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À partir de février 2026, la Banque centrale du Brésil introduira de nouvelles règles qui classeront les transactions en crypto-monnaies impliquant des devises fiduciaires comme opérations de change. Cette évolution intervient dans le cadre des efforts accrus du pays pour renforcer la surveillance des actifs numériques, un secteur en pleine expansion.
Les nouvelles régulations élargissent les obligations existantes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme pour inclure les prestataires de services d’actifs virtuels (VASPs). Elles imposent des exigences d’autorisation, de transparence et de gouvernance similaires à celles en vigueur pour les institutions financières traditionnelles. Conformément à ces règles, les achats, ventes et échanges d’actifs numériques liés à des monnaies fiduciaires, ainsi que les paiements et transferts internationaux effectués via des crypto-monnaies, seront désormais soumis à des contrôles accrus. Gilneu Vivan, directeur de la réglementation de la banque centrale, a déclaré que ces mesures visent à réduire les risques de fraude et de blanchiment d’argent sur les marchés des actifs virtuels.
Le Brésil, la plus grande économie d’Amérique latine, avait initialement approuvé un cadre juridique pour les actifs numériques en 2022 sous la loi 14.478/2022 (BVAL). Cependant, l’application de cette loi dépendait de réglementations complémentaires de la banque centrale. Depuis, l’adoption des crypto-monnaies a augmenté, incitant les régulateurs à organiser plusieurs consultations publiques. Les responsables ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’utilisation croissante des stablecoins, généralement adossés à des actifs tels que le dollar américain, souvent utilisés pour des flux de paiements échappant au système financier formel.
Actuellement, les crypto-monnaies se trouvent dans une zone grise légale au Brésil : elles ne sont ni interdites, ni reconnues comme des instruments de paiement officiels. Les plateformes doivent néanmoins respecter certaines normes du secteur financier, telles que l’enregistrement local, des exigences de capital minimum, ainsi que des politiques de LBC/FT et des audits internes.
Le marché brésilien des crypto-monnaies est diversifié, avec des échanges domestiques tels que Mercado Bitcoin, Foxbit et NovaDAX, ainsi que des acteurs internationaux comme Binance et Bitso. La plupart offrent un trading direct en reais brésiliens et participent à la tokenisation d’actifs réels à travers des initiatives comme MB Digital Assets. Le contexte réglementaire s’est durci suite à des affaires de fraude retentissantes, telles que l’opération Lusocoin, révélant une escroquerie de courtier en crypto de 540 millions de dollars. Les autorités envisagent également de limiter les transferts internationaux à 10 000 dollars par transaction pour réduire les flux transfrontaliers illicites.
Un régime de licence formel pour les prestataires de services d’actifs numériques (DASPs) est attendu au début de 2026. Les entreprises devront renforcer leurs normes de conformité, de cybersécurité et de protection des clients pour pouvoir continuer à opérer. Selon les observateurs, la nouvelle classification des échanges crypto-fiat en tant qu’activité de change ancrera la surveillance des crypto-monnaies dans le cadre financier établi du Brésil, ouvrant la voie à une intégration plus étroite entre les marchés d’actifs numériques et le système bancaire du pays.
Cependant, certains critiques soulignent que ces nouvelles réglementations pourraient freiner l’innovation et la croissance rapide du secteur des crypto-monnaies au Brésil. Le pays, longtemps considéré comme une terre d’opportunités pour les technologies financières, pourrait voir sa position affaiblie si les restrictions sont perçues comme trop contraignantes par les investisseurs et startups technologiques. En outre, le débat sur l’équilibre entre sécurité et innovation reste central dans la mise en place de ces nouvelles règles. La question qui se pose est de savoir si le système financier brésilien peut absorber cette nouvelle vague d’innovation tout en garantissant la stabilité.
Sur la scène internationale, d’autres pays comme la France et l’Allemagne ont également renforcé leurs réglementations sur les crypto-monnaies, bien que chaque nation suive une approche unique en fonction de son cadre économique et juridique. Le Brésil cherche à se positionner parmi ces leaders réglementaires, tout en s’assurant que les avantages de la technologie blockchain et des actifs numériques soient pleinement exploités dans un cadre sécurisé et transparent.
Enfin, l’efficacité de ces nouvelles règles dépendra de leur mise en œuvre et de la capacité des autorités à s’adapter aux évolutions rapides de la technologie et des marchés numériques. Le défi consistera à trouver un équilibre entre innovation et régulation pour maintenir la confiance et l’attractivité du secteur tout en garantissant sa stabilité et sa sécurité.



