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Nayib Bukele l’a dit clairement vendredi : les 7.765 bitcoins du Salvador n’ont pas bougé. Pas un satoshi. Le président salvadorien a pris la peine de monter sur X pour couper court aux rumeurs qui circulaient depuis des jours dans la presse internationale, affirmant que ces réserves n’avaient pas été transférées à un opérateur privé dans le cadre de l’accord signé avec le Fonds monétaire international. À cours de change actuel, ce portefeuille pèse plus de 671 millions de dollars. C’est pas rien.
La confusion vient probablement de la nature même de l’accord. En décembre 2024, le Salvador a signé un prêt de 1,4 milliard de dollars avec le FMI — une bouée de sauvetage pour une économie sous pression. Le deal avait un prix politique lourd : retirer au bitcoin son statut de monnaie légale. Le pays l’a fait en janvier 2025, à peine quelques semaines après la signature. C’est un revirement spectaculaire pour un gouvernement qui avait fait de l’adoption du bitcoin un marqueur identitaire fort depuis septembre 2021, quand le Salvador était devenu le premier pays au monde à lui accorder ce statut. Quatre ans d’histoire crypto effacés sur papier, du moins officiellement.
Bukele a quand même gardé les bitcoins.
Chivo au Cœur de la Confusion
Ce que Bukele a précisé sur X, c’est que seules les actions du portefeuille Chivo avaient été transférées — pas les bitcoins eux-mêmes. Nuance importante. Le portefeuille Chivo, c’est la plateforme que le Salvador utilisait pour gérer ses transactions en bitcoin au niveau national, notamment pour les paiements du quotidien et les envois de fonds. Transférer les actions de cette entité, c’est différent de vider les réserves stratégiques du pays. Bukele a insisté là-dessus, probablement parce que la distinction n’était pas claire dans les médias qui couvraient l’accord.
Le FMI, de son côté, a dit que la participation publique dans le portefeuille Chivo avait été largement réduite. L’institution voit ça comme une mesure de transparence — moins d’État dans la gestion directe de l’outil, plus de clarté sur les avoirs numériques du pays. Pour le FMI, c’est une condition de confiance, pas juste une formalité administrative.
Et Bukele, lui, y voit une façon de garder la main sur les bitcoins tout en respectant les termes du prêt. Pas clair encore si tout le monde est d’accord sur cette lecture.
La Tranche de 140 Millions Suspendue à une Approbation
Le FMI a annoncé le déblocage d’une tranche de 140 millions de dollars — mais attention, c’est conditionnel. L’institution a reçu l’assurance que les achats futurs de bitcoins seraient financés uniquement par des dons privés, pas par des fonds publics. C’est une ligne rouge pour le FMI : pas question que l’argent du prêt serve à racheter du bitcoin. La logique est simple — un pays qui emprunte à 1,4 milliard pour stabiliser son économie ne peut pas en parallèle spéculer sur un actif aussi volatile avec des fonds publics.
Mais le déblocage de ces 140 millions n’est pas encore fait. Il faut l’approbation formelle du conseil d’administration du FMI. Cette étape reste à franchir, et tant qu’elle n’est pas validée, l’argent ne sort pas. Le gouvernement salvadorien gère ses actifs numériques avec précaution en attendant — du moins c’est ce que laisse entendre la communication officielle.
Bukele a aussi insisté sur un point : les réserves stratégiques de bitcoins du Salvador restent une partie essentielle de la stratégie financière du pays. Il ne lâche pas l’idée, même si le bitcoin n’est plus monnaie légale. Deux choses distinctes dans sa tête — et probablement dans les textes de l’accord aussi.
Le FMI a aussi précisé qu’aucune injection supplémentaire de bitcoins, en dehors des dons documentés, n’était prévue. Pas de bitcoin acheté avec des fonds publics, donc. C’est une condition cruciale pour que le conseil d’administration donne son feu vert au déblocage des fonds.
Ce qui rend tout ça intéressant — et un peu surréaliste — c’est que le Salvador se retrouve dans une position où il a officiellement abandonné le bitcoin comme monnaie légale, mais garde quand même ses réserves, continue de parler de stratégie bitcoin, et conditionne ses futurs achats à des dons privés. Genre, le pays a fait marche arrière sur la forme mais pas vraiment sur le fond. Ou du moins, Bukele essaie de vendre ça comme tel.
La pression internationale sur le Salvador avait été forte depuis 2021. Beaucoup d’économistes et d’institutions avaient critiqué l’adoption du bitcoin comme monnaie légale, pointant les risques pour la stabilité financière et les ménages les plus vulnérables. L’accord avec le FMI a formalisé ces inquiétudes en exigences concrètes.
Le conseil d’administration du FMI doit encore valider le déblocage de la tranche de 140 millions de dollars.
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Questions Fréquentes
Le Salvador a-t-il vendu ses bitcoins dans le cadre de l’accord avec le FMI?
Non. Nayib Bukele a dit vendredi que les 7.765 bitcoins du Salvador n’avaient pas été transférés. Seules les actions du portefeuille Chivo ont changé de mains, pas les réserves en bitcoin elles-mêmes.
Qu’est-ce que le portefeuille Chivo et pourquoi est-il au cœur du débat?
Le portefeuille Chivo est la plateforme nationale que le Salvador utilisait pour gérer ses transactions en bitcoin. La participation publique dans cet outil a été largement réduite selon le FMI, ce qui est distinct des réserves stratégiques de bitcoins du pays.
Quand le FMI va-t-il débloquer la tranche de 140 millions de dollars?
Pas encore décidé. Le déblocage des 140 millions dépend d’une approbation formelle du conseil d’administration du FMI, qui n’a pas encore eu lieu à la date de publication de cet article.
Pourquoi c'est important
La confirmation par Nayib Bukele de la conservation des 7.765 bitcoins du Salvador revêt une importance cruciale dans le contexte actuel des marchés crypto, marqués par une volatilité accrue et des incertitudes réglementaires. Cet engagement à maintenir les réserves intactes pourrait renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires économiques dans la stratégie de dollarisation et d'adoption du bitcoin du pays, tout en soulignant les tensions persistantes entre les ambitions crypto du Salvador et les exigences du FMI. Ce développement est également révélateur des défis auxquels sont confrontés les États qui cherchent à naviguer entre innovation financière et conformité aux normes internationales.