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Strategy est sous pression. Bitcoin plafonne autour de 60 000 dollars, soit 50% sous son sommet historique, et la firme de Michael Saylor se retrouve à défendre des choix de financement qui commencent à grincer.
Jim Ferraioli, directeur de la recherche en crypto et stratégie au Schwab Center for Financial Research, a regardé de près la situation. Son verdict : les mesures prises par Strategy ont probablement évité le pire. Le STRC, l’action préférentielle à taux variable que Strategy a utilisée pour financer ses achats de Bitcoin, avait dégringolé à près de 70 dollars contre une valeur nominale de 100 dollars. Pas un petit écart. Pour stopper l’hémorragie, Strategy a monté le dividende du STRC à 12% et autorisé des rachats à hauteur de 2 milliards de dollars, tout en ouvrant la porte à des ventes de Bitcoin si nécessaire. L’action a depuis remonté vers sa valeur nominale. Pas une victoire totale, mais suffisant pour calmer les marchés.
Ça change tout au discours habituel de Saylor.
La Fin du « Ne Jamais Vendre »
Strategy était connue pour une chose : ne jamais toucher à ses Bitcoin. C’était presque une religion. Autoriser des ventes potentielles, même comme filet de sécurité, c’est un virage net. Ferraioli voit ça comme un signal positif — les craintes de liquidations en chaîne se sont dissipées, d’après lui. Et les marchés ont suivi. Mais le fait qu’on en soit arrivé là dit quelque chose sur les risques que Strategy a accumulés en finançant ses positions via des instruments complexes comme le STRC.
L’action préférentielle à taux variable, c’est un outil qui fonctionne bien quand tout monte. Quand Bitcoin stagne ou recule, les tensions sur la parité de 100 dollars deviennent vite inconfortables. Strategy a géré le coup, mais la situation reste fragile tant que Bitcoin n’a pas retrouvé une dynamique haussière claire.
Bitcoin, le Dollar et le Yen
Ferraioli a aussi commenté quelque chose d’intéressant : la relation entre Bitcoin et le dollar américain n’est plus ce qu’elle était. Historiquement, un dollar fort pesait sur Bitcoin. Pas cette année. Bitcoin a grimpé pendant des périodes de renforcement du dollar, ce qui brouille les anciennes corrélations. Idem avec les actions technologiques — le lien s’est affaibli. Bitcoin fait de plus en plus sa propre chose.
Pas clair si ça dure.
Du côté du yen, Ferraioli note que la faiblesse actuelle pourrait se retourner. Un yen qui se renforce, ça peut déboucler des carry trades et frapper les actifs à risque. Mais il ne voit pas ça comme un danger immédiat pour Bitcoin. Probable que les marchés absorbent un tel mouvement sans trop de casse, du moins à court terme.
Il y a aussi eu un moment politique à noter. Le président Trump s’est dit ouvert à intégrer Bitcoin dans les nouveaux Trump Accounts, un programme d’épargne. Ferraioli a vu ça comme un catalyseur potentiel, surtout pour les investisseurs traditionnels qui passent par les ETF au comptant. Genre, si Bitcoin entre dans un produit d’épargne grand public, ça change le profil de la demande. Reste à voir si ça se concrétise vraiment.
L’Or Contre Bitcoin : Faux Débat ?
Un truc que Ferraioli refuse, c’est l’idée que la hausse de l’or l’an dernier — pendant que Bitcoin perdait de la capitalisation — prouve que Bitcoin ne vaut rien comme valeur refuge. Son argument : l’or a monté à cause de contraintes d’approvisionnement et de dynamiques de marché spécifiques, pas parce que les investisseurs ont fui Bitcoin pour se réfugier dans le métal jaune.
Et il pointe un chiffre : le déficit budgétaire fédéral américain s’est réduit à 5% du PIB. C’est proche de la médiane observée sur toute la durée de vie de Bitcoin. Donc l’argument « Bitcoin monte parce que les États-Unis coulent fiscalement » tient moins bien aujourd’hui. Ferraioli ne dit pas que les finances américaines sont saines — il dit juste que les inquiétudes sur la dévaluation monétaire sont moins aiguës qu’on pourrait le croire.
Bitcoin a d’ailleurs montré une résilience inattendue lors du conflit en Iran, montant en même temps que le dollar. Un actif qui grimpe avec le dollar pendant une crise géopolitique, c’est pas le comportement classique d’un actif spéculatif pur. Mais ça ne fait pas non plus de Bitcoin un or numérique validé par les marchés.
Les mouvements de prix restent très liés aux narratifs, d’après Ferraioli. Les récits populaires bougent Bitcoin autant que les fondamentaux — peut-être plus. Et les cycles de réduction de moitié de l’offre gardent leur importance dans la dynamique long terme.
Strategy surveille la paire dollar-yen. Le STRC remonte vers 100 dollars.
Hub: Bitcoin : prix, actualités et analyse
Questions Fréquentes
Quelles mesures Strategy a prises pour stabiliser le STRC ?
Strategy a monté le dividende du STRC à 12% et autorisé des rachats jusqu’à 2 milliards de dollars, tout en permettant des ventes de Bitcoin si nécessaire. L’action est remontée vers sa valeur nominale de 100 dollars.
Pourquoi la faiblesse du yen intéresse les marchés crypto ?
Un retournement du yen pourrait déboucler des carry trades et peser sur les actifs à risque, dont Bitcoin. Ferraioli ne voit pas ça comme un risque immédiat, mais c’est un facteur à surveiller.
Pourquoi l’or a-t-il surperformé Bitcoin l’an dernier selon Ferraioli ?
D’après Ferraioli, la hausse de l’or tient à des contraintes d’approvisionnement et à des dynamiques de marché propres au métal, pas à un rejet de Bitcoin comme valeur refuge.
