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Le Bitcoin, souvent présenté comme « l’or numérique », a perdu cette aura cette semaine, se comportant davantage comme une action technologique à haut risque que comme une couverture contre l’incertitude globale.
Le dernier déclencheur vient de Washington. Le président Donald Trump a ravivé les inquiétudes liées à la guerre commerciale en imposant de nouveaux tarifs douaniers à des alliés clés des États-Unis. Ces mesures comprennent notamment un droit de douane élevé de 25 % sur les importations en provenance du Japon et de la Corée du Sud — deux partenaires de longue date des États-Unis. Cette décision a provoqué une onde de choc sur les marchés boursiers et crypto.
Le Bitcoin a réagi rapidement, chutant sous les 108 000 $ le 7 juillet. Cette correction brutale marque un retournement significatif après un élan haussier récent. Pour de nombreux investisseurs, cette baisse rappelle crûment que, malgré sa narration en tant que réserve de valeur décentralisée, le Bitcoin reste profondément lié aux conditions macroéconomiques plus larges.
Ce qui rend cette chute plus remarquable, c’est son alignement étroit avec les mouvements des marchés financiers traditionnels. Le S&P 500 a également enregistré une forte baisse ce jour-là, reflétant un repli synchronisé à travers plusieurs classes d’actifs. Cette corrélation du Bitcoin avec les actions lors des périodes de fuite au risque souligne son lien avec le sentiment financier global, plutôt que son indépendance.
À mesure que la liste des pays affectés s’est élargie pour inclure la Malaisie, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud — avec des tarifs variant de 25 % à 40 % — la volatilité des marchés s’est intensifiée. Les investisseurs ont massivement fui vers le dollar américain, qui s’est fortement apprécié face au yen et au won. Pendant ce temps, les géants automobiles japonais comme Toyota et Honda ont vu leurs actions chuter, craignant des mesures de rétorsion de la part des partenaires commerciaux.
Ce changement de comportement du marché fragilise un des arguments clés utilisés pour promouvoir le Bitcoin lors des crises géopolitiques : celui d’une couverture numérique contre l’inflation, la dévaluation monétaire et les risques diplomatiques. Mais la réaction de cette semaine raconte une autre histoire — celle d’un Bitcoin vulnérable, et non immunisé, face aux incertitudes de la diplomatie mondiale.
L’histoire a encore évolué avec la décision de la Maison-Blanche de reporter l’application des nouveaux tarifs. La date limite, initialement fixée à la mi-juillet, a été repoussée au 1er août. Bien que cette mesure vise à offrir plus de temps aux partenaires commerciaux des États-Unis, elle a davantage semé la confusion chez les investisseurs qu’apporté de la clarté.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a tenté de clarifier la position de l’administration, déclarant que ce report vise à donner aux pays « toutes les chances de parvenir à des accords équitables ». Toutefois, ces changements de calendrier et annonces surprises n’ont fait qu’amplifier le sentiment d’imprévisibilité sur les marchés.
Ajoutant à ces signaux mitigés, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a souligné publiquement que le président Trump se concentre sur la « qualité des accords commerciaux, pas sur la quantité ». Si ces propos visaient à apaiser les investisseurs, ils n’ont guère stabilisé le sentiment tant sur les marchés actions que crypto.
Le Bitcoin a légèrement rebondi depuis ses creux, remontant à 108 899 $ au moment de la rédaction. Mais ce rebond temporaire n’a pas vraiment dissipé les inquiétudes sur sa position plus large. Avec des preuves croissantes que le Bitcoin ne fonctionne pas comme un actif refuge, les investisseurs reconsidèrent son rôle dans leurs portefeuilles, surtout en période de turbulences géopolitiques.
Cette récente volatilité relance aussi le débat sur l’identité évolutive du Bitcoin. Né lors de la crise financière de 2008 comme couverture contre les risques systémiques, son comportement face à la crise tarifaire actuelle suggère qu’il mûrit en un actif macroéconomique à haut risque — plus proche d’une action technologique que de l’or.
Alors que les incertitudes géopolitiques continuent de s’accumuler et que les marchés scrutent chaque mot venant de Washington, l’avenir du Bitcoin reste incertain. Pour l’instant, il se trouve à la croisée des chemins, oscillant entre son récit de valeur résiliente et la réalité d’un actif toujours perçu comme spéculatif et volatile.
Que le Bitcoin puisse retrouver son rôle de couverture ou continue d’agir comme un baromètre du sentiment de risque dépendra probablement des prochains événements politiques et économiques. Mais si les derniers jours sont un indicateur, le marché semble réviser ses attentes sur ce que le Bitcoin est vraiment — et ce qu’il n’est pas.




