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Reform UK vient de ramasser 85 millions de livres en quarante-huit heures. Deux hommes derrière ça : Ben Delo et Christopher Harborne, deux crypto-milliardaires qui ont mis 36 millions de livres chacun sur la table.
Delo, c’est le cofondateur de BitMEX, basé à Hong Kong. Il a annoncé son don dans un journal britannique, sans vraiment s’en cacher. Son plan : un million de livres par mois jusqu’aux élections législatives, prévues pour la mi-2029. Pas un chèque unique. Un flux régulier, pensé pour durer. Harborne, lui, est la sixième fortune du Royaume-Uni. Son don de 36 millions bat son propre record — il avait déjà mis gros sur Reform UK en 2025, mais là il se surpasse. Les deux hommes ont le même objectif : donner au parti de Nigel Farage une infrastructure électorale qui tient la route, capable de rivaliser avec les grands partis traditionnels qui ont des décennies de machine derrière eux.
Quatre-vingt-cinq millions en deux jours. C’est du jamais vu pour Reform UK.
Farage sous enquête pendant que l’argent rentre
Le timing est brutal. Au moment même où ces millions arrivent, Reform UK fait face à plusieurs enquêtes qui compliquent sérieusement le tableau. Farage est accusé de ne pas avoir déclaré un don de cinq millions de livres reçu de Harborne — oui, le même Harborne — avant sa première élection en 2024. Farage nie. Il dit que le don était personnel, pas politique. Pas de faute, selon lui.
Mais y a autre chose. La police de Londres a élargi une enquête criminelle sur des dons étrangers reçus avant les législatives de 2024. Pas des détails sur qui exactement est visé, ni sur l’avancement précis du dossier. Ce qu’on sait : l’enquête existe, elle s’élargit, et ça tombe au pire moment pour un parti qui essaie de convaincre que sa montée en puissance est propre.
Le congrès récent du parti était censé être un relancement. Un moment pour présenter un programme ambitieux, montrer que Reform UK est prêt à gouverner un jour. Pas vraiment. Un reportage compromettant sur les finances du parti est sorti pile au mauvais moment, sapant l’élan que Farage voulait créer. Résultat : les intentions de vote stagnent.
Un débat sur le plafonnement des dons qui revient
Ces sommes relancent une question que le Royaume-Uni esquive depuis longtemps : faut-il plafonner les dons politiques ? Le gouvernement travailliste a résisté jusqu’ici à toucher à ça. Mais une proposition de loi circule — elle viserait à limiter les dons des Britanniques résidant à l’étranger à 100 000 livres par an. Delo est basé à Hong Kong. Harborne, sixième fortune britannique, a des intérêts partout. Pas clair si cette proposition avance vraiment ou si elle reste dans les tiroirs.
Ce qui est clair : l’argent venu de l’étranger, ou de gens installés à l’étranger, fait de plus en plus peur. L’idée que des fortunes construites hors du Royaume-Uni puissent peser aussi lourd dans une élection britannique, ça dérange. Les critiques montent, des deux côtés de l’échiquier politique.
Pendant ce temps, les travaillistes semblent profiter des turbulences. Sous Andy Burnham, le parti regagne du terrain dans les sondages. Reform UK, qui caracolait en tête il y a encore quelques mois, voit l’écart se réduire. Farage avait marqué un vrai tournant lors des élections locales de 2025. Mais les enquêtes, les révélations financières, le reportage du congrès — tout ça a terni l’image du parti plus vite qu’il ne l’avait construite.
Le financement politique au Royaume-Uni n’est pas encadré comme dans d’autres démocraties. Pas de plafond national sur les dons privés. Pas de limite stricte sur ce qu’un individu peut verser à un parti sur une période donnée — du moins pas au niveau que ces 36 millions de livres chacun rendraient illégal. C’est légal. C’est ça qui choque autant que les montants.
Reform UK veut une machine. Bureaux locaux, militants payés, campagnes numériques à grande échelle. Les partis établis ont mis des décennies à construire ça. Delo et Harborne veulent acheter du temps. Un million par mois de Delo, 36 millions d’un coup de Harborne — c’est une tentative d’accélération brutale.
Farage, lui, reste la figure centrale. Malgré les enquêtes, malgré les révélations, il tient. Sa réélection récente, même dans un scrutin largement boycotté selon certains observateurs, lui a donné une légitimité formelle. Mais sa marge de manœuvre rétrécit. Les investigations en cours pourraient avoir des conséquences directes sur sa capacité à mener campagne en 2029.
La proposition de loi sur les dons des expatriés reste floue. Pas de calendrier précis, pas de vote imminent annoncé. Mais le débat, lui, est bien là — et 85 millions de livres en quarante-huit heures viennent de lui donner une nouvelle urgence.
Harborne avait déjà battu un record en 2025. Il vient de battre le sien.
Questions Fréquentes
Combien Reform UK a-t-il reçu en dons en deux jours ?
Reform UK a reçu 85 millions de livres en quarante-huit heures, dont 36 millions de Ben Delo et 36 millions de Christopher Harborne.
Qui est Ben Delo et quel est son lien avec Reform UK ?
Ben Delo est le cofondateur de BitMEX, basé à Hong Kong. Il verse un million de livres par mois à Reform UK jusqu’aux élections législatives prévues pour la mi-2029.
Quelles enquêtes visent actuellement Reform UK ?
Nigel Farage est accusé de ne pas avoir déclaré un don de cinq millions de livres de Harborne avant les élections de 2024. La police de Londres a aussi élargi une enquête criminelle sur des dons étrangers reçus avant ces mêmes législatives.
Pourquoi c'est important
Cette collecte de fonds notable pour Reform UK illustre l'influence croissante des crypto-milliardaires sur la politique britannique, une tendance qui pourrait transformer les dynamiques électorales et le financement des partis. En s'engageant à des dons réguliers, Delo et Harborne pourraient également inciter d'autres acteurs du secteur à investir dans des initiatives politiques, renforçant ainsi le lien entre l'innovation technologique et les orientations politiques. Cette situation soulève des questions sur l'impact des financements privés sur les choix démocratiques et la régulation des cryptomonnaies.




