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La montée des trésoreries d’entreprise en Bitcoin suscite de vives inquiétudes chez certains économistes, qui redoutent que l’accumulation non régulée par de grandes sociétés ne crée une bulle spéculative. L’économiste Peter Schiff est particulièrement critique à ce sujet, affirmant que cette stratégie compromet les valeurs fondamentales du Bitcoin et pourrait conduire à un effondrement du marché.
Alors que le Bitcoin atteint de nouveaux sommets et que de plus en plus d’entreprises convertissent leurs réserves de trésorerie en actifs numériques, Schiff estime que cette tendance n’est pas motivée par une adoption authentique, mais plutôt par un comportement spéculatif. Il affirme que la demande croissante est alimentée principalement par des entreprises de trésorerie Bitcoin et des investisseurs cherchant à profiter d’un engouement futur.
La tendance des trésoreries en Bitcoin sous le feu des critiques
Le 14 juillet, Schiff a utilisé le réseau social X (anciennement Twitter) pour dénoncer ce qu’il qualifie de dépendance croissante à l’achat institutionnel :
« La demande de Bitcoin a basculé vers des entreprises de trésorerie et des spéculateurs qui tentent d’anticiper ces achats », a-t-il écrit.
Il est allé plus loin en qualifiant la situation de schéma pyramidal :
« C’est un Ponzi construit sur une pyramide. Il ne s’agit pas d’élargir l’adoption du Bitcoin, mais d’une spéculation centralisée effrénée qui sape ses principes fondamentaux. »
Ces remarques ciblent directement la tendance actuelle où des entreprises comme MicroStrategy accumulent d’importantes quantités de Bitcoin dans leurs bilans.
D’autres économistes partagent cette inquiétude
L’économiste Steve Hanke, professeur à l’université Johns Hopkins, a également critiqué les entreprises qui placent une part importante de leur capital dans le Bitcoin.
« Les trésoreries en Bitcoin ou Ethereum n’ont pas de modèle économique, car le BTC n’a aucune valeur fondamentale », a-t-il déclaré.
Selon Schiff et Hanke, ces stratégies ressemblent davantage à des paris risqués qu’à des investissements réfléchis, et elles pourraient s’effondrer si le sentiment de marché devenait négatif.
Michael Saylor dans la ligne de mire
Schiff a également ciblé Michael Saylor, cofondateur et président exécutif de MicroStrategy, connu pour détenir plus de Bitcoin que toute autre entreprise cotée.
« Le prix monte jusqu’à ce que la bulle éclate, puis il s’effondrera », a averti Schiff. « Saylor pourrait bien être le plus grand naïf, mais cette dynamique ne peut pas durer éternellement. Cela n’a jamais été le cas. Le Bitcoin ne fera pas exception. »
L’argent (silver), une alternative selon Schiff
Alors que le Bitcoin continue d’attirer l’attention, Schiff recommande plutôt d’investir dans l’argent. Il a souligné que l’argent a récemment dépassé les 39 dollars, son plus haut niveau depuis 2012, et qu’il joue un rôle essentiel dans l’industrie.
« Le train de l’argent continue d’avancer discrètement », a-t-il écrit. « La hausse de l’argent a un impact réel dans le monde, contrairement au Bitcoin. Les industries ont besoin d’argent, personne n’a besoin du Bitcoin. »
Les défenseurs du Bitcoin ripostent
Malgré les critiques, de nombreux partisans du Bitcoin estiment que celui-ci offre des avantages uniques que l’or ou l’argent ne possèdent pas : offre limitée, transfert sans frontières, résistance à la censure.
Ils considèrent le Bitcoin comme de « l’or numérique », mettant en avant sa nature déflationniste et son architecture décentralisée. Pour eux, l’adoption institutionnelle renforce la légitimité et la valeur à long terme du Bitcoin, plutôt que de l’affaiblir.
Les fondamentaux du Bitcoin en question ?
Ce débat met en lumière le fossé croissant entre les économistes traditionnels et les partisans des actifs numériques. Pour certains, l’adoption par les entreprises est une preuve de maturité du Bitcoin. Pour d’autres, comme Schiff, elle menace sa décentralisation et pourrait précipiter un crash en cas de retournement du marché.
Ce qui est certain, c’est que le rôle du Bitcoin dans les stratégies financières d’entreprise est de plus en plus scruté. Si cette dynamique est alimentée par la peur de rater une opportunité plutôt que par une gestion rationnelle, le risque d’une correction brutale demeure.
L’avenir dira si cette tendance représente une avancée vers l’adoption généralisée ou si elle mène à un revers majeur pour le Bitcoin.




