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L’Ethereum se retrouve de nouveau sous les projecteurs, mais cette fois pour des raisons moins favorables. La deuxième plus grande cryptomonnaie par capitalisation boursière fait face à l’un de ses tests à court terme les plus difficiles en 2025, alors que l’incertitude macroéconomique se combine avec un déverrouillage imminent de 4 milliards de dollars en jetons jalonnés. Résultat : un net ralentissement de la dynamique haussière, l’ETH chutant à un creux de deux semaines autour de 4 150 $, en baisse de 4,5 % par rapport au sommet de mardi à 4 350 $.
Une convergence de vents contraires
Le recul d’Ethereum s’inscrit dans un climat de prudence accrue sur l’ensemble des marchés. Le Bitcoin a également corrigé autour de 112 000 $, signe que les investisseurs réduisent globalement leur exposition au risque. Le calendrier n’a rien d’un hasard : les traders attendent le discours de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, lors du symposium de Jackson Hole vendredi, avec l’espoir d’éclaircissements sur la décision de baisse des taux en septembre.
Selon Jake Ostrovskis, trader OTC chez Wintermute, les investisseurs réduisent leur risque face à une « incertitude connue ». La récente hausse de l’indice des prix à la production a alimenté les spéculations sur une position plus restrictive de Powell, ce qui, si confirmé, pourrait réduire la liquidité des actifs risqués comme les cryptomonnaies.
La pression du déverrouillage de 4 milliards de dollars
Au-delà de la macro, Ethereum affronte un défi interne unique : un déblocage massif de l’offre sur son réseau Proof-of-Stake (PoS). Les données de la file d’attente des validateurs montrent plus de 910 000 ETH — soit environ 3,91 milliards de dollars — en attente de retrait. Avec une période d’attente de 15 jours, ces sorties pourraient injecter progressivement une offre importante sur le marché à partir de septembre.
Xu Han, associé chez HashKey Capital, explique que la prise de bénéfices est le moteur principal, de nombreux validateurs cherchant à verrouiller leurs gains alors que l’ETH évolue proche de son sommet historique de 2021 à 4 900 $. La baisse de rentabilité des stratégies de staking à effet de levier joue aussi un rôle, les taux d’emprunt sur des plateformes comme Aave ayant fortement grimpé.
Pendant ce temps, la demande pour de nouveaux dépôts en staking reste faible : seulement 259 000 ETH (environ 1,09 milliard de dollars) sont entrés dans la file d’attente, bien en dessous du volume des retraits. Ce déséquilibre illustre l’ampleur du vent contraire à court terme.
Les retraits des ETF accentuent le pessimisme
La demande institutionnelle montre également des signes de faiblesse. Les ETF spot Ethereum cotés aux États-Unis ont enregistré 197 millions de dollars de sorties lundi, la deuxième plus importante de leur histoire quotidienne. Après deux semaines d’entrées, cela traduit un renversement brutal du sentiment.
Timothy Misir, directeur de la recherche chez BRN, estime que ces retraits, combinés aux sorties de staking, « pèsent sur le moral à court terme ». Selon lui, le seuil des 4 400 $ est crucial pour éviter une correction plus profonde.
Déclin de l’activité du réseau
L’activité on-chain d’Ethereum renforce les inquiétudes. Les adresses actives sont tombées à environ 600 000, contre 841 000 fin juillet — soit une baisse de 28 %. La création de nouveaux portefeuilles a chuté dans la même proportion à 138 000.
Ce recul suggère à la fois des prises de bénéfices et un engagement plus faible, au moins temporairement, dans l’écosystème d’applications décentralisées d’Ethereum. Certains analystes préviennent que si la tendance perdure, elle pourrait fragiliser son rôle de couche de règlement de référence pour le Web3.
Des garde-fous contre les sorties massives
Malgré les inquiétudes, Ethereum a été conçu avec des mécanismes pour éviter une hémorragie soudaine de validateurs. Le développeur Preston Van Loon souligne que la file d’attente des retraits empêche des sorties massives en période de stress, protégeant ainsi la sécurité économique du réseau.
Néanmoins, une fois débloqués, ces ETH pourraient finir par être vendus, ajoutant une pression supplémentaire dans un contexte déjà fragile.
Optimisme à long terme
Si le court terme paraît terni par ces risques d’offre et les incertitudes macro, beaucoup restent optimistes sur la trajectoire à long terme d’Ethereum. Han, de HashKey Capital, pense que le marché peut absorber cet excédent, grâce à une demande institutionnelle toujours robuste via les ETF et les trésoreries d’actifs numériques.
Arthur Azizov, fondateur de B2 Ventures, prévoit une consolidation de l’ETH entre 3 900 et 4 400 $ en attendant plus de clarté sur la Fed et la performance des valeurs technologiques américaines. Au-delà de ces turbulences, certains analystes maintiennent des prévisions haussières, avec des cibles entre 6 000 et 8 000 $ d’ici la fin de l’année.
Cet optimisme repose sur le rôle central d’Ethereum dans la finance décentralisée (DeFi), les NFT et une gamme croissante d’applications Web3. Les volumes de règlements en stablecoins continuent d’augmenter sur Ethereum, tandis que les développeurs avancent sur des améliorations de scalabilité cruciales.
Conclusion
Le récent repli d’Ethereum illustre l’équilibre délicat entre forces macroéconomiques, psychologie des investisseurs et dynamiques internes du réseau. Le déverrouillage de 4 milliards de dollars constitue un véritable test de résilience, tandis que les sorties d’ETF et la baisse d’activité on-chain traduisent une prudence accrue.
Mais l’histoire plus large reste celle d’une évolution, non d’un effondrement. Avec le retour attendu des flux institutionnels et son rôle moteur dans l’innovation crypto, beaucoup considèrent cette turbulence comme une simple étape avant de nouveaux sommets.