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Le California Public Employees’ Retirement System (CalPERS), le plus grand fonds de pension public des États-Unis avec plus de 500 milliards de dollars d’actifs, fait face à un débat croissant sur l’opportunité d’inclure le Bitcoin dans son portefeuille. Lors d’un forum mercredi pour les candidats au conseil d’administration, les six postulants ont exprimé des opinions fortement divisées sur les investissements en crypto-monnaies.
Une exposition indirecte existante
Bien que le fonds hésite à acheter directement du Bitcoin, il détient déjà une exposition indirecte significative via 410 596 actions de Strategy (anciennement MicroStrategy), évaluées à près de 166 millions de dollars. Comme Strategy contrôle plus de 636 000 BTC, d’une valeur supérieure à 70 milliards de dollars, l’investissement de CalPERS le relie à la plus grande trésorerie Bitcoin détenue par une entreprise au monde.
Des avis contradictoires parmi les candidats
Le forum a rapidement montré la polarisation des candidats concernant la crypto. L’incumbent David Miller s’oppose fermement à l’idée d’investir dans le Bitcoin, déclarant :
« La cryptomonnaie ne devrait jamais avoir de place dans notre conseil. »
Il a également critiqué le challenger Dominick Bei, fondateur de l’organisation éducative Bitcoin Proof of Workforce. En réponse, Bei a relevé ce qu’il considérait comme une contradiction :
« CalPERS possède des actions dans la plus grande entreprise détentrice de Bitcoin au monde, MicroStrategy. Pourquoi avoir une exposition indirecte tout en s’opposant à un investissement direct ? »
D’autres candidats ont partagé le scepticisme de Miller. Le challenger Steve Mermell a rejeté catégoriquement l’idée :
« Absolument pas ! La crypto est opaque et n’a pas sa place dans un système de pension. »
Mermell a comparé l’exposition au Bitcoin à des catastrophes financières passées, telles qu’Enron ou la faillite du comté d’Orange, affirmant que les risques dépassent les bénéfices potentiels.
Des positions plus nuancées
Tous les candidats ne rejettent pas le Bitcoin. Le challenger Troy Johnson adopte une position prudente mais ouverte, reconnaissant les risques tout en laissant la porte ouverte à de futures discussions :
« Je me méfie des investissements très sensibles comme la crypto, mais je ne fermerais pas complètement la porte. »
De son côté, l’incumbent Jose Luis Pacheco distingue la technologie blockchain des cryptomonnaies. Il rejette le Bitcoin comme option d’investissement, mais décrit la blockchain comme « une technologie émergente prometteuse », suggérant que CalPERS pourrait explorer des partenariats et des recherches dans ce domaine.
Cette division reflète un dilemme plus large dans les cercles d’investissement institutionnel : certains considèrent le Bitcoin trop volatil, tandis que d’autres le voient comme une protection contre l’inflation et un moyen de préserver la valeur que les fonds de pension ne peuvent ignorer.
Avis d’experts sur la volatilité et la valeur
Des experts du secteur ont également pris position. Kadan Stadelmann, directeur technique de Komodo Platform, a déclaré à Decrypt que la volatilité du Bitcoin ne devrait pas empêcher les fonds de pension d’investir :
« Le Bitcoin n’est certainement pas trop volatil pour les pensions, surtout en période d’inflation. »
Stadelmann estime que CalPERS a « trop peur d’investir directement dans le Bitcoin » et devrait envisager l’auto-conservation pour détenir réellement des BTC plutôt que de passer par des intermédiaires comme Strategy.
Cette perspective rejoint l’idée que le marché a déjà choisi le Bitcoin comme réserve de valeur mondiale, ce que les fonds de pension devront éventuellement reconnaître pour protéger les rendements à long terme.
D’autres fonds de pension étatiques augmentent leur exposition au Bitcoin
Alors que la Californie reste prudente, d’autres fonds de pension américains ont déjà accru leur exposition au Bitcoin et aux produits liés :
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Michigan State Pension a triplé son exposition au Bitcoin via ETF au deuxième trimestre 2025, détenant 300 000 actions de l’ARK 21Shares Bitcoin ETF pour 11,4 millions de dollars, contre 100 000 actions plus tôt dans l’année.
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Wisconsin Investment Board possède plus de 387 millions de dollars en parts de Bitcoin ETF.
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Florida Retirement System détient 240 026 actions de Strategy, évaluées à 97 millions de dollars.
Ces mouvements montrent une tendance croissante des fonds de pension à diversifier leurs portefeuilles avec des actifs numériques, même indirectement, grâce aux ETF Bitcoin et aux trésoreries d’entreprises.
Perspectives : l’élection de novembre pourrait changer la stratégie
Le résultat de l’élection de novembre déterminera si CalPERS maintient son exposition indirecte au Bitcoin ou relance le débat sur un investissement direct. Avec plus de 500 milliards de dollars sous gestion, toute décision de CalPERS pourrait créer un précédent pour d’autres systèmes de pension à travers le pays.
Actuellement, le conseil reste divisé entre rejet total, exploration prudente et soutien à l’adoption plus large de la blockchain. Mais avec la pression inflationniste, l’intérêt institutionnel croissant et le Bitcoin de plus en plus reconnu comme une classe d’actifs légitime, le débat est loin d’être clos.
Conclusion
Le fonds de pension californien de 500 milliards de dollars se trouve à un carrefour concernant le Bitcoin. Certains candidats estiment qu’il est trop risqué et opaque pour les économies des retraités, tandis que d’autres pensent que l’ignorer pourrait signifier manquer des opportunités de croissance à long terme.
Pour l’instant, CalPERS reste exposé indirectement via ses actions Strategy, mais la pression monte. Avec d’autres États augmentant déjà leurs allocations en Bitcoin, la question est de savoir si la Californie continuera à rester en retrait ou finira par adopter une exposition directe à la principale cryptomonnaie mondiale.




