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La Banque d’Angleterre a gardé ses taux inchangés jeudi. Surprise totale.
Andrew Bailey, le gouverneur, dit que les incertitudes économiques justifient cette prudence. Depuis des semaines, les analystes pariaient sur une hausse pour freiner l’inflation qui ronge le pouvoir d’achat britannique. Mais non. La banque centrale a préféré attendre. Les marchés s’attendaient vraiment à du mouvement, surtout avec l’inflation qui reste collante autour de 4%. Bailey et son équipe ont visiblement choisi la sécurité plutôt que l’action directe.
La livre a plongé direct.
Face au dollar, elle est passée de 1,38 USD la veille à 1,36 USD vers midi. Les traders ont vendu massivement dès l’annonce. La réaction montre que le marché voulait du sang, une vraie politique agressive contre l’inflation. Mais la BoE n’a pas bougé. Résultat : déception et chute de la monnaie britannique qui traîne déjà depuis des mois.
Les économistes se disputent sur cette décision. Certains y voient une chance pour la consommation – pas de hausse des coûts d’emprunt, donc les ménages peuvent encore respirer un peu. D’autres flippent complètement. Pour eux, c’est un signal faible qui va plomber la crédibilité de la banque centrale. « Comment on peut lutter contre l’inflation sans agir ? » se demande un analyste de Deutsche Bank. La BoE se défend en disant qu’elle surveille « attentivement » les indicateurs. Pas très rassurant.
Fébrilité totale sur les marchés.
Les investisseurs fixent déjà mars, date de la prochaine réunion du comité de politique monétaire. D’ici là, chaque chiffre économique va être disséqué. L’inflation reste haute, elle bouffe le pouvoir d’achat des Britanniques qui galèrent déjà avec les prix de l’énergie et de l’alimentation. La banque centrale joue avec le feu.
Le gouvernement Sunak fait bonne figure. Rishi Sunak dit avoir « confiance » dans la capacité de la BoE à gérer inflation et croissance en même temps. Facile à dire quand c’est pas toi qui prends les décisions. L’économie britannique rame avec un marché du travail tendu – pas assez de bras, trop de postes – et une croissance qui fait du surplace. Les marges de manœuvre sont minces. Et le Brexit continue de créer des frictions commerciales que personne n’ose vraiment mentionner.
Les fonds internationaux réévaluent leurs positions britanniques.
Plusieurs gestionnaires d’actifs regardent déjà vers des monnaies plus stables. La volatilité de la livre pourrait durer tant que la BoE reste floue sur sa stratégie. Un trader de JPMorgan confie : « On ne sait plus sur quel pied danser avec eux. »
La Banque d’Angleterre refuse de commenter ses prochains mouvements. Classique. Un porte-parole a botté en touche quand on lui a demandé des précisions sur d’éventuels ajustements futurs. Mars sera crucial, c’est sûr. Les analystes cherchent des indices partout. La décision de février laisse tout le monde sur sa faim.
Le FTSE 100 a un peu monté après l’annonce. Les investisseurs voient peut-être du positif dans cette stabilité des taux, au moins à court terme. Mais c’est fragile. Les prochains indicateurs économiques vont tout changer, dans un sens ou dans l’autre. Barclays et HSBC ont vu leurs actions bouger – d’abord en hausse, puis en baisse. Les banques britanniques ne savent plus trop où elles en sont.
Morgan Stanley pense que ces établissements peuvent profiter de la stabilité des taux pour l’instant. Mais si la BoE finit par bouger brutalement plus tard, leurs marges vont morfler. Le marché obligataire britannique a aussi réagi. Les rendements des obligations d’État à 10 ans ont baissé vers 3,5%. Les investisseurs anticipent que la banque centrale va rester prudente encore un moment.
L’euro a grimpé face à la livre. 0,88 GBP en fin de journée. Les cambistes voient la zone euro comme plus stable que le Royaume-Uni en ce moment. Pas forcément faux vu les turbulences britanniques.
Le marché immobilier britannique respire un peu. Knight Frank avait publié un rapport le 5 février : une hausse des taux aurait refroidi un secteur déjà sous pression. Avec des taux stables, les acheteurs gardent des conditions de financement correctes. Pour combien de temps ?
Les exportateurs britanniques surveillent la livre de près. Rolls-Royce dit qu’une monnaie faible peut aider à l’export. Mais les fluctuations constantes compliquent la planification. « On ne peut pas budgéter sur du vent », confie un responsable.
Goldman Sachs pense que la BoE va devoir bouger si l’inflation ne ralentit pas. Les chiffres du 14 février seront déterminants. Bailey et son équipe jouent la montre, mais le temps presse.
Les syndicats britanniques ont immédiatement réagi à l’annonce. Unite et GMB saluent cette décision qui évite d’aggraver la pression sur les salaires déjà érodés par l’inflation. Mais TUC, la confédération syndicale, reste sceptique sur la capacité de la BoE à contenir les prix sans action ferme.
L’industrie manufacturière britannique traverse une période délicate avec des coûts énergétiques qui flambent depuis 18 mois. Les PMI manufacturiers stagnent autour de 47 points, bien en dessous du seuil de croissance de 50. Une hausse des taux aurait pu porter le coup de grâce à des secteurs comme l’automobile ou la chimie qui peinent déjà à rester compétitifs face à leurs concurrents européens.





