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John Deaton, avocat emblématique de la communauté XRP et fervent défenseur des investisseurs particuliers, a intenté une action collective contre Linqto et son fondateur William Sarris. Dans cette plainte déposée le 9 juillet, Deaton accuse la plateforme d’avoir mené une vaste escroquerie à travers des pratiques illégales et trompeuses dans la vente d’actions de sociétés privées, y compris Ripple. Cette action en justice représente un tournant majeur pour l’ensemble du secteur crypto, notamment pour les investisseurs impactés par l’effondrement soudain de Linqto au début de l’année.
Une fraude présumée orchestrée depuis des années
Selon les allégations, William Sarris aurait mis en place un système sophistiqué qui, pendant plusieurs années, aurait permis à Linqto de générer d’importants bénéfices à travers des marges cachées et des exonérations réglementaires trompeuses. Les investisseurs de détail auraient ainsi payé jusqu’à 60 % de plus que la véritable valeur des actions de sociétés privées telles que Ripple, Kraken ou Uphold.
Pire encore, ces ventes auraient été réalisées sans l’enregistrement nécessaire auprès des autorités compétentes, violant ainsi les règlements de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA). Deaton affirme que Linqto a sciemment ignoré ses obligations réglementaires tout en profitant de l’attrait croissant pour les investissements pré-IPO dans le secteur technologique et crypto.
Deaton défend les droits des investisseurs particuliers
Deaton, connu pour avoir représenté plus de 75 000 détenteurs de XRP dans le procès opposant Ripple à la SEC, affirme que cette nouvelle action en justice vise à garantir une indemnisation maximale pour les utilisateurs lésés. Il souhaite également empêcher Linqto de conclure des accords de règlement partiels qui pourraient limiter les indemnisations versées aux victimes.
« Des milliers d’investisseurs ont été trompés par des frais cachés, des pratiques illégales et un manque total de transparence, » a déclaré Deaton. « Cette action en justice vise à protéger les investisseurs particuliers à qui l’on a promis un accès privilégié à des opportunités, mais qui ont été exploités à la place. »
SPV, ventes non autorisées et pratiques trompeuses
Linqto proposait des investissements via des entités appelées « SPV » (Special Purpose Vehicles), destinées à détenir les actions au nom des clients. Cependant, Deaton affirme que ces véhicules ont été utilisés de manière abusive et que Linqto a failli à divulguer des informations matérielles essentielles. En agissant sans licence de courtier ou de conseiller en investissement, la plateforme aurait violé plusieurs lois fédérales sur les valeurs mobilières.
Des documents judiciaires révèlent également que la SEC et la FINRA auraient adressé plusieurs avertissements à Linqto en 2023 et 2024 concernant la légalité de ses opérations. Malgré cela, la société aurait continué à vendre des actions sans enregistrement adéquat, aggravant les risques juridiques pour ses clients et provoquant, à terme, son effondrement.
Linqto en faillite : restructuration ou litige prolongé
Linqto a cessé la plupart de ses activités depuis mars 2025 et a officiellement déposé le bilan. Dans le cadre de la procédure de faillite, la société tente actuellement de lever des fonds pour rembourser ses créanciers, notamment via une ligne de crédit de 60 millions de dollars négociée avec Sandton Capital Partners.
Samuel A. Schwartz, avocat spécialisé en faillite et représentant Linqto, affirme que l’entreprise « dispose des ressources nécessaires pour proposer des distributions significatives à ses clients ». Toutefois, tout plan de remboursement devra être validé par les régulateurs et soumis au vote des créanciers. Deaton craint que ces propositions avantagent les créanciers institutionnels au détriment des investisseurs particuliers, ce qu’il entend combattre par le biais de la procédure collective.
Un signal fort pour tout l’écosystème crypto
Cette affaire met en lumière les inquiétudes récurrentes sur la transparence et la régulation des investissements privés dans le secteur des actifs numériques. Beaucoup de particuliers cherchent à accéder à des opportunités d’investissement précoces autrefois réservées aux élites financières. Mais comme le montre le cas Linqto, l’absence de cadre clair et la mauvaise foi de certains opérateurs peuvent transformer ces rêves en cauchemars financiers.
Le timing de l’action judiciaire de Deaton est notable. Elle intervient alors qu’XRP connaît une remontée spectaculaire, avec une hausse récente de 10 % et un retour dans une zone technique décisive selon les analystes. Le sentiment général sur les marchés s’améliore également, porté par un Bitcoin proche de ses sommets historiques et un Ethereum en route vers les 3 000 $. Toutefois, la confiance des investisseurs reste fragile — surtout après les épisodes récents comme l’effondrement de Linqto.
Vers un précédent juridique majeur ?
Si l’action en justice menée par Deaton aboutit, elle pourrait établir un précédent juridique fort et obliger les plateformes d’investissement crypto à revoir en profondeur leurs pratiques commerciales. Elle pourrait aussi servir de catalyseur pour l’instauration de normes de transparence plus strictes et d’une meilleure protection des investisseurs particuliers dans l’écosystème des actifs numériques.
Deaton, désormais perçu comme une figure de proue dans la lutte pour les droits des investisseurs crypto, rappelle par cette initiative que la justice a un rôle clé à jouer dans l’équilibre entre innovation financière et responsabilité. Alors que la procédure suit son cours, le monde crypto observe attentivement — car les résultats de cette affaire pourraient redessiner les contours de la confiance dans les investissements alternatifs.




