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Neel Kashkari frappe fort. Le patron de la Fed de Minneapolis a descendu en flammes les cryptomonnaies hier lors d’un discours à Fargo, Dakota du Nord.
« Les cryptos existent depuis plus d’une décennie et sont totalement inutiles », a-t-il lâché devant l’audience du Midwest Economic Outlook Summit de 2026. Kashkari n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit d’actifs numériques. Il compare Bitcoin et consorts aux outils d’IA, qui eux ont une vraie utilité quotidienne pour les consommateurs et entreprises. Pas de cadeau non plus pour les stablecoins. « Je peux vous envoyer 5 dollars avec Venmo, PayPal ou Zelle », dit-il lors des questions-réponses. « Alors, que peut donc faire ce stablecoin magique ? »
Pas grand-chose, visiblement.
Les défenseurs des stablecoins parlent de transferts transfrontaliers plus rapides et moins chers. Kashkari n’achète pas l’argument. Il rappelle qu’il faut encore convertir ces tokens en monnaie locale, ce qui crée des frictions et coûts supplémentaires. Pour lui, les partisans n’ont pas encore présenté un cas d’utilisation convaincant pour les consommateurs américains. Le message est clair : montrez-moi l’utilité concrète, pas les promesses marketing.
Et Kashkari n’oublie pas de tacler Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, qui avait critiqué une étude de la Fed de New York sur les tarifs douaniers.
« Une tentative de plus de compromettre l’indépendance de la Fed », balance le président de Minneapolis. Il fait référence à plusieurs incidents récents, dont une assignation du Département de la Justice en décembre concernant les dépenses de construction du Conseil des gouverneurs. « Au cours de l’année passée, nous avons vu plusieurs tentatives pour compromettre l’indépendance de la Fed », ajoute-t-il. Pour Kashkari, l’indépendance des banques centrales reste essentielle pour une politique monétaire efficace. « Toutes les économies avancées du monde ont une banque centrale indépendante », rappelle-t-il.
Sur l’économie, les nouvelles sont plutôt bonnes. L’inflation a chuté pour atteindre entre 2,5% et 3%, tandis que le chômage est passé d’environ 3,5% à 4,3%. La Fed est « presque neutre » après avoir réduit les taux d’intérêt à plusieurs reprises ces deux dernières années. Cela fait suite à Bitcoin Chute à 60.000 Dollars Après.
Mais revenons aux cryptos.
En novembre dernier, Kashkari avait déjà sorti l’artillerie lourde en comparant le secteur à la bulle des Beanie Babies des années 1990. Sur CNN, il s’était montré plus confiant dans l’utilité de l’IA, qui selon lui apporte une réelle valeur économique. Les cryptos ? Toujours pas d’objectif convaincant. Il remet en question l’utilisation quotidienne des actifs numériques aux États-Unis. L’application principale qu’il entend concerne le contournement des réglementations bancaires comme les règles de connaissance du client et de lutte contre le blanchiment d’argent. Une utilisation qu’il qualifie de « médiocre » pour un décideur de la Réserve fédérale.
Kashkari n’a pas fourni de perspective sur de futures interventions.
En janvier 2026, même discours lors d’une conférence à Chicago : le marché des cryptomonnaies était un « casino géant ». La volatilité extrême des prix rend les cryptomonnaies impraticables comme moyen de paiement fiable, selon lui. Cette caractéristique réduit davantage leur attrait pour les consommateurs et entreprises. Lors d’une interview CNBC en décembre, Kashkari avait critiqué la spéculation excessive entourant les cryptomonnaies. L’absence de régulation adéquate amplifie les risques pour les investisseurs non avertis. « Les gens pensent qu’ils vont devenir riches rapidement, mais la réalité est souvent différente », avait-il dit. Voir aussi : Le dollar reste fort après la.
En marge du sommet de Fargo, plusieurs participants ont exprimé des préoccupations similaires. John Williams, président de la Fed de New York, fait écho aux commentaires de Kashkari. Les cryptomonnaies n’ont pas encore prouvé leur capacité à offrir une stabilité financière. « La sécurité et la stabilité sont essentielles pour une adoption plus large », dit Williams.
Kashkari a mentionné que la Fed continue de surveiller l’évolution du secteur des cryptomonnaies. Il reste sceptique mais la banque centrale reste ouverte à l’exploration de technologies sous-jacentes comme la blockchain, uniquement si elles peuvent apporter une valeur ajoutée tangible. Aucune décision sur un éventuel développement n’a été annoncée pour l’instant.
L’industrie crypto ne reste pas silencieuse face à ces attaques répétées. Coinbase et Ripple ont multiplié les rapports montrant une adoption croissante des stablecoins pour les paiements internationaux, particulièrement en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Circle, l’émetteur d’USDC, revendique plus de 190 milliards de dollars de volume de transactions mensuelles, principalement pour des transferts commerciaux.
D’autres responsables de la Fed adoptent une approche plus nuancée. Michelle Bowman, gouverneure du conseil d’administration, avait reconnu en octobre dernier le potentiel des actifs numériques pour l’inclusion financière. Jerome Powell lui-même évite généralement les déclarations aussi tranchées que celles de Kashkari, préférant évoquer les « défis réglementaires » plutôt que l’inutilité totale.





