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La Banque Centrale d’Iran utilise l’USDT pour contourner les sanctions mondiales

La Banque Centrale d'Iran utilise l'USDT pour contourner les sanctions mondiales
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La Banque Centrale d’Iran (BCI) a acquis au moins 507 millions de dollars en stablecoin USDT adossé au dollar américain pour contourner les sanctions internationales, selon une nouvelle enquête menée par la société d’analyse blockchain Elliptic.

Le rapport offre une étude de cas détaillée et concrète sur la façon dont un État sanctionné utilise les actifs numériques pour créer une « couche financière de l’ombre » en dehors du système bancaire traditionnel. Pour les courtiers et les institutions financières, ces conclusions soulignent les risques de conformité — ainsi que les mécanismes d’application — associés aux stablecoins.

Un outil financier à double usage

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D’après Elliptic, qui a cartographié l’infrastructure des portefeuilles de la BCI grâce à des documents divulgués, la banque centrale iranienne semble avoir utilisé l’USDT pour deux objectifs principaux : l’intervention sur le marché des changes domestique et le règlement commercial résistant aux sanctions.

Les données sur la blockchain montrent que jusqu’en juin 2025, la BCI a systématiquement envoyé de grandes quantités d’USDT à Nobitex, la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaie en Iran. Elliptic suggère que cela visait à injecter de la liquidité en dollars américains sur le marché local afin de soutenir le rial iranien pendant une période de forte volatilité économique.

Simultanément, le rapport indique que les autorités ont accumulé de l’USDT pour créer ce qu’elles décrivent comme des « comptes eurodollar numériques hors comptabilité. » Cette infrastructure parallèle permettait un système de règlement commercial en boucle fermée où les paiements à l’importation et les revenus à l’exportation pouvaient être réglés dans un équivalent synthétique du dollar américain, réduisant ainsi l’exposition aux saisies d’actifs via les canaux bancaires conventionnels.

L’approche opérationnelle de la BCI a changé brusquement en juin 2025. Après un piratage visant la plateforme Nobitex par un groupe pro-israélien qui a qualifié celle-ci d' »outil de violation des sanctions, » la banque centrale a cessé d’acheminer des fonds via cette plateforme. Elle a commencé à utiliser des passerelles inter-chaînes et des échanges décentralisés pour déplacer et obscurcir ses actifs, reflétant un ajustement rapide face aux risques émergents liés à la sécurité.

Le paradoxe de la transparence

Bien que cette activité ait été conçue pour échapper aux restrictions, Elliptic note qu’elle n’était pas invisible. Les stablecoins fonctionnent sur des blockchains publiques, permettant aux sociétés d’analyse de retracer les flux de transactions même lorsque les intermédiaires sont évités.

L’enquête souligne également le levier d’application détenu par les émetteurs de stablecoins. Le 15 juin 2025, Tether a mis sur liste noire plusieurs portefeuilles liés à la BCI, gelant environ 37 millions de dollars en USDT.

Cet épisode illustre la nature paradoxale des stablecoins pour les acteurs sanctionnés. Bien qu’ils puissent être utilisés pour contourner certaines parties du système bancaire traditionnel, ils introduisent également un point de contrôle centralisé. Contrairement aux actifs décentralisés tels que le Bitcoin, les émetteurs de stablecoins peuvent désactiver des portefeuilles et arrêter des transactions.

Pour les institutions financières, ce cas sert d’avertissement clair. À mesure que les actifs numériques s’intègrent davantage dans la finance mondiale, les obligations de conformité se développent avec eux. La combinaison entre transparence blockchain, contrôles des émetteurs et analyses tierces signifie que même les tentatives étatiques visant à échapper aux sanctions peuvent être surveillées et, dans certains cas, perturbées.

La suite reste incertaine : il n’y a pas eu de réponse officielle pour le moment. Cependant, cet événement met en lumière l’évolution dynamique du paysage réglementaire autour des actifs numériques.

L’affaire a également soulevé des questions quant à la capacité des plateformes de cryptomonnaie à détecter et signaler les transactions suspectes. Nobitex, par exemple, a déclaré dans un communiqué le 18 juillet 2025 qu’il améliorerait ses protocoles de conformité pour mieux surveiller les flux de capitaux liés aux entités sanctionnées. Cette annonce est intervenue après que l’échange ait été critiqué pour son rôle dans la facilitation des opérations de la BCI.

Le rôle des régulateurs internationaux dans cette affaire ne peut être ignoré. Le Groupe d’action financière (GAFI), un organisme mondial de lutte contre le blanchiment d’argent, a exprimé sa préoccupation quant à l’utilisation croissante des actifs numériques par les États sanctionnés lors d’une réunion tenue le 25 août 2025. Un porte-parole du GAFI a souligné l’importance d’une coopération internationale renforcée pour prévenir l’évasion des sanctions via les cryptomonnaies.

En parallèle, Tether, l’émetteur de l’USDT, a réaffirmé son engagement envers la conformité réglementaire mondiale. Dans une déclaration du 2 septembre 2025, Tether a indiqué qu’il continuera à collaborer avec les autorités compétentes pour identifier et geler les portefeuilles associés à des activités illicites. Cette position renforce le rôle central que peuvent jouer les émetteurs de stablecoins dans la régulation du marché.

Enfin, cette situation met en lumière le défi complexe auquel sont confrontées les plateformes d’échange décentralisées (DEX). Contrairement aux échanges centralisés comme Nobitex, les DEX opèrent sans point de contrôle unique, rendant difficile pour les régulateurs et émetteurs d’intervenir directement. Cela pose une question cruciale : comment équilibrer la liberté inhérente aux technologies décentralisées avec la nécessité d’assurer un cadre réglementaire efficace?

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Maheen Hernandez

Une diplômée en finance, Maheen Hernandez a été attirée par les cryptomonnaies depuis l'émergence du Bitcoin en 2009. Près d'une décennie plus tard, Maheen travaille activement à sensibiliser les gens aux cryptomonnaies ainsi qu'à leur impact sur les devises traditionnelles. Vous appréciez son travail ? Envoyez un pourboire à : 0x75395Ea9a42d2742E8d0C798068DeF3590C5Faa5.

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