce que d’autres pays copient l’approche.
La BCE parie que les entreprises européennes peuvent construire un système de paiement sécurisé, privé et compétitif sans que Visa ou Mastercard ne dictent les règles. Que ce pari soit gagnant dépend de l’exécution—les problèmes techniques, les querelles politiques ou la résistance des utilisateurs pourraient tous faire dérailler le projet. Mais la banque centrale a fait son choix, et les géants américains du paiement sont exclus.
Questions Fréquentes
Pourquoi la BCE a-t-elle exclu Visa et Mastercard de l’euro numérique ?
La BCE veut construire un système de paiement qui s’aligne sur les réglementations et les normes de confidentialité de l’UE, réduisant la dépendance aux processeurs de paiement américains et gardant le contrôle entre les mains européennes.
Quand l’euro numérique sera-t-il lancé ?
La BCE n’a pas encore fixé de date de lancement spécifique et poursuit les travaux de recherche et développement avec les banques centrales nationales et les participants de l’industrie à travers l’Europe.





