Scott Bessent a tranché net. Pas question d’utiliser l’argent public pour sauver Bitcoin.
Le secrétaire au Trésor s’est fait interroger mercredi matin par le représentant Brad Sherman devant le Comité des services financiers de la Chambre. L’audience portait sur le rapport annuel du Conseil de surveillance de la stabilité financière et ses risques économiques émergents. Sherman a évoqué la crise de 2008, rappelant comment les renflouements ont protégé les grosses institutions lors des krachs. Il voulait savoir si le Trésor pourrait faire pareil pour Bitcoin – diriger les banques vers l’achat de BTC ou changer les règles bancaires pour pousser la détention crypto. Bessent n’a pas tourné autour du pot dans sa réponse.
« Je n’ai pas l’autorité pour cela. »
Le secrétaire au Trésor a dit clairement qu’il n’avait aucun pouvoir pour ordonner aux banques d’investir dans Bitcoin. Ni le Trésor ni son rôle de président du Conseil de surveillance ne permettent d’allouer des fonds publics aux cryptos. Bessent a précisé que l’exposition actuelle du gouvernement au BTC vient uniquement des saisies judiciaires, pas de décisions d’investissement. « Nous conservons le bitcoin saisi », a-t-il dit. « C’est un actif des États-Unis. »
L’exemple qu’il a donné fait réfléchir. Environ 500 millions de dollars en BTC saisis ont dépassé 15 milliards de dollars en valeur. Le potentiel d’appréciation du bitcoin, Bessent l’a souligné sans détour. L’échange s’est coupé net quand le président a interrompu Sherman après l’expiration de son temps de parole.
Plus tôt cette année, Bessent avait annoncé une position claire : les États-Unis cesseront de vendre le BTC saisi. Au Forum économique mondial de Davos, il a présenté cette mesure comme un effort pour ramener l’innovation numérique aux États-Unis. Les commentaires concernaient des saisies liées aux affaires Tornado Cash et Samourai Wallet. Sans discuter les litiges en cours, Bessent a insisté : le BTC saisi sera conservé par le gouvernement fédéral une fois les dommages légaux résolus.
Le décret exécutif 14233 l’exige d’ailleurs.
Toute vente de BTC contredirait ce décret qui demande que le bitcoin confisqué soit conservé dans la Réserve stratégique de Bitcoin des États-Unis. Pas de liquidation. Elizabeth Warren, la sénatrice connue pour critiquer les cryptos, a récemment dit lors d’une conférence à New York que les actifs numériques posaient un risque systémique pour le système financier américain. Les législateurs cherchent à comprendre l’impact des cryptomonnaies sur la stabilité économique.
Le Département de la Justice continue ses enquêtes sur les plateformes d’échange suspectes d’activités illicites. En janvier, des poursuites ont visé plusieurs entités pour blanchiment d’argent. Le gouvernement renforce clairement la surveillance réglementaire dans ce secteur. Le marché Bitcoin a connu une volatilité accrue récemment, avec des fluctuations dépassant 10% en une journée. Cette instabilité alimente les discussions sur une réglementation plus stricte pour protéger les investisseurs.
Le prix oscillait autour de 42 000 dollars début février. Résilience malgré les incertitudes réglementaires.
La Réserve fédérale a annoncé qu’elle examinerait plus attentivement les implications des cryptomonnaies sur la politique monétaire lors de sa prochaine réunion. Jerome Powell, le président de la Fed, n’a pas encore pris de position ferme mais a souligné l’importance de comprendre les innovations financières qui pourraient affecter les instruments traditionnels. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, a exprimé ses préoccupations lors d’une conférence sur la finance à San Francisco. Il craint que l’instabilité des cryptomonnaies ait des répercussions sur le système financier traditionnel si elles ne sont pas gérées correctement.
Le 28 janvier, la SEC a publié un rapport mettant en garde contre l’utilisation de cryptomonnaies dans des opérations financières non réglementées. Le rapport souligne l’importance de la transparence et de la conformité dans les transactions impliquant des actifs numériques. Bessent avait d’ailleurs souligné ce point lors de son témoignage devant le Comité. Le Département du Trésor a annoncé le 15 janvier une initiative pour former des partenariats avec des entreprises technologiques. L’objectif : renforcer la sécurité des transactions crypto et prévenir les cyberattaques qui pourraient toucher les fonds publics retenus sous forme de bitcoins saisis.
Emily Katz, secrétaire adjointe au Trésor, a précisé lors d’une réunion avec des leaders du secteur financier le 2 février que toute décision concernant l’usage des fonds publics pour les cryptomonnaies nécessiterait l’approbation du Congrès. Elle a souligné les limitations actuelles du Trésor en matière de gestion des actifs numériques. Les règles sont claires et Bessent les respecte. Pas de renflouement Bitcoin avec l’argent des contribuables américains.
Le gouvernement américain détient actuellement environ 200 000 bitcoins, ce qui en fait l’un des plus gros détenteurs institutionnels au monde. Ces avoirs proviennent principalement des saisies effectuées lors des affaires Silk Road, Bitfinex et plus récemment des plateformes de mixage controversées. La valeur de ce portefeuille fluctue quotidiennement avec les mouvements du marché crypto, créant une situation inédite où les finances publiques sont indirectement exposées à la volatilité des actifs numériques.
L’industrie crypto surveille de près les décisions du Trésor concernant ces bitcoins saisis. Michael Saylor, PDG de MicroStrategy et fervent défenseur du Bitcoin, a publiquement encouragé le gouvernement à conserver ses avoirs plutôt que de les liquider sur le marché. Les ventes gouvernementales passées ont souvent provoqué des chutes de prix temporaires, créant des opportunités d’achat pour les investisseurs privés mais perturbant l’équilibre du marché.
Recevez les dernières actualités crypto et blockchain directement dans votre boîte mail.