Community Trust ScoreProbablement Réel
La Banque nationale du Rwanda frappe fort. Elle vient de réaffirmer son interdiction totale des activités crypto utilisant le franc rwandais. Ça arrive pile après que Bybit a ajouté le support de cette monnaie sur son marché P2P dimanche dernier.
La banque centrale a sorti une déclaration claire : les crypto-actifs restent interdits pour les paiements ou conversions avec le franc. Elle met en garde contre les risques financiers majeurs et l’absence totale de protection légale si les gens perdent leur argent. « Les citoyens qui s’engagent dans ces activités le font à leurs propres risques », peut-on lire dans le communiqué officiel publié lundi matin.
Bybit n’a pas réagi.
Vendredi, l’exchange crypto avait annoncé que ses utilisateurs pouvaient maintenant échanger des actifs numériques en utilisant le franc rwandais sur sa plateforme peer-to-peer. Mais Bybit n’a jamais confirmé s’il avait obtenu l’aval des régulateurs locaux avant de lancer ce service. Contacté pour commentaires, Bybit n’a toujours pas répondu publiquement à la sortie de la banque centrale. Pas très rassurant pour les traders locaux qui comptaient sur cette nouveauté.
Franc Rwandais Seule Monnaie Légale
Les régulateurs rwandais ont remis les points sur les i : le franc rwandais reste la seule et unique monnaie légale du pays. Point final. Les institutions financières sous supervision de la banque centrale ont reçu l’ordre strict de ne pas faciliter les conversions entre le franc et les crypto-actifs. L’objectif ? Limiter les risques pour le système financier domestique qui reste encore fragile selon les experts locaux.
John Rwangombwa, gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, avait déjà exprimé ses inquiétudes en mars lors d’une conférence à Kigali. Il craint l’augmentation des plateformes internationales qui tentent d’étendre leurs services dans le pays sans respecter les règles locales. « On voit trop de plateformes qui arrivent et opèrent sans autorisation », avait-il dit à l’époque.
L’e-Franc en Développement
Mais le Rwanda n’est pas contre l’innovation financière. Le pays travaille sur sa propre monnaie numérique d’État, l’e-franc, actuellement en phase de preuve de concept. Ce projet vise à moderniser l’infrastructure de paiement tout en gardant le contrôle total de la politique monétaire. Une phase pilote est prévue pour l’année prochaine, selon des sources proches du dossier. Les observateurs du marché ont noté des parallèles avec Le Bitcoin atteint 110 000 $ ces dernières semaines.
Parallèlement, la Rwanda Capital Market Authority a proposé un cadre réglementaire pour les prestataires de services d’actifs virtuels. Le projet introduit un régime de licences pour encadrer les activités crypto tout en imposant des limites strictes sur leur utilisation. Les sanctions prévues sont lourdes : amendes pouvant aller jusqu’à 100 millions de francs rwandais et interdiction d’opérer.
Les autorités espèrent que cette approche poussera les plateformes à chercher une conformité légale plutôt qu’à opérer dans l’ombre. « On veut de la transparence, pas du bricolage », selon un responsable de l’autorité des marchés de capitaux qui a préféré rester anonyme.
Le Rwanda conserve une adoption crypto très faible comparé au Nigeria ou l’Afrique du Sud. Les volumes de transactions restent modestes, ce qui limite les risques systémiques potentiels pour l’instant. Pourtant, les autorités maintiennent une surveillance stricte face à l’expansion mondiale des plateformes crypto qui ciblent de plus en plus les marchés africains.
La banque centrale a aussi souligné l’importance de renforcer la sensibilisation du public sur les dangers des cryptos. Plusieurs personnes ont été victimes de fraudes et de pertes financières importantes à cause d’investissements imprudents dans des actifs numériques non régulés. Les chiffres exacts n’ont pas été communiqués, mais les cas se multiplient selon les autorités.
Rwangombwa insiste sur la nécessité d’une coopération renforcée avec les autorités internationales pour mieux surveiller ces activités transfrontalières. Le Rwanda participe déjà à plusieurs groupes de travail régionaux sur la régulation des actifs numériques. Les observateurs du marché ont noté des parallèles avec La Corée du Sud sévit contre ces dernières semaines.
Les discussions sur le cadre réglementaire final pour les crypto-actifs continuent. Des consultations publiques pourraient être organisées pour recueillir les avis des parties prenantes, banques locales incluses. L’objectif reste de s’assurer que la législation finale soit adaptée aux besoins du pays tout en protégeant les consommateurs rwandais des risques liés aux cryptos non régulées.
L’East African Community a également exprimé des préoccupations similaires concernant les plateformes crypto non autorisées opérant dans la région. La Tanzanie et l’Ouganda ont récemment durci leurs positions, créant un front commun avec le Rwanda contre les exchanges internationaux qui ignorent les réglementations locales.
Bybit compte plus de 30 millions d’utilisateurs dans le monde et a étendu ses services P2P à plus de 75 monnaies fiduciaires cette année. L’ajout du franc rwandais faisait partie de sa stratégie d’expansion africaine, mais la réaction rapide des autorités locales pourrait compromettre ses plans. D’autres plateformes comme Binance surveillent attentivement cette situation avant de proposer des services similaires dans la région.
Questions Fréquentes
Que dit exactement la Banque du Rwanda sur les cryptos?
La banque centrale maintient que les crypto-actifs ne sont pas autorisés pour les paiements ou conversions impliquant le franc rwandais, avec aucune protection légale en cas de perte.
Qu’est-ce que l’e-franc rwandais?
L’e-franc est une monnaie numérique d’État en développement au Rwanda, actuellement en phase de preuve de concept avec une phase pilote prévue prochainement.