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Le PDG de Metaplanet parie sur Bitcoin en Asie depuis Hong Kong

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Mis à jour 38 minutes il y a

Simon Gerovich ne mâche pas ses mots. Le patron de Metaplanet était à Hong Kong vendredi pour la conférence Bitcoin Asia, et il a dit clairement ce qu’il pense : le moment de Bitcoin en Asie est arrivé. Pas dans dix ans. Maintenant.

C’est un tournant assez radical pour une boîte qui, il y a encore quelques années, était dans l’hôtellerie et la tech. Metaplanet a tout lâché en 2024 pour pivoter vers Bitcoin — et ça a marché, au moins sur le papier. La société cotée à Tokyo tient aujourd’hui 43 000 bitcoins, soit environ 3,3 milliards de dollars d’actifs. Ça la place au troisième rang mondial des trésors Bitcoin, derrière les géants américains. Pas mal pour une reconversion.

Gerovich a raconté le chemin parcouru : l’échec d’abord, puis la décision de tout miser sur Bitcoin comme actif de bilan. L’idée centrale, c’est simple — permettre aux investisseurs japonais d’accéder à Bitcoin via des actions régulées en bourse, sans avoir à gérer des wallets ou des exchanges. Un proxy Bitcoin, en gros.

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14 000 milliards de dollars qui dorment dans des comptes japonais

Le chiffre qu’il a sorti vendredi est frappant. D’après Gerovich, les ménages japonais détiennent environ 14 000 milliards de dollars en actifs financiers — et la moitié de ça dort dans des dépôts bancaires faiblement rémunérés. Quatorze mille milliards. La moitié en cash quasi-improductif.

Avec des taux d’intérêt historiquement bas au Japon depuis des décennies, garder cet argent en banque ne rapporte presque rien. Les ménages le savent. Les investisseurs institutionnels aussi. Et c’est là où Gerovich voit l’ouverture : cette épargne massive cherche des alternatives, et Bitcoin — désormais perçu moins comme un actif spéculatif et plus comme une réserve de valeur — pourrait capter une partie de ces flux.

Pas clair encore combien de cette épargne va réellement bouger vers le Bitcoin. Mais l’argument est là.

Japon, Hong Kong, Singapour : le cadre réglementaire change

Le contexte réglementaire aide, et Gerovich l’a dit sans détour. Le Japon, Hong Kong et Singapour adaptent leurs règles pour accueillir les actifs numériques. Trois marchés majeurs, trois approches différentes, mais une direction commune : légitimer Bitcoin et les cryptos dans le système financier traditionnel.

Pour Metaplanet, qui opère depuis Tokyo et est cotée sur une bourse régulée, ce cadre est un avantage compétitif direct. Les investisseurs institutionnels japonais peuvent acheter des actions Metaplanet sans jamais toucher à un exchange crypto. C’est ça, la thèse — rendre Bitcoin accessible par des canaux qu’ils connaissent déjà.

Gerovich a aussi parlé d’un cycle. Son idée : l’Asie vit son premier vrai cycle Bitcoin, alors que les cycles précédents étaient dominés par l’Occident — États-Unis en tête. Les entreprises asiatiques ont raté les premiers tours. Pas question de rater celui-là.

Il a encouragé les boîtes et institutions de la région à construire l’infrastructure Bitcoin maintenant, pendant que les règles se mettent en place et que la fenêtre est ouverte. Attendre, selon lui, c’est laisser l’avantage à d’autres.

La conférence Bitcoin Asia a aussi servi de forum pour parler de développement d’applications. Les discussions ont porté sur comment construire des outils et services à partir de zéro — une couche technique qui manque encore en Asie par rapport à l’Occident. Gerovich y voit une opportunité pour les développeurs et entrepreneurs locaux.

Et il y a un point qu’il a martelé plusieurs fois : la fin de ce qu’il appelle la stratégie de thésaurisation cash, combinée aux nouvelles règles, crée une fenêtre unique. Les deux conditions sont réunies en même temps, ce qui n’était pas le cas avant. Pour lui, c’est maintenant ou jamais pour les acteurs asiatiques qui veulent se positionner.

Metaplanet, de son côté, a déjà fait le choix. 43 000 bitcoins au bilan, une cotation à Tokyo, et un PDG qui fait le tour des conférences asiatiques pour vendre la thèse. L’entreprise mise sur le fait que d’autres suivront — institutions, corporates, fonds — et que la région va basculer vers Bitcoin plus vite que beaucoup ne le pensent.

La conférence Bitcoin Asia à Hong Kong a réuni des acteurs de toute la région pour exactement ces discussions.

Questions Fréquentes

Combien de bitcoins Metaplanet détient-elle actuellement?

Metaplanet détient 43 000 bitcoins, valorisés à environ 3,3 milliards de dollars selon les prix actuels.

Pourquoi Gerovich cible-t-il l’épargne japonaise pour Bitcoin?

Les ménages japonais détiennent environ 14 000 milliards de dollars en actifs financiers, dont la moitié en dépôts bancaires faiblement rémunérés — une masse d’épargne que Gerovich voit comme un réservoir potentiel pour Bitcoin.

Quels pays asiatiques changent leurs règles sur les actifs numériques?

Le Japon, Hong Kong et Singapour adaptent leurs réglementations pour mieux encadrer et soutenir les actifs numériques comme Bitcoin.

Pourquoi c'est important

L'affirmation de Simon Gerovich souligne une tendance croissante d'adoption du Bitcoin en Asie, un marché qui pourrait jouer un rôle clé dans la dynamique mondiale des cryptomonnaies. Ce repositionnement stratégique de Metaplanet témoigne d'une confiance renouvelée envers le potentiel du Bitcoin, particulièrement dans un contexte où des régulations plus claires commencent à émerger dans la région. Cette évolution pourrait inciter d'autres entreprises à envisager des investissements similaires, renforçant ainsi la légitimité et l'essor du secteur des cryptomonnaies en Asie.

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Jean-Luc Maracon

Jean-Luc Maracon est un expert franco-suisse de la finance décentralisée, connu pour ses analyses pointues sur le Bitcoin, les projets Web3 européens et les enjeux réglementaires de la crypto. Basé entre Genève et Paris, il offre une perspective unique mêlant traditions bancaires et innovations blockchain. Il collabore régulièrement avec des plateformes crypto en Europe pour démocratiser l’investissement numérique. Spécialités : Bitcoin, staking, réglementation européenne, sécurité crypto, Web3.

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