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En ce début de décembre 2025, le marché des cryptomonnaies traverse une phase de vente massive que Jeff Dorman, directeur des investissements chez Arca, qualifie de « la plus étrange jamais observée ». Alors que les autres actifs à risque suivent les tendances économiques prévues, les cryptomonnaies semblent déconnectées des conditions macroéconomiques et des fondamentaux sectoriels.
Depuis le 10 octobre, après des pannes sur plusieurs plateformes d’échange comme Binance, le marché des cryptomonnaies a chuté pendant sept des huit dernières semaines. Alors que les marchés boursiers et de crédit voient des sommets historiques, portés par une politique monétaire plus accommodante et une demande forte pour l’IA, le secteur des cryptomonnaies continue de décliner. Pourtant, les raisons traditionnelles de pessimisme envers les cryptomonnaies, telles que l’insolvabilité présumée de Tether ou la vente massive par MicroStrategy, ne se sont pas matérialisées.
Jeff Dorman s’interroge sur la persistance de cette tendance à la baisse, surtout dans un contexte où les indicateurs économiques sont redevenus favorables. Les données récentes montrent un ralentissement du marché de l’emploi et une inflation sous contrôle, créant un environnement où une baisse des taux d’intérêt semble probable. Malgré cela, les actifs numériques réagissent négativement à chaque mauvaise nouvelle, sans rebond significatif lorsque les nouvelles sont positives.
Une hypothèse avancée par Dorman est que le vendeur marginal n’est plus issu de l’écosystème crypto, mais plutôt des investisseurs traditionnels. L’intégration des cryptomonnaies dans des portefeuilles multi-actifs pourrait les rendre plus vulnérables aux fluctuations du marché traditionnel, où les actifs numériques sont souvent les premiers à être liquidés en cas de tensions.
Historiquement, les cryptomonnaies ont connu des cycles de hausse et de baisse influencés par divers facteurs, notamment la régulation et l’adoption institutionnelle. Récemment, la réglementation s’est resserrée dans plusieurs pays, ce qui pourrait contribuer à la prudence des investisseurs. De plus, bien que plusieurs grandes institutions financières commencent à s’intéresser aux cryptomonnaies, leur entrée massive dans ce secteur n’est pas encore réalisée. Par exemple, aux États-Unis, les régulateurs travaillent toujours à établir un cadre clair pour l’incorporation des actifs numériques par les banques traditionnelles.
Dorman souligne également que les tokens reposant principalement sur des valeurs sociales, comme le Bitcoin, les blockchains de niveau 1, les NFT et les memecoins, sont particulièrement sous pression. Cependant, il est notable que même les tokens avec des bases financières ou utilitaires solides ne surpassent pas nécessairement les autres. Ce manque de performance des tokens axés sur leur utilité économique soulève des questions quant à la véritable valeur perçue par les investisseurs.
Un autre point de discussion est le rôle de Tether, dont la solvabilité a souvent été mise en doute. Dorman défend la solidité de Tether, soutenant que leurs réserves en espèces et équivalents sont suffisantes pour parer à une crise de liquidité. La spéculation excessive autour de la solvabilité de Tether pourrait être plus une question de perception que de réalité économique.
Décrire l’absence de « cavalerie » ou d’acheteurs prêts à stabiliser le marché souligne la dépendance actuelle du marché des cryptomonnaies à des investisseurs extérieurs. Tant que les grandes entreprises de Wall Street ne peuvent pas intégrer les cryptomonnaies dans leur infrastructure existante, le marché pourrait rester vulnérable à des ventes massives et à des variations imprévisibles.
La capitalisation totale du marché des cryptomonnaies est actuellement de 2,9 trillions de dollars, un chiffre important qui témoigne néanmoins de la volatilité du secteur. L’intérêt croissant des institutions traditionnelles pourrait à terme stabiliser le marché, mais pour le moment, les investisseurs doivent composer avec une incertitude persistante et un manque de transparence dans les flux de capitaux. En conclusion, cette phase atypique du marché des cryptomonnaies incite à une réflexion approfondie sur ses dynamiques internes et ses interactions avec les marchés traditionnels. Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si cette déconnexion actuelle se transformera en une nouvelle normalité ou si elle est simplement une anomalie passagère.



