Community Trust ScoreVérifié
Kalshi vient de franchir un cap impressionnant. La plateforme a dépassé les 100 milliards de dollars en volume notionnel cumulé, principalement grâce à une augmentation du trading lié à la Coupe du Monde. Le volume hebdomadaire a atteint 6,38 milliards de dollars au 14 juin, contre 4,46 milliards de dollars la semaine précédente. Les contrats sportifs portent essentiellement cette croissance.
Cette croissance ne se fait pas sans remous. La même semaine où Kalshi célébrait cette étape importante, la plateforme rivale Polymarket était plongée dans un différend complexe qui ne se résoudra probablement pas facilement. Le conflit concerne son marché de l’accord de paix avec l’Iran, qui a attiré plus de 345 millions de dollars en volume. Les traders sont fortement divisés sur la question de savoir si un accord temporaire entre les États-Unis et l’Iran compte comme un « accord de paix permanent » selon les termes exacts du contrat. Personne n’est d’accord. Le langage du contrat est flou, les déclarations officielles sont ambiguës, et toute l’affaire traîne en longueur. Ce n’est pas la première fois que Polymarket rencontre ce genre de problème. La plateforme a rencontré des difficultés similaires avec les marchés de l’Ukraine et du Venezuela récemment. Lorsque les résultats dépendent de l’interprétation plutôt que d’un événement clair et vérifiable, ces plateformes rencontrent rapidement des problèmes.
56 organisations poussent le Congrès à sévir
La pression politique monte également. Une coalition de 56 organisations a officiellement demandé au Congrès de restreindre les marchés de prédiction, exhortant les législateurs à intégrer ces restrictions dans la législation crypto à venir. Plus précisément, ils veulent que les contrats d’événements liés aux sports et aux jeux de hasard soient interdits purement et simplement. La coalition n’est pas un groupe marginal — elle inclut des organisations de l’industrie du jeu et des syndicats, ce qui lui confère un véritable poids de lobbying à Capitol Hill.
Leur argument principal est assez simple : les marchés de prédiction ont discrètement construit ce qui est, à toutes fins pratiques, un marché de paris sportifs déguisé en instrument financier. Ils remettent également en question la capacité — ou l’autorité — de la CFTC à réguler ce qu’ils considèrent comme une activité de jeu. C’est un défi de taille. La CFTC a été l’organisme fédéral principal supervisant ces plateformes, et si le Congrès décide de retirer ou de limiter cette autorité, toute la structure réglementaire des marchés de prédiction aux États-Unis change radicalement. Aucun détail pour l’instant sur la manière dont la législation pourrait évoluer, et le calendrier reste flou.
Wealthsimple apporte Kalshi au Canada
Tandis que les États-Unis débattent, le Canada prend une direction différente. Wealthsimple — l’une des plus grandes plateformes d’investissement de détail au Canada — prévoit de lancer des marchés de prédiction en partenariat avec Kalshi. L’offre a été approuvée plus tôt cette année. Wealthsimple souhaite donner aux investisseurs canadiens accès à des marchés liés aux indicateurs économiques et aux données climatiques, ce qui est un axe de produit nettement différent de celui des volumes axés sur le sport qui stimulent les chiffres de Kalshi aux États-Unis. C’est un point d’entrée réglementé dans un domaine que la plupart des investisseurs de détail canadiens n’ont pas encore exploré.
Mais tous les pays ne déroulent pas le tapis rouge. L’Espagne, l’Inde et l’Indonésie ont toutes pris des mesures pour restreindre l’accès aux plateformes comme Kalshi et Polymarket. L’application de ces mesures est cependant une toute autre histoire. Les utilisateurs de ces marchés contournent les blocages avec des VPN et paient avec des cryptomonnaies, ce qui rend le suivi des flux financiers véritablement difficile pour les régulateurs. L’Inde en est un exemple clair — malgré les restrictions, les plateformes restent accessibles aux utilisateurs qui savent ce qu’ils font. Et beaucoup d’entre eux le savent.
Ce décalage entre la politique et la réalité est probablement la tension déterminante dans cette industrie en ce moment. Les gouvernements peuvent adopter des règles. Bloquer un site web est facile. Mais arrêter un utilisateur déterminé avec un VPN et un portefeuille crypto ? Pas vraiment faisable à grande échelle.
Le contraste entre l’accueil du Canada et la résistance de l’Espagne, de l’Inde et de l’Indonésie résume bien l’état de la réglementation mondiale des marchés de prédiction. Fragmentée. Certaines juridictions voient ces plateformes comme des instruments financiers légitimes à intégrer dans les cadres existants. D’autres les considèrent comme un contournement des lois sur les jeux de hasard, point final. Aucun consensus ne se forme pour l’instant.
Pour Kalshi, le chiffre de 100 milliards de dollars est réel et important. Les contrats sportifs — les marchés de la Coupe du Monde en particulier — ont entraîné la hausse du volume hebdomadaire. La demande est clairement là. Mais l’entreprise opère dans un environnement où une coalition de 56 organisations fait activement pression contre son produit principal, où un concurrent majeur se bat pour un règlement de 345 millions de dollars, et où trois pays tentent de bloquer l’accès à sa plateforme.
L’accord avec Wealthsimple au Canada offre à Kalshi un point d’ancrage réglementé sur un nouveau marché. Ce n’est pas rien. C’est probablement la nouvelle la plus positive que l’entreprise ait reçue cette semaine.
La lettre de la coalition de 56 organisations au Congrès est actuellement entre les mains des législateurs.
Questions Fréquentes
Quel volume Kalshi a-t-il enregistré pour la semaine se terminant le 14 juin ?
Kalshi a enregistré un volume notionnel hebdomadaire de 6,38 milliards de dollars au 14 juin, contre 4,46 milliards de dollars la semaine précédente, principalement grâce aux marchés de la Coupe du Monde.
Quel est le différend sur le marché iranien de Polymarket ?
Les traders ne s’accordent pas sur la question de savoir si un accord temporaire entre les États-Unis et l’Iran qualifie comme un « accord de paix permanent » selon les termes du contrat de Polymarket, avec plus de 345 millions de dollars de volume lié au résultat.
