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Arthur Hayes pense qu’un plan de sauvetage du gouvernement américain en faveur des entreprises d’IA en difficulté pourrait faire grimper le bitcoin. Le directeur des investissements de Maelstrom a défendu cette thèse lors d’un récent entretien avec Luke Martin, établissant un lien entre une éventuelle intervention fédérale et une expansion plus générale de la masse monétaire.
Pourquoi c'est important
Cette lecture compte surtout parce qu’elle replace le bitcoin dans un cadre macroéconomique plus large que ses seuls flux de fonds indiciels : si l’idée d’un soutien public à l’écosystème de l’IA prenait corps, elle renforcerait l’hypothèse d’une liquidité plus abondante, traditionnellement favorable aux actifs rares. Elle rappelle aussi que les mouvements de marché peuvent rester portés par des anticipations de politique économique, même lorsque les sorties de capitaux des produits cotés en bitcoin envoient un signal de prudence à court terme.
Hayes a cité directement Anthropic, OpenAI et SpaceX. Son argument : leurs bénéfices actuels ne justifient pas leur situation financière et, si les choses se dégradent suffisamment, Washington pourrait intervenir. Un tel sauvetage, a-t-il déclaré, injecterait davantage d’argent dans le système financier, ce qui affaiblirait le pouvoir d’achat et rendrait des actifs comme le bitcoin et l’or bien plus attrayants aux yeux des investisseurs cherchant à préserver leur capital.
À noter : aucun plan de sauvetage précis n’existe.
Aucun montant, aucun calendrier, aucune proposition officielle. Le scénario de Hayes suppose que les difficultés de ces entreprises s’aggravent. L’article ne mentionne aucun programme de soutien concret. Il décrit une réaction en chaîne : l’intervention publique entraîne une hausse de la masse monétaire, qui alimente l’inflation, laquelle pousse les investisseurs vers des réserves de valeur. Selon cette logique, le bitcoin pourrait en profiter. Mais cet argument ne garantit rien.
Le bitcoin à 80 000 dollars tandis que les valeurs technologiques reculent
Le bitcoin s’est maintenu cette semaine au niveau des 80 000 dollars. Dans le même temps, les fabricants de puces et les valeurs technologiques ont été durement touchés — les ventes étant décrites comme deux à cinq fois plus importantes que celles observées sur le bitcoin. La comparaison est frappante. Mais elle ne prouve pas que les investisseurs se sont rués sur le bitcoin parce qu’ils anticipaient un sauvetage du secteur de l’IA. Il s’agit, en gros, d’une corrélation, pas d’un lien de causalité.
Ceteris Paribus, directeur de la recherche chez Delphi Research, a livré sa propre analyse. Il a évoqué la dette américaine et les flux financiers reposant sur Internet comme des facteurs susceptibles de soutenir le bitcoin. Son argument : la dépréciation monétaire liée à l’envolée de la dette fédérale, combinée à un éventuel sauvetage de l’IA, pourrait générer des flux importants vers le BTC. Il est allé plus loin, qualifiant le modèle de financement du secteur de l’IA de « système pyramidal ressemblant à une chaîne de Ponzi ». Une analyse plutôt tranchée.
La dette publique américaine a atteint 40,3 billions de dollars. Elle continue de grimper, quel que soit le parti au pouvoir. Si un programme fédéral de soutien aux entreprises d’IA voit le jour, il alourdira encore cette dette. Dans quelle mesure ? La source ne l’a pas précisé.
La corrélation avec les rendements relevée par Fidelity et le problème des ETF
Fidelity a mis au jour un élément qui mérite attention. Le gestionnaire d’actifs a établi à 0,6, en 2026, la corrélation entre le bitcoin et les obligations du Trésor américain à 10 ans. Au cours des deux mois précédant cette semaine, les rendements ont progressé de 10 % tandis que le bitcoin gagnait 30 %. Ces mouvements ont eu lieu en même temps, mais Fidelity ne dit pas que la hausse des rendements a provoqué celle du bitcoin. Les données montrent simplement qu’ils ont évolué de concert.
Fidelity a également signalé le coût du service de la dette fédérale. Les paiements d’intérêts pourraient bientôt devenir le principal poste de dépenses du gouvernement fédéral. Une telle pression budgétaire pourrait pousser davantage d’investisseurs vers des réserves de valeur alternatives. C’est possible. Rien ne garantit qu’une demande durable pour le bitcoin s’ensuivra.
Et puis, il y a les données sur les ETF. Elles ne sont pas favorables pour l’instant.
Les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré 228 millions de dollars de sorties cette semaine. C’est la deuxième semaine consécutive de retraits en octobre. Cela traduit une demande institutionnelle plus faible à court terme et complique la thèse haussière fondée sur la dette et la dépréciation défendue par Hayes et Ceteris Paribus. Difficile de soutenir que l’argent se précipite vers le bitcoin comme valeur refuge lorsque les flux des ETF indiquent le contraire.
Le risque de l’informatique quantique et la question de la réserve de valeur
Ceteris Paribus n’a pas seulement défendu une thèse haussière. Il a également évoqué des risques. Les progrès de l’intelligence artificielle et les avancées de Google dans l’informatique quantique pourraient, à terme, affaiblir certaines protections cryptographiques, a-t-il déclaré. Si cela se produit, la confiance des investisseurs en pâtira. Aucun calendrier n’a été donné : il s’agit probablement d’une préoccupation à plus long terme. Mais elle est bien réelle.
Son idée générale : le bitcoin n’est peut-être plus la seule réserve de valeur vers laquelle les investisseurs se tournent. La dépréciation monétaire pourrait soutenir la demande de BTC, tandis que les inquiétudes liées à l’informatique quantique limiteraient sa progression. D’autres actifs pourraient capter une partie de ces flux. L’histoire n’est pas univoque.
Glassnode a observé un ralentissement des prises de bénéfices après la phase de capitulation de la semaine. Cela pourrait indiquer un plancher proche de 80 000 dollars. Peut-être. Glassnode ne dit pas que ce niveau est confirmé. À court terme, l’évolution du bitcoin reste exposée aux flux des ETF, aux rendements obligataires et aux risques technologiques évoqués par Ceteris Paribus.
Aucun sauvetage d’Anthropic, d’OpenAI ou de SpaceX n’a été annoncé. Aucun montant, aucun calendrier.
Questions Fréquentes
Quel est l’argument d’Arthur Hayes selon lequel un sauvetage de l’IA profiterait au bitcoin ?
Hayes a déclaré qu’un soutien public aux entreprises d’IA en difficulté comme Anthropic, OpenAI et SpaceX pourrait accroître la masse monétaire, affaiblir le pouvoir d’achat et pousser les investisseurs vers des réserves de valeur comme le bitcoin et l’or.
Quels chiffres les ETF Bitcoin au comptant américains ont-ils enregistrés cette semaine ?
Les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré 228 millions de dollars de sorties, marquant une deuxième semaine consécutive de retraits en octobre.
Quelle corrélation Fidelity a-t-il relevée entre le bitcoin et les obligations du Trésor américain ?
Fidelity a établi à 0,6 la corrélation entre le BTC et les obligations du Trésor américain à 10 ans en 2026, période au cours de laquelle les rendements ont progressé de 10 % tandis que le bitcoin gagnait 30 % sur deux mois.
