Le débat de longue date entre le Bitcoin et l’or reprend de plus belle, surtout depuis que le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a partagé une prédiction audacieuse : les nations pourraient bientôt détenir plus de Bitcoin que d’or dans leurs réserves stratégiques. Ses propos, récemment remis en lumière sur les réseaux sociaux, offrent un aperçu des raisons pour lesquelles la principale cryptomonnaie mondiale pourrait devenir un actif financier de plus en plus prisé par les pays.
Au cœur de son argument : une idée simple mais puissante — le Bitcoin ne serait pas seulement de « l’or numérique », il en serait une version améliorée.
Les propos d’Armstrong, prononcés à l’origine lors du Forum économique mondial en janvier, répondaient à une question de Lesetja Kganyago, gouverneur de la banque centrale d’Afrique du Sud. Ce dernier s’interrogeait sur l’intérêt qu’aurait un État à détenir un actif comme le Bitcoin, qu’il considère comme dépourvu de « valeur intrinsèque ». Armstrong lui a alors répondu en exposant les avantages concrets du Bitcoin par rapport à l’or, notamment dans un monde de plus en plus numérique.
Il a souligné que le Bitcoin est plus divisible, plus facile à stocker et à transférer, et surtout beaucoup plus rapide à utiliser pour les transactions. Par exemple, l’envoi de Bitcoin à l’international prend quelques minutes, tandis que transporter de l’or physique implique des délais, des coûts élevés et des problèmes de sécurité. Selon lui, le Bitcoin fonctionne bien mieux comme monnaie dans une économie mondialisée et digitale.
Au-delà de son utilité pratique, la performance du Bitcoin ces dix dernières années est difficile à égaler. Armstrong rappelle que le Bitcoin a grimpé de près de 34 000 % au cours de la dernière décennie, contre seulement 181 % pour l’or. Cette croissance explosive, combinée à une adoption croissante et à des infrastructures de marché de plus en plus solides, attire de plus en plus l’attention des investisseurs institutionnels — et désormais peut-être des États.
Le Bitcoin est limité à 21 millions d’unités, imitant ainsi la rareté de l’or, mais avec une émission plus prévisible et de meilleures options de stockage à long terme. C’est ce qui lui a valu le surnom d’« or numérique ». Pour Armstrong, ce n’est pas qu’un simple surnom — c’est un indicateur d’un possible basculement dans la finance mondiale.
Selon Armstrong, les gouvernements pourraient commencer par investir timidement dans le Bitcoin, en y allouant peut-être 1 % de leurs réserves. Mais à mesure que la confiance et les infrastructures se développent, la part de Bitcoin pourrait égaler, voire dépasser, celle de l’or.
« Cela pourrait commencer avec seulement 1 % de leurs réserves, mais avec le temps, cela pourrait atteindre un niveau égal ou supérieur aux réserves d’or », a-t-il déclaré dans une vidéo devenue virale sur crypto Twitter.
Si cette hypothèse peut sembler lointaine, elle commence pourtant à se concrétiser.
Le Pakistan a récemment confirmé son intention de constituer une réserve nationale de Bitcoin, prenant exemple sur des initiatives similaires aux États-Unis.
El Salvador a été le premier pays à reconnaître le Bitcoin comme monnaie légale, l’intégrant à ses réserves nationales.
Le Bhoutan et même la Chine détiendraient également du Bitcoin, bien que l’étendue des réserves chinoises reste floue.
D’après les données de BitcoinTreasuries.net, 12 pays détiennent actuellement du Bitcoin, pour un total combiné de 527 764 BTC — soit environ 55,7 milliards de dollars aux taux actuels.
L’intérêt pour le Bitcoin ne se limite pas aux gouvernements. Certaines entreprises historiquement liées à l’or s’y intéressent également.
La société britannique de mines d’or Bluebird Merchant Ventures, par exemple, a récemment révélé son intention d’investir une partie de ses revenus dans le Bitcoin. Cette transition — d’un actif physique traditionnel vers un actif numérique — appuie l’idée d’Armstrong : le Bitcoin n’est plus un placement marginal, il devient un actif reconnu dans la finance traditionnelle.
Pourquoi les pays envisageraient-ils un tel changement ?
La réponse est autant économique que géopolitique. Détenir du Bitcoin peut offrir une protection contre l’inflation et la dévaluation monétaire, notamment pour les nations dont la devise est instable ou l’accès aux réserves en dollars américains limité. De plus, le Bitcoin étant décentralisé, il n’est contrôlé par aucun État ni banque centrale, ce qui le rend attrayant en tant qu’actif global neutre.
En période de sanctions politiques ou financières, le Bitcoin peut également se révéler utile, car il permet des échanges en dehors du système bancaire classique, grâce à son fonctionnement pair-à-pair.
Pendant des décennies, l’or a été l’actif refuge par excellence en période d’incertitude. Mais dans un monde toujours plus numérisé, Armstrong et beaucoup d’acteurs du secteur crypto estiment que le Bitcoin est mieux adapté aux réalités financières modernes.
L’or est lourd, difficile à stocker et coûteux à transporter. Le Bitcoin, à l’inverse, peut être conservé dans un portefeuille matériel et envoyé à l’autre bout du monde en quelques secondes. Ces caractéristiques en font un atout précieux dans un monde qui valorise la rapidité, la sécurité et la décentralisation.
La vision de Brian Armstrong est claire : le Bitcoin ne se contente pas de rivaliser avec l’or, il pourrait bientôt le surpasser en importance stratégique. Avec des pays qui commencent à l’ajouter à leurs réserves nationales et une adoption institutionnelle en pleine croissance, cette perspective semble de moins en moins improbable.
Alors que les frontières entre la finance traditionnelle et les actifs numériques s’estompent, le débat ne portera bientôt plus sur « lequel est meilleur » mais sur « combien de temps avant que l’un remplace l’autre ».
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