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France Crypto : 9,4 Milliards Imposables mais Seulement 368 Millions Déclarés en 2024

France Crypto : 9,4 Milliards Imposables mais Seulement 368 Millions Déclarés en 2024
France Crypto : 9,4 Milliards Imposables mais Seulement 368 Millions Déclarés en 2024

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Mis à jour 56 minutes il y a

La France a un sérieux problème fiscal avec les cryptos. Selon Chainalysis, l’activité crypto taxable dans le pays atteint 9,4 milliards de dollars en 2025 — dont 1,7 milliard de revenus directs et 2,5 milliards de plus-values. Et pourtant, les montants réellement déclarés au fisc restent ridiculement bas par rapport à ces chiffres.

Pour 2024, seulement 368 millions d’euros de plus-values ont été déclarés. C’est le chiffre que Chainalysis met en avant dans son rapport, et c’est franchement frappant quand on le compare aux 2,5 milliards de plus-values potentiellement imposables. L’écart est massif. Pas subtil, pas discutable — juste énorme. Et ça pose une question simple : où passe le reste ?

Des Déclarants de Plus en Plus Nombreux, Mais Pas Assez

La progression existe, faut le dire. En 2023, seulement 7 700 personnes avaient déclaré des plus-values crypto en France, pour un total de 150,8 millions d’euros. Un an plus tard, en 2024, ce chiffre grimpe à 24 000 déclarants et 368 millions d’euros. C’est une hausse nette, presque un triplement du nombre de contribuables concernés.

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Mais voilà le problème : même avec cette progression, les montants déclarés restent très loin des volumes réels que Chainalysis identifie comme taxables. Les données pour 2025 ne sont pas encore disponibles — elles arriveront dans quelques mois. Donc on travaille encore avec des chiffres partiels.

Pourquoi un tel écart ? Plusieurs explications probables. D’abord, la fiscalité française en 2025 n’impose pas les échanges crypto contre d’autres cryptos. Pareil pour l’utilisation de cryptos pour acheter des biens ou des services. Ça, c’est légal, et ça peut expliquer une partie de l’écart entre activité brute et montants déclarables. Les détenteurs peuvent naviguer entre transactions sans déclencher d’obligation fiscale tant qu’ils ne convertissent pas en euros avec un gain net.

Ensuite, y a l’auto-détention. Chainalysis le dit clairement : une grande partie des cryptos est détenue directement par leurs propriétaires, hors plateformes officielles. Self-custody, portefeuilles personnels, transactions peer-to-peer. Légal aussi. Mais quasi impossible à tracer pour le fisc.

DAC 8 : Le Changement Arrive en 2026

Ça va changer, au moins en partie. La directive européenne DAC 8 entre en vigueur dès 2026. Concrètement, les plateformes crypto enregistrées dans l’UE devront divulguer toutes les transactions de leurs utilisateurs aux administrations fiscales. À partir de 2027, se cacher derrière un exchange européen devient beaucoup plus risqué.

Pas de miracle non plus. DAC 8 ne couvre pas les transactions en self-custody. Les portefeuilles personnels restent hors radar. Donc les utilisateurs qui opèrent directement, sans passer par un exchange enregistré, continuent d’échapper aux contrôles. Le filet se resserre, mais y a encore de grosses mailles.

C’est probablement là que se cache l’essentiel de l’écart. Les plateformes non enregistrées, les wallets personnels, les transactions décentralisées — tout ça reste dans l’angle mort des autorités fiscales, et DAC 8 ne changera pas ça fondamentalement.

Le Piratage de la DGFiP Complique Tout

Et pendant que le fisc cherche à collecter plus de données, ses propres systèmes se font attaquer. En août, un piratage a exposé les données fiscales de 678 000 contribuables en France. La DGFiP touchée, des centaines de milliers de dossiers compromis.

Pas idéal comme contexte pour demander aux gens de déclarer plus d’informations personnelles. C’est le paradoxe dans lequel se retrouve l’administration : elle veut plus de transparence, plus de données, plus de déclarations — mais elle peine à sécuriser celles qu’elle a déjà. La fuite massive de la DGFiP illustre bien ce risque concret.

Pour les détenteurs de crypto déjà méfiants vis-à-vis des institutions, c’est du grain à moudre. Pourquoi fournir plus de données à un système qui les protège mal ?

La pression monte des deux côtés. D’un côté, les administrations fiscales européennes poussent fort pour la conformité, avec DAC 8 comme outil principal. De l’autre, les incidents de sécurité et la complexité des règles fiscales freinent l’adoption volontaire de la transparence. Et au milieu, 9,4 milliards de dollars d’activité taxable dont une fraction seulement remonte jusqu’au fisc.

Les 24 000 déclarants de 2024 représentent une hausse réelle. Mais face à l’ampleur du marché crypto français, c’est encore une goutte d’eau. Les 368 millions déclarés contre 2,5 milliards de plus-values potentielles — le ratio parle de lui-même.

Questions Fréquentes

Quel est le montant total de l’activité crypto taxable en France en 2025 ?

Selon Chainalysis, l’activité crypto taxable en France atteint 9,4 milliards de dollars en 2025, dont 1,7 milliard de revenus et 2,5 milliards de plus-values.

Combien de personnes ont déclaré des plus-values crypto en France pour 2024 ?

Pour 2024, 24 000 contribuables ont déclaré des plus-values crypto pour un total de 368 millions d’euros, contre 7 700 personnes et 150,8 millions d’euros déclarés pour 2023.

Qu’est-ce que la directive DAC 8 et quand entre-t-elle en vigueur ?

DAC 8 est une directive européenne qui entre en vigueur en 2026 et oblige les plateformes crypto enregistrées dans l’UE à divulguer les transactions de leurs utilisateurs aux administrations fiscales, avec effet pratique à partir de 2027.

Pourquoi c'est important

Cette disparité entre l'activité crypto taxable et les montants déclarés met en lumière des enjeux cruciaux pour la régulation du secteur en France. Un manque de transparence et de conformité fiscale pourrait non seulement entraver les efforts de l'État pour capter les recettes fiscales, mais également nuire à la crédibilité et à la sécurité du marché des cryptomonnaies. Dans un contexte mondial où la régulation des actifs numériques est en pleine évolution, cette situation pourrait également inciter les autorités françaises à renforcer leur cadre législatif pour mieux encadrer et surveiller les échanges et les transactions en cryptomonnaies.

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Jean-Luc Maracon

Jean-Luc Maracon est un expert franco-suisse de la finance décentralisée, connu pour ses analyses pointues sur le Bitcoin, les projets Web3 européens et les enjeux réglementaires de la crypto. Basé entre Genève et Paris, il offre une perspective unique mêlant traditions bancaires et innovations blockchain. Il collabore régulièrement avec des plateformes crypto en Europe pour démocratiser l’investissement numérique. Spécialités : Bitcoin, staking, réglementation européenne, sécurité crypto, Web3.

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