Lee Eog-weon veut brider les gros propriétaires. Le président de la Commission des services financiers sud-coréenne a dit mercredi qu’il faut limiter les parts des principaux actionnaires dans les plateformes crypto.
Pourquoi maintenant ? Le gouvernement durcit sa réglementation crypto depuis des mois. Les règles anti-blanchiment vont s’étendre, y compris la règle de voyage crypto pour les transferts sous 680 dollars. En juillet 2025, la loi sur la protection des utilisateurs d’actifs virtuels est entrée en vigueur. Elle interdit le délit d’initié, la manipulation de marché et les échanges illégaux. Mais c’est pas suffisant pour Lee. Les échanges prennent trop de place dans le public pour rester des entreprises privées classiques.
Pas de détails précis encore.
La FSC vise une limite entre 15% et 20% sur les parts des actionnaires contrôlants. Le secteur résiste dur, le Parti démocrate au pouvoir s’inquiète aussi. Mais Lee pousse pour inclure ça dans le projet de loi sur les actifs numériques, considéré comme la deuxième phase de la législation crypto du pays. « La concentration excessive de la propriété pourrait accroître le risque de conflits d’intérêts », dit-il. Les échanges de valeurs mobilières ont déjà des limites similaires, alors pourquoi pas les plateformes crypto ?
Le conseil commun des échanges domestiques gueule. Upbit, Bithumb et Coinone avertissent que ça va freiner le développement du secteur. Chez Upbit, le président Song Chi-hyung et ses associés détiennent plus de 28% des actions. Pire : le fondateur de Coinone, Cha Myung-hoon, contrôle environ 53%. Ils vont devoir vendre ou diluer leurs parts.
Les négociations continuent avec l’Assemblée nationale. Lee dit que les consultations avec les ministères concernés vont se poursuivre pour faire avancer le projet sans retards inutiles. La prochaine étape reste l’approbation législative, mais les résistances sont fortes.
Et les échanges crypto deviennent des infrastructures d’importance publique selon Lee. Plus question de les traiter comme des entreprises privées normales. Les règles actuelles se concentrent principalement sur la lutte contre le blanchiment d’argent, mais ça suffit plus. Il faut des normes de gouvernance plus strictes pour garantir la transparence et protéger les investisseurs. Une révision législative complète s’impose.
Cha Myung-hoon a exprimé ses craintes le 28 janvier 2026 lors d’une conférence de presse. « La mise en œuvre de ces limitations pourrait freiner l’innovation et la compétitivité des plateformes sud-coréennes sur le marché mondial », dit-il. Coinone va probablement devoir réduire ses parts de manière significative. Pas le choix.
Le Korea Times révèle le 28 janvier que des discussions intensives sont en cours entre le gouvernement et les principaux acteurs du secteur. L’objectif : éviter les perturbations sur le marché tout en renforçant la régulation. Mais c’est compliqué. Certains acteurs majeurs du secteur n’ont toujours pas commenté, ce qui laisse entrevoir des négociations complexes à venir.
Lee reste ferme sur la nécessité de ces mesures lors d’une réunion avec les représentants des plateformes le 28 janvier 2026. La FSC vise à finaliser les détails du projet de loi d’ici la fin du premier trimestre 2026 pour le soumettre au vote parlementaire sans délai. « Le renforcement des règles de gouvernance est essentiel pour protéger les investisseurs et maintenir la confiance du public », insiste-t-il.
Un porte-parole de la FSC précise que des consultations avec des experts juridiques et financiers sont en cours. But : s’assurer que la législation respecte les standards internationaux et éviter les déséquilibres concurrentiels entre juridictions. Pas simple quand chaque pays a ses propres règles crypto.
Upbit s’inquiète de l’impact sur les investissements étrangers. Un porte-parole craint que la part de marché des échanges sud-coréens soit menacée si des investisseurs clés retirent leurs capitaux à cause des nouvelles limites de propriété. Coinone évalue ses options stratégiques en réponse à la législation proposée. Cha dit que l’entreprise est prête à ajuster sa structure de propriété pour se conformer, tout en cherchant à maintenir sa position de leader. Reste à voir comment ils vont s’y prendre concrètement.
L’industrie crypto sud-coréenne pèse lourd dans l’économie nationale. Les volumes de trading quotidiens des principales plateformes atteignent régulièrement plusieurs milliards de dollars, rivalisant parfois avec les bourses traditionnelles du pays. Upbit à elle seule traite environ 40% du volume crypto domestique, tandis que Bithumb et Coinone se partagent une part substantielle du marché restant. Cette concentration inquiète les régulateurs qui voient des risques systémiques grandir.
D’autres pays asiatiques observent attentivement les développements sud-coréens. Le Japon a déjà mis en place des règles strictes sur la gouvernance des échanges crypto après les scandales Mt. Gox et Coincheck. Singapour impose également des exigences de capital et de transparence accrues. La Corée du Sud, longtemps perçue comme un marché crypto permissif, rattrape son retard réglementaire. Les investisseurs institutionnels internationaux surveillent ces évolutions, car elles pourraient influencer leurs stratégies d’allocation dans la région.
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