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Trois. Sur cinquante. C’est le bilan brutal du règlement MiCA pour les stablecoins en Europe — un texte en vigueur depuis fin 2024 qui, en théorie, devait assainir le marché. En pratique, l’USDC et l’EURC de Circle, plus l’USDG de Paxos, sont les seuls parmi les 50 plus grandes capitalisations à cocher toutes les cases. Le reste ? Pas conforme. Pas autorisé à opérer normalement dans l’Union européenne.
C’est peu. Vraiment peu.
MiCA sur le papier, le vide dans les faits
Le règlement MiCA — Markets in Crypto-Assets — fixe des règles dures : réserves obligatoires, garantie de remboursement pour les détenteurs, exigences de fonds propres, lutte anti-blanchiment. En gros, les stablecoins doivent se comporter un peu comme des institutions financières classiques. L’idée, c’est de protéger les utilisateurs contre les risques d’un actif qui prétend être stable mais qui, sans cadre, peut s’effondrer du jour au lendemain. Des acteurs européens ont commencé à bouger. Société Générale-Forge propose déjà des solutions conformes — l’EURCV adossé à l’euro, l’USDC adossé au dollar. Et en juillet, Caceis, filiale du Crédit Agricole, a lancé l’EURXT, son propre stablecoin en euros. Mais ces initiatives restent marginales face à l’ampleur du marché mondial. La grande majorité des stablecoins dominants — ceux que les traders et les plateformes utilisent au quotidien — ne répondent toujours pas aux critères MiCA. Résultat : les utilisateurs européens se retrouvent avec des options conformes très limitées.
Pas idéal pour un marché censé grandir.
Du côté des exchanges, GOin et Coinhouse ont obtenu l’agrément d’établissement de paiement délivré par l’ACPR, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution. Cet agrément leur permet de vendre des stablecoins conformes MiCA sur le territoire français. C’est une étape, probablement nécessaire, mais c’est loin d’être suffisant pour changer la donne à l’échelle européenne. L’agrément de paiement n’est qu’une pièce du puzzle — les émetteurs eux-mêmes doivent se conformer, et c’est là que ça coince.
Le dollar écrase tout, l’euro à 0,25%
Les stablecoins en dollars dominent le marché mondial. L’USDT de Tether et l’USDC de Circle, c’est l’essentiel des volumes. Les stablecoins libellés en euros, eux, représentent à peine 0,25% du marché mondial. Pas 25%. Pas 2,5%. 0,25%. C’est presque rien. Et c’est un problème structurel pour l’Europe : même si MiCA crée un cadre solide, la demande pour des stablecoins en euros reste très faible comparée à celle pour des stablecoins en dollars. Les utilisateurs vont là où y a de la liquidité, et la liquidité est en dollars.
Ça change vite, mais pas encore assez vite.
Les stablecoins, en général, servent à ça : permettre des paiements rapides, peu coûteux, sans subir les fluctuations violentes du Bitcoin ou de l’Ethereum. Pour un trader qui veut sortir d’une position à 3h du matin sans passer par une banque, c’est pratique. Pour une entreprise qui veut payer un fournisseur à l’international sans frais de change, c’est utile. Mais tout ça fonctionne surtout avec des stablecoins en dollars, pas en euros. Et les émetteurs européens peinent à convaincre les utilisateurs de changer leurs habitudes.
La conformité MiCA coûte cher. Audits, réserves immobilisées, équipes juridiques, reporting régulier — les petits émetteurs n’ont pas forcément les ressources pour tout ça. Et même les gros hésitent à engager ces coûts sur un marché où la demande reste incertaine. C’est probablement pour ça que sur 50 stablecoins majeurs, 47 ne sont toujours pas dans les clous.
Ce que ça change pour les utilisateurs européens
Concrètement, un utilisateur en France ou en Allemagne qui veut utiliser un stablecoin conforme MiCA a très peu de choix. L’USDC, l’EURC, l’USDG. C’est à peu près tout dans les gros volumes. L’EURCV de Société Générale-Forge et l’EURXT de Caceis existent, mais leur liquidité et leur adoption restent limitées pour l’instant. Ce n’est pas que les utilisateurs refusent la conformité — c’est que les alternatives conformes ne sont pas encore assez nombreuses ni assez liquides pour remplacer ce qu’ils utilisent déjà.
Et pendant ce temps, l’USDT de Tether — de loin le stablecoin le plus utilisé au monde — n’est pas conforme MiCA. Pas de détails publics sur une demande d’agrément en cours, pas de calendrier clair. Tether représente une part massive des volumes crypto mondiaux. Son absence du cadre européen crée un vide réel pour les plateformes et les traders qui opèrent en Europe.
MiCA vise une harmonisation des règles à l’échelle européenne, voire une influence sur les standards mondiaux. L’ambition est là. Mais avec seulement 3 stablecoins conformes sur 50, l’écart entre l’objectif et la réalité reste immense — et les utilisateurs européens le sentent tous les jours.
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Questions Fréquentes
Quels stablecoins sont conformes au règlement MiCA en Europe ?
Trois stablecoins parmi les 50 plus grandes capitalisations respectent MiCA : l’USDC et l’EURC de Circle, ainsi que l’USDG de Paxos.
Quelle est la part des stablecoins en euros sur le marché mondial ?
Les stablecoins libellés en euros représentent seulement 0,25% du marché mondial des stablecoins, très loin derrière les stablecoins en dollars comme l’USDT et l’USDC.
Quelles plateformes peuvent vendre des stablecoins conformes MiCA en France ?
GOin et Coinhouse ont obtenu l’agrément d’établissement de paiement de l’ACPR, ce qui leur permet de distribuer des stablecoins conformes au règlement MiCA sur le marché français.




