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L’ESMA a tranché. Polymarket et Kalshi opèrent illégalement en Europe — pas d’agrément, pas de passeport financier, et des volumes qui donnent le vertige.
Le régulateur européen des marchés financiers a dit clairement que les deux plateformes de marché de prédiction ne disposent d’aucune autorisation valable pour vendre leurs contrats dans l’Union européenne. Pour l’ESMA, ces contrats sont des produits dérivés financiers à part entière. Pas des jeux. Pas des paris sportifs. Des instruments financiers soumis aux mêmes règles que n’importe quel produit structuré vendu à des investisseurs de détail. Et sans licence, c’est terminé — ou ça devrait l’être.
Vingt milliards. En trois mois.
Des Volumes qui Explosent depuis 2024
Le rapport de l’ESMA pointe une montée en puissance du secteur directement liée à l’élection présidentielle américaine de 2024. Les chiffres du quatrième trimestre 2025 parlent d’eux-mêmes : Polymarket a généré 12 milliards de dollars de volume, Kalshi 8,8 milliards. Total sur le trimestre : 20,8 milliards. C’est pas un marché de niche. C’est un marché qui pèse autant que certaines bourses régionales européennes sur une période équivalente.
Et c’est précisément ça qui a mis l’ESMA en alerte.
Le problème, c’est que la régulation ne suit pas. Chaque contrat proposé sur ces plateformes — qu’il porte sur une élection, un événement sportif, un indicateur économique ou un mouvement de marché crypto — peut avoir un statut juridique différent selon le pays de l’utilisateur, la technologie utilisée et la nature du sous-jacent. Il n’existe pas de passeport unique en Europe qui couvre toutes ces formes de contrats événementiels d’un seul coup. Donc chaque contrat doit être évalué individuellement avant d’être commercialisé. C’est la position de l’ESMA, et elle ne bouge pas là-dessus.
Pas de solution simple. Pas de raccourci.
France, Espagne, Suisse : les Blocages se Multiplient
La France n’a pas attendu le rapport européen pour agir. En juillet 2026, Paris a ordonné le blocage pur et simple de l’accès à Polymarket sur son territoire. L’Espagne avait déjà imposé des restrictions temporaires aux deux plateformes dès mai, invoquant l’absence de licences de jeu. Des mesures du même genre ont suivi en Suisse, en Pologne, en Belgique et au Portugal.
Ça fait beaucoup de pays. Et ça fait beaucoup de marchés coupés.
Pour Polymarket et Kalshi, chaque restriction nationale représente un problème distinct à régler. Parce que la fragmentation réglementaire européenne, c’est précisément ça : pas de règle unique, pas de guichet central. Chaque pays a ses propres lois, ses propres exigences en matière de licences, ses propres seuils de tolérance. Les plateformes doivent donc potentiellement adapter leur offre, leur modèle d’affaires et leurs contrôles pays par pays. C’est lent. C’est coûteux. Et probablement sous-estimé par les équipes dirigeantes qui ont construit ces produits pour un marché mondial sans frontières.
L’ESMA va plus loin encore. Elle demande aux plateformes de renforcer leurs contrôles d’identité et leur surveillance des opérations pour se conformer aux spécificités locales. Pas juste obtenir une licence générique — vraiment adapter les pratiques aux particularités culturelles et économiques de chaque marché national. C’est une exigence lourde pour des plateformes qui fonctionnent sur des protocoles largement automatisés.
Le Risque Crypto dans Tout Ça
L’ESMA ne se limite pas aux marchés de prédiction dans son analyse. Le régulateur pointe aussi les risques de bulle liés aux investissements massifs financés à crédit dans l’intelligence artificielle par les grands groupes technologiques. L’idée : si ces investissements se retournent, les investisseurs pourraient liquider leurs actifs en cascade — y compris leurs positions crypto. C’est un signal d’alarme indirect pour l’ensemble de l’écosystème numérique, pas seulement pour Polymarket ou Kalshi.
Et c’est là que la situation devient plus large que deux plateformes sans licence.
Les restrictions européennes sur les marchés de prédiction touchent indirectement des protocoles décentralisés qui opèrent sur des logiques similaires. Polymarket, notamment, tourne sur la blockchain Polygon. Si les régulateurs commencent à traiter les contrats on-chain comme des dérivés financiers — ce que l’ESMA semble prêt à faire — les implications pour d’autres protocoles de finance décentralisée pourraient être significatives. Pas clair encore jusqu’où ça va aller. Mais la direction est nette.
Pour Polymarket et Kalshi, l’enjeu immédiat reste de prouver que leurs opérations respectent les réglementations de chaque pays européen qu’elles desservent. Sans ça, leur expansion sur le continent reste bloquée. Et avec 20,8 milliards de dollars de volume sur un seul trimestre, c’est beaucoup de revenus potentiels laissés sur la table.
L’ESMA continue de surveiller le secteur et travaille à des directives plus précises — mais pour l’instant, Kalshi et Polymarket naviguent dans un vide juridique qui leur coûte des marchés entiers.
Questions Fréquentes
Quels volumes ont enregistré Polymarket et Kalshi au quatrième trimestre 2025?
Polymarket a atteint 12 milliards de dollars de volume et Kalshi 8,8 milliards, soit un total combiné de 20,8 milliards de dollars sur ce seul trimestre.
Pourquoi l’ESMA bloque-t-elle Polymarket et Kalshi en Europe?
L’ESMA considère que les contrats proposés par ces plateformes sont des produits dérivés financiers, et ni Polymarket ni Kalshi ne disposent de l’agrément requis pour les commercialiser dans l’Union européenne.
Quels pays européens ont déjà imposé des restrictions à ces plateformes?
La France a bloqué Polymarket en juillet 2026. L’Espagne a imposé des restrictions temporaires aux deux plateformes en mai. La Suisse, la Pologne, la Belgique et le Portugal ont pris des mesures similaires.
Pourquoi c'est important
L'interdiction de l'ESMA à l'encontre de Polymarket et Kalshi souligne la rigueur croissante des régulateurs européens face à l'essor des marchés de prédiction, qui soulèvent des questions complexes sur la définition des produits financiers. En considérant ces plateformes comme des instruments dérivés, l'ESMA établit un précédent qui pourrait influencer la manière dont d'autres acteurs du secteur crypto et des services financiers en ligne sont régulés à l'avenir. Cette décision pourrait également inciter les investisseurs à reconsidérer les risques associés à ces marchés non régulés, accentuant l'importance d'une réglementation claire et cohérente dans l'Union européenne.
