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La France face à 9,4 milliards de dollars d’activité crypto potentiellement taxable

France Ranks 13th Globally With $9.4 Billion in Taxable Crypto Activity
La France face à 9,4 milliards de dollars d'activité crypto potentiellement taxable
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La France se classe au 13e rang du classement mondial de Chainalysis pour l’activité crypto potentiellement taxable, avec environ 9,4 milliards de dollars en jeu pour 2025.

Ce chiffre couvre les transactions sur Bitcoin, Ethereum et Solana, parmi d’autres grandes blockchains. Chainalysis construit ses allocations géographiques à partir de données de localisation directe et d’activités liées à des services identifiés. Mais l’entreprise est transparente sur les lacunes : son modèle ne capture pas toutes les blockchains, et les transactions internes aux échanges ne sont pas comptabilisées. Le rapport est sorti le 26 août, et le terme clé tout au long est « activité crypto potentiellement taxable ». Pas taxée. Pas due. Potentiellement taxable. Cette distinction est cruciale, surtout lorsque les médias français ont commencé à publier des titres laissant entendre que les utilisateurs français de crypto étaient assis sur une facture fiscale de 9,4 milliards de dollars.

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Ce n’est pas le cas. Pas nécessairement.

Ce que les 9,4 milliards de dollars signifient réellement

Un paiement de 1 000 dollars en crypto ne signifie pas automatiquement un gain en capital de 1 000 dollars. Les règles fiscales françaises sont plus détaillées que cela. L’impôt réel dû dépend du prix d’achat initial, du type de transaction et de la situation spécifique du contribuable. Les gains, les revenus et les paiements sont tous traités différemment selon la loi française. Donc, les 9,4 milliards de dollars représentent essentiellement une mesure brute de l’activité qui pourrait être taxable — pas un chiffre que l’on peut simplement remettre à l’autorité fiscale en disant « voilà ce que les gens doivent ».

Chainalysis estime séparément 2,5 milliards de dollars de gains pour la France, ce qui est une part plus restreinte. Mais même ce chiffre couvre une période différente et utilise une devise différente des chiffres déclarés provenant des déclarations fiscales françaises, donc les comparaisons directes sont au mieux floues.

Les chiffres déclarés, pour ce que ça vaut, évoluent rapidement. En 2024, près de 24 000 contribuables français ont déclaré 368 millions d’euros de gains en capital nets provenant de la crypto. L’année précédente, seuls 7 700 contribuables avaient déclaré, signalant 150,8 millions d’euros. Cela représente une augmentation d’environ 144 % des gains déclarés en une seule année. Plus de personnes déclarent, des chiffres plus importants. Que cela reflète une meilleure conformité, un marché haussier, ou les deux — probablement les deux — c’est un véritable changement.

Pourtant, comparer les 368 millions d’euros aux 9,4 milliards de dollars ne fonctionne pas clairement. Les 368 millions d’euros sont des gains en capital nets déclarés de 2024. Les 9,4 milliards de dollars sont une estimation prospective pour 2025 qui regroupe les gains, les revenus et les paiements ensemble. Portée différente, année différente, devise différente. La comparaison est souvent faite, et elle est un peu trompeuse à chaque fois.

DAC8 et l’écart de conformité

La France ne fait pas face à cela seule. À l’échelle mondiale, Chainalysis estime l’activité crypto potentiellement taxable à 457 milliards de dollars pour 2025. La part de l’Union européenne s’élève à 125,1 milliards de dollars. Ce sont de gros chiffres, et les régulateurs à travers l’Europe s’efforcent d’obtenir de meilleures données.

L’outil principal qui arrive est le DAC8 — une directive européenne que la France mettra en œuvre aux côtés de ses partenaires de l’UE. En vertu du DAC8, les prestataires de services d’actifs crypto seront tenus de collecter les identités des utilisateurs, les résidences fiscales et les données de transaction à partir du 1er janvier 2026. Les administrations européennes pourront ensuite échanger ces données d’ici le 30 septembre 2027. La directive s’aligne avec le cadre de rapport sur les actifs crypto de l’OCDE, qui cible spécifiquement les plateformes centralisées et les courtiers.

Mais voici le hic. Le DAC8 devrait couvrir seulement environ 14 % des activités crypto potentiellement taxables. Les échanges décentralisés et certaines sources de revenus DeFi échappent entièrement à son champ d’application. Les transferts de pair à pair aussi. Donc, même après que toute cette machinerie réglementaire se mettra en place, la majorité de l’activité crypto restera dans un angle mort.

Réconcilier ce que les prestataires rapportent avec ce qui se passe réellement sur la blockchain — et ensuite faire correspondre cela à la situation individuelle des contribuables — va être vraiment difficile. Les autorités fiscales devront intégrer de nouveaux flux de données avec les systèmes existants, et l’écosystème crypto ne reste pas exactement immobile pendant qu’elles le découvrent.

Le tableau de la conformité ailleurs en Europe n’est pas non plus très reluisant. Le rapport de Chainalysis fait référence à une étude de l’administration fiscale suédoise constatant que plus de 90 % des individus examinés n’avaient pas déclaré avec précision leur activité crypto. Aucun chiffre équivalent n’existe pour la France dans le rapport. Il n’est pas clair si la conformité française est meilleure ou pire.

Ce qui est clair : l’écart entre les gains déclarés et l’activité taxable estimée est large, le DAC8 aidera à le réduire partiellement, et le coin décentralisé du marché ne sera pas du tout touché par cela.

La collecte de données DAC8 de la France commence le 1er janvier 2026, avec des échanges de données transfrontaliers prévus d’ici le 30 septembre 2027.

Questions Fréquentes

Que représente le chiffre de 9,4 milliards de dollars de Chainalysis pour la France ?

C’est l’estimation de Chainalysis de l’activité crypto potentiellement taxable de la France pour 2025, couvrant les gains, les revenus et les paiements sur les principales blockchains, y compris Bitcoin, Ethereum et Solana — pas une mesure directe des impôts dus.

Combien de contribuables français ont déclaré des gains crypto en 2024 ?

Près de 24 000 contribuables français ont déclaré 368 millions d’euros de gains en capital nets en 2024, en forte hausse par rapport à 7 700 déclarations totalisant 150,8 millions d’euros l’année précédente.

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Jean-Luc Maracon

Jean-Luc Maracon est un expert franco-suisse de la finance décentralisée, connu pour ses analyses pointues sur le Bitcoin, les projets Web3 européens et les enjeux réglementaires de la crypto. Basé entre Genève et Paris, il offre une perspective unique mêlant traditions bancaires et innovations blockchain. Il collabore régulièrement avec des plateformes crypto en Europe pour démocratiser l’investissement numérique. Spécialités : Bitcoin, staking, réglementation européenne, sécurité crypto, Web3.

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