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Berlin ferme la parenthèse dorée. Le ministère des Finances allemand prépare une taxe fixe de 25 % sur les gains issus des actifs numériques, applicable à partir de 2028. Un tournant brutal pour un pays qui était, jusqu’ici, l’un des endroits les plus avantageux d’Europe pour détenir du crypto sur le long terme.
Le projet cible les actifs acquis après le 1er janvier 2027. Ceux achetés avant cette date restent soumis au régime actuel — c’est-à-dire l’exonération totale après douze mois de détention. Concrètement, un investisseur qui achète du bitcoin aujourd’hui, en septembre 2026, garde encore le bénéfice de l’ancienne règle. Mais quiconque achète à partir de janvier 2027 tombe sous le nouveau régime dès que la loi passe. Lars Klingbeil, le ministre des Finances, avait posé les bases de cette réforme en avril dernier. Le ministère prévoit que la mesure rapporterait 2,3 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires. Pas rien.
Douze mois de détention. C’était tout ce qu’il fallait.
L’avantage allemand qui disparaît
Pendant des années, l’Allemagne a joué dans une catégorie à part. L’exonération totale après un an de détention n’existait pas vraiment ailleurs dans l’Union Européenne avec la même clarté. Des holders de toute l’Europe regardaient Berlin avec envie. Certains y ont même déménagé, ou du moins structuré leurs portefeuilles en tenant compte de cette règle. Ça semble fini.
Le projet de loi n’est pas encore finalisé. Plusieurs points restent flous, notamment la façon dont la nouvelle taxe va s’articuler avec les règles de reporting fiscal européennes — en particulier le DAC8, le cadre de l’UE qui force les plateformes crypto à transmettre des données fiscales aux autorités nationales. Le ministère des Finances n’a pas encore répondu aux questions sur les détails du texte. Pas de clarté non plus sur les cas limites : qu’est-ce qui se passe pour un actif acquis en décembre 2026 et revendu en 2028 ?
Trop de zones grises encore.
Et les investisseurs qui avaient bâti leur stratégie sur l’exonération vont devoir revoir leurs calculs. Pas juste les gros portefeuilles — les particuliers aussi, ceux qui ont mis quelques milliers d’euros en crypto en comptant sur la règle des douze mois pour optimiser leur sortie. La planification fiscale à long terme change du tout au tout si le taux fixe à 25 % s’applique sans distinction de durée de détention.
Block veut une charte bancaire fédérale aux États-Unis
De l’autre côté de l’Atlantique, le mouvement va dans le sens inverse. Block, la société de Jack Dorsey, a déposé une demande de charte bancaire fédérale aux États-Unis. Si elle est approuvée, Block pourrait gérer du bitcoin et des stablecoins sous une entité baptisée « Builders Bank & Trust ». C’est un pari gros.
L’idée derrière la démarche, c’est de retourner la logique habituelle. Traditionnellement, les banques intégraient progressivement le bitcoin dans leurs offres. Là, c’est une entreprise crypto qui cherche à devenir une banque. Pas la même chose. Block veut l’infrastructure, le cadre réglementaire, la légitimité institutionnelle — et pas juste le droit de vendre des cryptos via une appli.
Si la charte passe, ça pourrait créer un précédent. D’autres entreprises du secteur regardent probablement la démarche de près.
Le contraste avec l’Allemagne est net. Berlin resserre. Washington — ou du moins les régulateurs fédéraux américains — semble ouvrir une porte que beaucoup de boîtes crypto voulaient franchir depuis longtemps. Deux trajectoires, deux visions de ce que les cryptos devraient être dans dix ans : un actif à taxer comme les autres, ou une infrastructure bancaire à part entière.
Pour les investisseurs européens, l’annonce allemande arrive dans un moment déjà chargé. La pression réglementaire sur les actifs numériques monte partout sur le continent. Le DAC8 force la transparence. MiCA encadre les émetteurs et les prestataires. Et maintenant Berlin ajoute une couche fiscale qui supprime l’un des derniers avantages concrets qu’un investisseur particulier pouvait encore utiliser légalement.
Probablement que d’autres pays de l’UE vont surveiller ce que donne la loi allemande avant de bouger. Ou peut-être pas — certains ont déjà leurs propres projets de réforme fiscale crypto en cours. Pas clair encore si Berlin ouvre une tendance ou fait cavalier seul.
Ce qui est sûr : 2,3 milliards de dollars de recettes prévues, c’est un chiffre que d’autres ministères des Finances européens ont forcément regardé.
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Questions Fréquentes
Quand la taxe allemande sur les gains crypto entre-t-elle en vigueur ?
La taxe de 25 % s’applique à partir de 2028, uniquement sur les actifs crypto acquis après le 1er janvier 2027. Les actifs achetés avant cette date restent soumis au régime actuel, avec exonération après douze mois de détention.
Qu’est-ce que « Builders Bank & Trust », l’entité de Block ?
C’est le nom de la structure bancaire que Block, la société de Jack Dorsey, veut créer via une demande de charte bancaire fédérale aux États-Unis. Si approuvée, elle permettrait à Block de gérer du bitcoin et des stablecoins sous un cadre réglementaire bancaire officiel.
Combien de recettes fiscales l’Allemagne attend-elle de cette réforme ?
Le ministère des Finances allemand prévoit 2,3 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires grâce à la nouvelle taxe de 25 % sur les gains crypto.
Pourquoi c'est important
Cette décision de l'Allemagne marque un changement significatif dans le paysage fiscal européen des cryptomonnaies, incitant potentiellement les investisseurs à réévaluer leurs stratégies d'investissement à long terme. En instaurant une taxation sur les gains, Berlin pourrait influencer d'autres pays à suivre cette tendance, ce qui pourrait entraîner une harmonisation des régimes fiscaux au sein de l'Union européenne. De plus, cette mesure pourrait également impacter le volume des transactions et la dynamique du marché des actifs numériques dans la région.
