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Le week-end a secoué fort. Bitcoin a chuté de 84 350 $ à 75 000 $ samedi 31 janvier, un mouvement brutal qui a surpris même les traders expérimentés.
Mais pendant que le prix s’effondrait, quelque chose d’étrange se passait. Les détenteurs à long terme ont fait exactement l’inverse de ce qu’on attendait. Ils ont acheté. Darkfost, analyste sur CryptoQuant, a compté environ 186 000 BTC ajoutés à leurs réserves sur une moyenne mensuelle. C’est énorme. Ces investisseurs gardent leurs pièces depuis plus de 155 jours, et leurs stocks grossissent pendant que les détenteurs à court terme vendent tout ce qu’ils peuvent.
Pas nouveau, ce comportement.
En avril dernier, même scénario quand Bitcoin reculait. Les « diamants hands » achètent quand ça saigne, les autres paniquent et vendent. L’offre disponible pour la vente se réduit mécaniquement. En théorie, c’est bon signe pour Bitcoin. Moins d’offre, prix qui devrait remonter. Mais la réalité du marché dit autre chose actuellement.
Le problème ? Y a pas assez de demande pour soutenir le prix qui dégringole. Bitcoin se traîne autour de 78 060 $ aujourd’hui, en baisse de 6,9 % sur 24 heures. Les analystes craignent une capitulation majeure si les investisseurs plus faibles craquent et liquident leurs positions par peur. Ça pourrait faire encore plus mal.
Ethereum suit le mouvement. -5,3 % à 4 200 $.
Le reste du marché crypto s’écroule aussi. Glassnode a noté une baisse de 12 % des transactions sur la blockchain Bitcoin la semaine dernière. Moins d’activité sur le réseau, ça n’aide pas. Les volumes de vente ont explosé sur Binance et Coinbase d’après CoinGecko. Les investisseurs sont nerveux, ça se voit.
Et les exchanges restent muets. Pas de communication officielle pour rassurer. L’incertitude règne.
James Lee d’Arcane Research a observé quelque chose d’intéressant le 1er février. Les volumes sur les exchanges décentralisés ont bondi de 15 % par rapport à la semaine précédente. Les traders cherchent des alternatives pour naviguer dans ce chaos. Jesse Powell de Kraken voit ça différemment. Pour lui, c’est une opportunité d’achat pour ceux qui croient dur comme fer dans Bitcoin long terme. Mais il prévient : faut avoir les nerfs solides.
Grayscale a réduit ses positions Bitcoin de 2 % au dernier trimestre.
Réajustement stratégique face aux conditions actuelles, qu’ils disent. Le plus gros détenteur institutionnel qui réduit la voilure, ça fait réfléchir. Côté régulation, silence radio. Aucune intervention annoncée pour stabiliser le secteur. Les acteurs du marché restent dans le flou.
Pantera Capital a publié une note le 1er février. Selon eux, le comportement des détenteurs long terme pourrait stabiliser les prix à moyen terme. Mais sans demande claire, la volatilité va continuer. CoinShares rapporte 50 millions de dollars de sorties nettes des fonds Bitcoin la semaine dernière. Les institutionnels hésitent.
Michael Saylor reste inflexible. Le patron de MicroStrategy a affirmé le 1er février que son entreprise garde confiance en Bitcoin malgré les turbulences. Pas question de vendre, mais ils surveillent de près. Binance a traité 2,3 milliards de dollars de volume Bitcoin le dernier week-end de janvier. Record qui montre l’intensité des échanges.
Les traders réagissent vite aux mouvements de prix. Trop vite peut-être. Pour que l’optimisme revienne, il faut que la demande reprenne. Sinon, l’accumulation des baleines ne servira à rien. Le marché attend un signal fort.
L’impact sur les mineurs de Bitcoin révèle une autre facette de cette crise. HashRate Index rapporte que la rentabilité minière a chuté de 23% depuis le pic de prix de janvier. Les petites opérations minières commencent à débrancher leurs machines, particulièrement celles utilisant des équipements plus anciens. Marathon Digital et Riot Platforms ont maintenu leurs opérations mais réduisent leurs expansions prévues. Cette pression sur les mineurs pourrait créer une spirale négative – moins de sécurité réseau, plus de volatilité des prix.
Du côté macroéconomique, la corrélation entre Bitcoin et les indices boursiers traditionnels s’intensifie. Le S&P 500 a perdu 2,1% la même semaine, et Bitcoin a suivi cette tendance baissière presque parfaitement. Paul Tudor Jones avait averti en décembre que les cryptomonnaies deviendraient plus sensibles aux mouvements des marchés traditionnels en 2024. Les données de Kaiko montrent que cette corrélation atteint désormais 0,73, son plus haut niveau depuis mars 2022. Quand Wall Street éternue, Bitcoin attrape froid. Les investisseurs ne voient plus les cryptos comme une couverture contre l’inflation mais comme un actif risqué parmi d’autres.





