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Worldcoin chute de 10 % après la décision judiciaire du Kenya sur la vie privée

Worldcoin Drop

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Worldcoin (WLD), le projet d’identité numérique et de cryptomonnaie soutenu par le PDG d’OpenAI Sam Altman, a subi un coup juridique et financier important cette semaine. La Haute Cour du Kenya a statué que Worldcoin avait violé les droits constitutionnels à la vie privée des citoyens kenyans, ordonnant la suppression immédiate de toutes les données biométriques collectées auprès des utilisateurs du pays.

Cette décision fait suite à près de deux ans de procédures judiciaires engagées par le Katiba Institute, un groupe local de défense des droits constitutionnels. Dans un jugement rendu le 6 mai 2025, la juge Aburili Roselyne a accordé une demande de réexamen judiciaire, déclarant que les méthodes de collecte de données de Worldcoin enfreignaient la loi kenyane sur la protection des données, la Data Protection Act de 2019.

Le jugement interdit à la Worldcoin Foundation et à ses partenaires de traiter, collecter ou utiliser des données biométriques dans le pays. Plus important encore, la cour a ordonné que toutes les informations biométriques précédemment collectées soient supprimées dans un délai de sept jours. Le Bureau du Commissaire à la protection des données (ODPC) supervisera l’application de cette directive.

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Selon les documents judiciaires, Worldcoin n’avait pas obtenu de consentement légitime et avait contourné l’évaluation d’impact sur la protection des données (DPIA) avant de procéder à l’enregistrement biométrique. Le projet offrait aux utilisateurs environ 50 $ en jetons WLD en échange de la numérisation de leur iris à l’aide d’un appareil appelé l’Orb — un processus qui a suscité des controverses et des critiques dans plusieurs juridictions.

Le Katiba Institute a réussi à démontrer que cette incitation monétaire constituait une incitation, compromettant ainsi la validité et la volontarité du consentement des utilisateurs. L’avocat constitutionnel Joshua Malidzo Nyawa a dirigé le défi juridique et a souligné que l’approche ne répondait pas aux normes légales établies par les lois kenyannes sur la protection des données.

Le jugement a été salué par les groupes de défense des droits numériques et les observateurs juridiques comme une victoire historique dans la bataille pour la souveraineté des données personnelles. L’ICJ Kenya, une organisation de défense des droits, a félicité le jugement, affirmant qu’il réaffirmait l’engagement du pays à protéger les droits constitutionnels à l’ère numérique, notamment le droit à la vie privée.

La décision du tribunal devrait avoir des implications plus larges au-delà du Kenya. Ces derniers mois, d’autres pays, dont l’Indonésie, ont suspendu les activités de Worldcoin en raison de préoccupations similaires. Les législateurs du monde entier commencent à examiner de près le modèle du projet, qui repose sur la collecte d’informations biométriques sensibles en échange de cryptomonnaies.

Des personnalités politiques kenyannes ont également critiqué le projet. Le leader de la majorité de l’Assemblée nationale, Kimani Ichung’wah, a remis en question la raison pour laquelle un programme interdit dans le pays d’origine de son fondateur était autorisé à fonctionner librement au Kenya. « Le propriétaire de Worldcoin, Sam Altman, est interdit de collecter ces données aux États-Unis. Pourquoi lui permet-on de le faire au Kenya ? » a-t-il demandé lors d’un récent débat parlementaire.

Malgré cette opposition croissante, Worldcoin continue d’étendre son empreinte ailleurs. Aux États-Unis, le projet a lancé des opérations dans six grandes villes, dont Los Angeles, Atlanta et San Francisco. Ces développements suggèrent que, bien que les critiques puissent s’intensifier dans certaines régions, les ambitions mondiales de Worldcoin restent intactes.

Cependant, l’impact immédiat sur le sentiment des investisseurs a été sévère. Après l’annonce du jugement de la cour, le jeton natif de Worldcoin, WLD, a chuté de près de 10 % en 24 heures. Au moment de la rédaction, le jeton se négociait autour de 0,88 $, marquant une forte baisse par rapport à ses récents sommets. Cette chute souligne l’anxiété des investisseurs face à la pression réglementaire croissante et aux risques juridiques liés aux pratiques de collecte de données du projet.

Pour une plateforme fondée sur la promesse d’un système d’identité décentralisé et contrôlé par l’utilisateur, ce jugement représente non seulement des obstacles juridiques, mais aussi des défis réputationnels. Avec une surveillance réglementaire accrue et des autorités mondiales resserrant les lois sur la gouvernance des données, Worldcoin doit maintenant relever un test crucial pour prouver qu’elle peut opérer de manière éthique et légale dans diverses juridictions.

Il reste à voir si la décision du Kenya servira de modèle pour d’autres actions juridiques à l’échelle mondiale. Mais une chose est claire : la route à suivre pour Worldcoin devient de plus en plus difficile à naviguer.

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Dan Saada

Dan possède un master en finance de l'ISEG (France), il est également fan de cryptomonnaies et de minage.

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