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PayPal vire son PDG. Alex Chriss dégage le 1er mars, remplacé par Enrique Lores, l’ancien patron de HP Inc. Pas vraiment une surprise après le trimestre catastrophique qui vient de tomber.
Les chiffres font peur. L’action s’écroule de 20%, tombe à 42,30$. C’est la pire chute depuis quatre ans pour PayPal. Les revenus du quatrième trimestre grimpent de 4% à 8,9 milliards, mais c’est en dessous des attentes. Les bénéfices par action montent à 1,23$, soit 3% de plus, mais là aussi les analystes espéraient mieux. Pour l’année complète, PayPal affiche 5,31$ par action, sous la fourchette prévue de 5,35 à 5,39$. Les volumes de paiements ralentissent, les consommateurs américains dépensent moins. Et les marchés internationaux donnent du fil à retordre.
Jamie Miller prend l’intérim en attendant Lores.
En octobre déjà, Miller avait prévenu que les conditions économiques rendraient les objectifs difficiles à tenir. Ça n’a pas bougé depuis. Les coûts grimpent, la concurrence fait rage, et monétiser les paiements devient un casse-tête. PayPal peine à compenser les défis structurels qui plombent son business model. Le 2 février, au lendemain des résultats, les volumes de transactions chutent de 5% sur un an. Pas bon signe.
David Dorman vient d’être nommé président du conseil.
Il n’y va pas par quatre chemins : « Bien que des progrès aient été réalisés dans plusieurs domaines au cours des deux dernières années, le rythme des changements et de l’exécution n’était pas à la hauteur des attentes du conseil. » Traduction : Chriss n’allait pas assez vite. Les tensions internes autour de la stratégie ont fini par exploser au grand jour.
PayPal essaie de diversifier ses revenus. L’entreprise a demandé une licence bancaire aux États-Unis auprès de la Federal Deposit Insurance Corp. et du Utah Department of Financial Institutions. Elle en a déjà une en Europe. En janvier, PayPal signe un partenariat avec une fintech locale pour renforcer sa présence européenne. L’idée : élargir l’offre de services financiers malgré les galères actuelles.
Mais les analystes restent sceptiques.
Le 3 février, Wall Street révise ses prévisions à la baisse. Morgan Stanley coupe son objectif de prix de 50$ à 45$, citant les pressions sur les marges et la concurrence qui s’intensifie. Plusieurs autres banques d’investissement emboîtent le pas. L’incertitude plane sur les mesures que PayPal va prendre pour redresser la barre.
Enrique Lores arrive avec de l’expérience. Chez HP Inc., il a mené une transformation notable, en se concentrant sur l’innovation produit et l’efficacité opérationnelle. PayPal espère qu’il saura redynamiser la croissance. Mais le défi s’annonce corsé dans un marché des paiements en ligne de plus en plus saturé.
Le 15 janvier, PayPal a signé un accord stratégique avec Shopify pour intégrer des solutions de paiement avancées. L’objectif : capter plus de transactions en ligne et compenser la baisse des volumes traditionnels. Cet accord fait partie des efforts pour diversifier les sources de revenus, même si les résultats tardent à se voir.
En interne, les réactions sont mitigées. Selon des sources proches du dossier, certains employés s’inquiètent de l’impact sur la culture d’entreprise et la stabilité des équipes. D’autres voient ce remaniement comme une opportunité de renouvellement. « Pas clair encore comment ça va se passer », confie un cadre qui préfère rester anonyme.
Les pressions macroéconomiques continuent de peser. La faiblesse des dépenses de consommation aux États-Unis et les vents contraires internationaux impactent directement les volumes de transactions. PayPal doit naviguer dans un environnement difficile, avec des consommateurs plus prudents et des entreprises qui resserrent leurs budgets marketing.
Lores prendra officiellement ses fonctions le 1er mars. Il hérite d’une situation compliquée, avec des investisseurs déçus et des employés inquiets. Son expérience chez HP pourrait aider, mais le secteur des paiements numériques évolue vite. La concurrence d’Apple Pay, Google Pay et autres fintechs ne faiblit pas.
PayPal n’a pas communiqué de plan détaillé pour redresser ses performances. L’entreprise mise sur ses initiatives bancaires et ses partenariats stratégiques, mais les résultats concrets se font attendre. Le volume des transactions reste sous pression, et les marges continuent de se tasser.
La concurrence s’intensifie particulièrement avec l’essor des solutions « buy now, pay later » comme Klarna et Affirm, qui grignotent des parts de marché sur les jeunes consommateurs. Square, racheté par Block, pousse aussi ses pions avec Cash App qui séduit une clientèle mobile. PayPal doit rattraper son retard technologique face à ces nouveaux acteurs plus agiles.
Côté réglementaire, la pression monte également. L’Union européenne prépare de nouvelles règles sur les services de paiement numériques qui pourraient compliquer l’expansion internationale de PayPal. Aux États-Unis, la Fed surveille de près les géants du paiement digital, craignant des risques systémiques si l’un d’eux venait à flancher.





