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Le 8 décembre 2025, Bitcoin For Corporations (BFC) a officiellement contesté une proposition de MSCI visant à exclure les entreprises des indices mondiaux si leurs actifs numériques représentent 50 % ou plus de leurs actifs totaux. Ce seuil pourrait avoir un impact important sur plusieurs sociétés dont l’activité principale implique la gestion de trésoreries numériques.
Selon BFC, cette proposition pourrait fausser la classification des entreprises en se basant plus sur la composition de leur bilan que sur leurs activités génératrices de revenus. L’organisation, dirigée par George Mekhail, critique une approche qui privilégie les avoirs en actifs plutôt que les opérations réelles des entreprises. Mekhail insiste sur le fait que la décision d’une trésorerie approuvée par les actionnaires ne devrait pas redéfinir la nature fondamentale d’une entreprise.
Trois principaux problèmes structurels ont été soulevés par la coalition. Premièrement, la proposition redéfinit l’activité principale des entreprises sur la base de la composition de leurs actifs plutôt que de leurs opérations. Deuxièmement, elle cible spécifiquement les actifs numériques alors que d’autres classes d’actifs ne sont pas soumises aux mêmes critères. Enfin, l’inclusion dans les indices serait liée aux prix de marché volatils des actifs numériques, entraînant des changements imprévisibles dans la composition des indices.
Le BFC a averti que cette proposition pourrait engendrer des sorties de fonds passifs, augmenter les coûts du capital et accroître la volatilité des entreprises, des impacts qui ne seraient aucunement liés à leur performance opérationnelle. Pour éviter ces conséquences, la coalition a exhorté MSCI à retirer ce seuil, à maintenir une classification basée sur les opérations des entreprises, à garantir la neutralité des classes d’actifs et à collaborer avec les acteurs du marché pour élaborer un cadre aligné sur les réalités commerciales.
Strive Asset Management, cofondé par Vivek Ramaswamy, partage cette préoccupation. Dans une lettre adressée à Henry Fernandez, PDG de MSCI, Strive a mis en avant les risques d’incohérences dues aux différences de normes comptables entre le GAAP américain et les IFRS. Strive, qui détient plus de 7 500 BTC, considère que la règle des 50 % est injustifiée et peu pratique. Ses dirigeants soulignent que de nombreuses entreprises possédant des trésoreries en Bitcoin sont actives dans des secteurs tels que les centres de données d’intelligence artificielle, la finance structurée et l’infrastructure cloud.
En comparaison, les entreprises énergétiques avec de vastes réserves de pétrole ou les sociétés minières d’or ne sont pas exclues des indices. Strive met également en garde contre la volatilité du marché, l’exposition aux dérivés et les différences comptables qui pourraient rendre l’inclusion dans les indices imprévisible. Des règles strictes pourraient pousser l’innovation vers l’étranger, accordant ainsi un avantage concurrentiel aux entreprises internationales.
La décision finale de MSCI est attendue pour le 15 janvier 2026. L’intervention de Strive renforce l’appel général de l’industrie à une classification basée sur les opérations, à la neutralité des classes d’actifs et à un traitement équitable des entreprises détenant des réserves importantes de Bitcoin.
Parmi les entreprises potentiellement les plus touchées figure Strategy, une société technologique renommée pour son approche audacieuse en matière de réserves de Bitcoin. Michael Saylor, président de Strategy, a récemment exprimé ses préoccupations quant à l’exclusion possible de la société des grands indices boursiers. Strategy, loin d’être simplement une société de portefeuille, dispose d’une division logicielle de 500 millions de dollars et d’un programme de crédit adossé au Bitcoin de 7,7 milliards de dollars.
Saylor insiste sur le fait que Strategy crée, structure et gère des produits financiers tels que Stretch, un instrument de crédit adossé au Bitcoin, plutôt que de détenir passivement des actifs. Un risque potentiel pour MSCI serait de voir les entreprises affectées se tourner vers des marchés moins restrictifs, ce qui pourrait affaiblir la position de MSCI sur la scène mondiale.
Historiquement, l’inclusion dans les indices boursiers a joué un rôle crucial dans l’accès des entreprises aux capitaux et aux investisseurs. Aux États-Unis, où les actifs numériques gagnent en popularité, la proposition de MSCI soulève des questions sur l’équilibre entre innovation financière et stabilité économique. Les exemples d’autres marchés, comme ceux de l’Asie, montrent que l’ouverture aux actifs numériques peut stimuler la croissance économique tout en présentant des risques de volatilité accrus.
Enfin, bien que certaines parties concernées considèrent cette proposition comme nécessaire pour protéger les investisseurs des fluctuations du marché, d’autres avertissent qu’elle pourrait étouffer l’innovation et pénaliser inutilement des entreprises performantes. Les débats autour de cette question reflètent la tension croissante entre réglementation et innovation dans le domaine des actifs numériques.




