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VanEck pointe un trou de 50 milliards de dollars chez les mineurs Bitcoin qui veulent jouer dans l’IA

VanEck pointe un trou de 50 milliards de dollars chez les mineurs Bitcoin qui veulent jouer dans l'IA
VanEck pointe un trou de 50 milliards de dollars chez les mineurs Bitcoin qui veulent jouer dans l'IA

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Mis à jour 2 heures il y a

Les mineurs de Bitcoin ont un problème de cash. Gros problème.

VanEck vient de sortir un cadre d’analyse pour évaluer les sociétés qui font à la fois du minage de Bitcoin et de l’hébergement de centres de données IA — et le verdict est assez brutal pour une bonne partie du secteur. Les analystes Griffin MacMaster et Matthew Sigel ont mis le doigt sur un déficit de financement à court terme de 50 milliards de dollars. À long terme, le besoin total pourrait grimper jusqu’à 221 milliards. C’est pas un détail de comptabilité. C’est une fracture structurelle qui va séparer les survivants des autres.

Le truc central dans leur approche : la capacité énergétique brute, pas les annonces de projets. Pour VanEck, c’est le meilleur indicateur pour valoriser ces boîtes. Pas les communiqués de presse. Pas les pipelines de deals présentés en conférence. Les mégawatts réels, disponibles maintenant. Cipher Mining, Hut 8 et TeraWulf ressortent avec des valorisations élevées sur cette base. Marathon Digital et CleanSpark, eux, restent davantage focalisés sur le minage pur avec peu d’accords IA signés — leurs valorisations sont en retrait.

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Qui a du cash, qui n’en a pas

HIVE, avec ses ambitions de Gigafactory IA, et IREN font face à des pressions financières importantes. À l’opposé, WULF et CIFR sont mieux positionnées parce qu’elles ont déjà des accords sécurisés. La différence, c’est là. Pas dans les projections. Dans ce qui est signé.

Les entreprises qui ont des réserves de Bitcoin — MARA et CLSK en tête — peuvent utiliser ces actifs pour financer leurs besoins en capital. C’est un avantage concret, pas théorique. En revanche, des sociétés comme REN, sans ces réserves, doivent se tourner vers d’autres options : émissions d’actions dilutives ou dette. Aucune des deux n’est particulièrement confortable dans un environnement de taux encore élevés. Et les deux ont un coût réel pour les actionnaires existants.

HUT aussi figure parmi celles qui peuvent s’appuyer sur leurs avoirs en Bitcoin pour financer leurs besoins. Ça compte.

La corrélation avec Bitcoin ? Moins évidente qu’on croit

VanEck conteste l’idée que ces boîtes sont mécaniquement liées au prix du Bitcoin. La corrélation quotidienne moyenne avec Bitcoin tourne autour de 0,55 — pas négligeable, mais loin d’être totale. MARA et CLSK restent les plus sensibles aux mouvements du Bitcoin. CORZ et WULF ont au contraire réduit leur exposition de façon significative.

Ça change le profil de risque. Si Bitcoin retombe à 50 000$, l’impact sera très différent selon les sociétés. Certaines encaissent. D’autres vacillent. VanEck voit d’ailleurs une transition à venir dans les méthodes de valorisation — exit les simples mesures de mégawatts, place aux flux de trésorerie actualisés et aux ratios de livraison. Genre, le secteur mature. Vite.

Mais il y a un problème concret qui traîne : seulement environ 25% de la capacité louée a été réellement mise en service. Pas 50%. Pas 75%. Un quart. Et selon VanEck, ça pourrait encore se dégrader avant que les grands projets de construction ne démarrent vraiment — en 2027 et 2028. Donc la situation, à court terme, semble plutôt s’aggraver avant de s’améliorer.

L’activité de négociation reste intense. WULF est en négociation avancée pour un site de 480 MW dans le Kentucky. Bitdeer, HIVE Digital, Riot Platforms et Core Scientific sont aussi en cours de discussion pour de nouveaux accords. Le second semestre 2026 devrait voir plusieurs de ces deals se concrétiser — ou pas.

Ce qui différencie les gagnants potentiels, d’après VanEck, c’est pas juste la capacité énergétique disponible. C’est la compétence en gestion de projets. Peu de ces mineurs ont une vraie expérience dans la construction d’infrastructures à la hauteur des exigences des clients IA. Construire un datacenter pour de l’hyperscale, c’est pas gérer une ferme de mineurs ASICs. Les délais, les jalons, les certifications — tout ça demande un savoir-faire que beaucoup n’ont tout simplement pas encore. Ceux qui ratent leurs jalons de construction risquent ce que VanEck appelle des « déclassements structurels ». Traduction : leur valorisation se prend un mur.

À terme, VanEck anticipe que certaines de ces entreprises pourraient être vendues ou converties en REITs à mesure que leurs revenus issus de l’IA se développent. C’est probablement encore loin pour la plupart. Mais ça donne une idée de la direction que prend le secteur — moins « minage spéculatif », plus « infrastructure institutionnelle ».

Les stratégies de financement divergent donc clairement. D’un côté, MARA et HUT avec leurs réserves Bitcoin comme coussin. De l’autre, des sociétés sans ce filet qui doivent choisir entre diluer leurs actionnaires ou s’endetter. HIVE et IREN naviguent dans cet environnement sous pression, avec des ambitions IA qui coûtent cher et des partenariats d’ancrage encore à sécuriser.

50 milliards à court terme. 221 milliards à long terme. Et 25% de taux de mise en service réel.

Questions Fréquentes

Quel est le déficit de financement identifié par VanEck pour les mineurs Bitcoin?

VanEck chiffre le déficit à court terme à environ 50 milliards de dollars, avec un besoin total à long terme pouvant atteindre 221 milliards de dollars pour les mineurs se tournant vers l’hébergement IA.

Quelles sociétés sont les mieux positionnées selon VanEck?

WULF et CIFR sont jugées mieux positionnées grâce à des accords déjà sécurisés, tandis que MARA et CLSK peuvent s’appuyer sur leurs réserves de Bitcoin pour financer leurs besoins en capital.

Pourquoi la gestion de projets est-elle devenue cruciale dans ce secteur?

Selon VanEck, seulement environ 25% de la capacité louée a été réellement mise en service, et les entreprises qui ratent leurs jalons de construction risquent des « déclassements structurels » sur leur valorisation.

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Jean-Luc Maracon

Jean-Luc Maracon est un expert franco-suisse de la finance décentralisée, connu pour ses analyses pointues sur le Bitcoin, les projets Web3 européens et les enjeux réglementaires de la crypto. Basé entre Genève et Paris, il offre une perspective unique mêlant traditions bancaires et innovations blockchain. Il collabore régulièrement avec des plateformes crypto en Europe pour démocratiser l’investissement numérique. Spécialités : Bitcoin, staking, réglementation européenne, sécurité crypto, Web3.

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