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La Corée du Sud s’apprête à renforcer ses réglementations contre le blanchiment d’argent dans le domaine des cryptomonnaies. À partir de 2026, le gouvernement sud-coréen élargira la règle du « Travel Rule » pour inclure les transferts de cryptomonnaies inférieurs à 1 million de won, soit environ 680 dollars. Cette décision fait suite à l’adoption de la loi sur la Protection des Usagers d’Actifs Virtuels, entrée en vigueur en juillet de l’année dernière. Cette législation interdit le délit d’initié, la manipulation de marché et le commerce illégal d’actifs virtuels, tout en accordant aux régulateurs des pouvoirs accrus pour inspecter les échanges et imposer des sanctions.
Le président de la Commission des services financiers, Lee Eok-won, a récemment informé la Commission de la législation et de la justice de l’Assemblée nationale que le gouvernement s’engageait à empêcher les activités financières illégales impliquant des cryptomonnaies. « Nous lutterons contre le blanchiment d’argent par cryptomonnaies en étendant la règle du Travel Rule à des transactions inférieures à 1 million de won », a-t-il déclaré. Actuellement, les utilisateurs peuvent contourner les vérifications d’identité en décomposant les transferts en montants plus petits. La nouvelle réglementation vise à combler cette lacune.
En parallèle, le gouvernement sud-coréen bloquera également les plateformes offshore à haut risque, jugées dangereuses pour les utilisateurs locaux. Ces mesures visent à freiner l’utilisation croissante des cryptomonnaies pour l’évasion fiscale, le trafic de drogue et les systèmes de paiement transfrontaliers. Cette initiative s’accompagne d’un renforcement des contrôles financiers pour les échanges locaux et de nouvelles exigences pour l’enregistrement des prestataires de services d’actifs virtuels. De plus, les personnes ayant des antécédents de crimes liés à la drogue ou à la fiscalité seront interdites de devenir actionnaires importants dans les entreprises de cryptomonnaie agréées.
Le gouvernement prévoit de finaliser ce cadre réglementaire au cours du premier semestre 2026. Les législateurs examineront les modifications légales proposées. En outre, la Corée du Sud entend intensifier sa coopération avec des organismes internationaux, tels que le Groupe d’action financière (GAFI), pour renforcer l’efficacité de ces mesures.
Dans un contexte où la Corée du Sud cherche à devenir un leader dans la technologie blockchain, ces nouvelles réglementations pourraient avoir un impact significatif sur l’écosystème crypto local. Historiquement, le pays a été un précurseur dans l’adoption des technologies numériques, mais il fait face à des défis liés à la sécurité financière et à la prévention des fraudes.
Cependant, certains experts soulignent que ces mesures pourraient également freiner l’innovation et la croissance du secteur des cryptomonnaies en imposant des contraintes supplémentaires aux entreprises. Par ailleurs, il existe un risque que les utilisateurs se tournent vers des plateformes encore plus difficiles à réguler, accentuant les problèmes que le gouvernement cherche justement à éviter.
Néanmoins, avec l’ampleur du marché des cryptomonnaies en Corée du Sud, qui est l’un des plus importants au monde, le gouvernement estime que ces actions sont nécessaires pour assurer la transparence et la sécurité financière. En effet, le pays a déjà pris des mesures significatives pour réguler le secteur, notamment en exigeant des échanges qu’ils travaillent uniquement avec des partenaires bancaires vérifiés.
Malgré les défis, la Corée du Sud est déterminée à créer un environnement où l’innovation peut prospérer sans compromettre la sécurité. Les observateurs du marché mondial suivront de près l’évolution de ces mesures réglementaires, car elles pourraient servir de modèle à d’autres pays confrontés à des défis similaires dans la régulation des actifs numériques.



