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Le 9 octobre 2025, Arthur Hayes, co-fondateur de BitMEX, a publié une analyse provocante affirmant que le cycle traditionnel de halving de Bitcoin, souvent vu comme un moteur du marché, est désormais obsolète. Selon lui, la liquidité macroéconomique, plutôt que les mécanismes internes de Bitcoin, déterminera l’évolution future des prix. Cette observation survient alors que les choix politiques à Washington et Pékin favorisent un environnement monétaire plus souple, soutenant potentiellement la hausse continue du Bitcoin.
Depuis sa création en 2009, Bitcoin a souvent été perçu à travers le prisme de cycles de quatre ans, rythmés par des halvings qui réduisent de moitié la récompense des mineurs. Cependant, Hayes soutient que ces cycles sont dépassés. Il explique que le prix du Bitcoin fluctue en fonction de la liquidité en dollars, c’est-à-dire la quantité et le coût de l’argent dans le système. Il note que « Bitcoin est la meilleure forme de monnaie jamais créée », mais son prix en dollars varie à cause des dynamiques monétaires.
Historiquement, ces cycles ont été influencés par les politiques monétaires des États-Unis et de la Chine. Par exemple, le « Cycle Genesis » (2009-2013) a profité du programme d’assouplissement quantitatif post-crise financière et de l’augmentation du crédit chinois, avant que ces deux moteurs ne perdent de leur vigueur en 2013. Le « Cycle ICO » (2013-2017) a vu un afflux massif de liquidités chinoises sur les marchés financiers, jusqu’à ce que les politiques monétaires se durcissent et que les taux américains augmentent, marquant la fin de cette période.
Durant la phase que Hayes appelle le « COVID Hoax » (2017-2021), la réponse politique aux États-Unis sous l’administration Trump a inondé le marché de dollars, stimulant les actifs risqués jusqu’à ce que l’inflation force un resserrement des politiques monétaires en 2021.
Aujourd’hui, nous sommes, selon Hayes, dans une phase qu’il nomme « Nouvel Ordre Mondial ». Cette période est caractérisée par des mouvements macroéconomiques complexes, comme l’orientation de l’émission de la dette américaine vers des titres à court terme, libérant environ 2,5 trillions de dollars de liquidités sur les marchés. Cette décision reflète une volonté politique de maintenir une économie dynamique.
Hayes souligne également que la réduction des taux d’intérêt par la Fed, malgré une inflation qui dépasse les cibles, conjointement avec des réformes pour diminuer le coût du logement et assouplir les régulations bancaires, indique un futur où l’argent sera plus accessible. Quant à la Chine, bien que Pékin ne reproduira probablement pas les grandes impulsions de crédit de 2009 ou 2015, le pragmatisme économique pourrait prévaloir face aux pressions économiques.
L’idée centrale de Hayes est que les cycles du Bitcoin ne sont que des reflets des cycles monétaires. Lorsque la liquidité en dollars et en yuans ralentit, Bitcoin atteint ses anciens sommets, tandis que sa résilience récente résulte d’une nouvelle orientation des priorités politiques vers une monnaie plus abondante.
Cependant, cette approche n’est pas sans risque. Certains analystes soulignent que la dépendance accrue envers les politiques monétaires pourrait rendre les marchés plus vulnérables aux décisions politiques soudaines ou aux chocs économiques inattendus. De plus, l’absence de réglementation mondiale harmonisée sur les crypto-monnaies pourrait introduire des incertitudes supplémentaires.
Historiquement, d’autres pays ont également influencé le marché du Bitcoin. Par exemple, le Salvador a choqué le monde en adoptant Bitcoin comme monnaie légale en 2021, une décision qui a montré comment les politiques nationales peuvent affecter la perception et l’utilisation des crypto-monnaies à l’échelle mondiale.
Le discours de Hayes se termine par une métaphore royale : « Écoutez nos maîtres monétaires à Washington et Pékin. Ils déclarent clairement que l’argent sera moins cher et plus abondant. Ainsi, Bitcoin continue de monter en prévision de ce futur hautement probable. » À l’heure actuelle, le Bitcoin se négocie à 122 147 dollars.
En conclusion, la vision qu’Arthur Hayes propose est celle d’un Bitcoin évoluant non plus au rythme de ses propres règles internes, mais à celui des politiques économiques mondiales. Cela marque un tournant potentiel dans la manière dont les investisseurs pourraient aborder le marché des crypto-monnaies à l’avenir. Il reste à voir si cette perspective s’imposera dans un marché en constante évolution.



